25/05/2026
Depuis deux ans, un vent de folie souffle sur nos établissements scolaires. De N’Djamena à Abéché etc..., les images de tables-bancs brisés, de tableaux incendiés et de bureaux administratifs mis à sac par ceux-là mêmes qui devraient les chérir, nous plongent dans une profonde consternation. Ce n'est plus de l'indiscipline ; c'est un naufrage moral.
Ces actes de vandalisme ne sont pas des incidents isolés, mais le symptôme d'un mal profond. L’école, jadis sanctuaire du savoir et du respect, est devenue le théâtre d'une violence gratuite.
Si l'élève ne respecte plus l'outil de travail (le cahier, le tableau), c'est qu'il ne valorise plus le savoir.
La répétition de ces actes entre 2024 et 2026 prouve que l'absence de sanctions fermes l'année précédente a été interprétée comme une autorisation à faire pire.
Ces élèves sont nos futurs cadres. Si la destruction est leur mode d'expression aujourd'hui, quel genre de gestionnaires de la chose publique seront-ils demain ? Nous formons, malgré nous, une génération de "bâtisseurs-démolisseurs".
La responsabilité est partagée, et personne ne doit se dérober.
1. L'État et les Cadres de la République :
Votre silence ou votre passivité est un message de faiblesse. L’école ne doit pas être le dernier souci des politiques publiques. Si l'on ne sécurise pas l'espace scolaire et si l'on ne restaure pas l'autorité de l'enseignant, l'anarchie s'installera définitivement.
2. Les Parents d'Élèves :
Le premier échec est le vôtre. L'école instruit, mais la famille éduque. Abandonner vos enfants à eux-mêmes, sans leur inculquer le sens du bien public et de la morale, est une démission parentale coupable.
3. Le Système Éducatif :
Nous devons nous interroger sur l'efficacité de nos règlements intérieurs. Un règlement qui ne punit pas n'est qu'un simple morceau de papier.
Pour un Sursaut National il est temps de passer des lamentations à l'action. Nous proposons les mesures suivantes :
- intégré le vandalisme scolaire dans le casier judiciaire ; un élève reconnu coupable de destruction des biens publics doit être interdit de Concours nationaux pour une durée de 5ans.
Rendre les parents financièrement responsables des dégâts. Aucune reinscription ou retrait de diplôme sans le remboursé total des biens saccagés.
- Restaurer les cours d'éducation civique et morale intensif dès le primaire.
- Renforcer la présence sécuritaire aux abords des lycées sensibles pendant les examens et la fin d'année
"On dit que pour fermer une prison, il faut ouvrir une école. Mais si l'école devient le berceau de la criminalité, alors nous construisons les prisons de demain à l'intérieur même de nos salles de classe."
J'interpelle les plus hautes autorités de la transition et de la République. Ce n'est pas seulement une affaire de tables-bancs cassés ; c'est l'avenir du Tchad qui est en train d'être réduit en cendres. Si nous ne sévissons pas maintenant, le réveil sera brutal et l'obscurité de l'ignorance l'emportera sur la lumière de la connaissance.
L'heure est à la fermeté. L'école doit redevenir le temple de la discipline.
fans Syndicat des enseignants du Tchad pour la province de Ndjamena La voix du Chari-baguirmi Ministère de l'Education Nationale du Tchad Abdelkadre Djibia Abdelgaoui Oumar