Ngoté Ramadane

Ngoté Ramadane À défaut de changer le monde essayons de changer nos vies. Mawndoé

𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐫𝐢𝐜𝐡𝐞.Ça fait bizarre à dire, mais c'est pourtant la réalité de beauc...
04/05/2026

𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐫𝐢𝐜𝐡𝐞.

Ça fait bizarre à dire, mais c'est pourtant la réalité de beaucoup d'entre nous.
Dans l'entreprise, tout le monde pense que le comptable a de l'argent sauf le comptable lui-même.

Il passe ses journées à courir après les justificatifs, à bloquer des dépenses non documentées. Et on lui colle l'étiquette de celui qui "𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐥'𝐚𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥'𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥."

Fin du mois. Tout le monde devient soudainement affectueux. "Boss !" par-ci, "Boss !" par-là. Tu souris. Tu sais que c'est un simple atalaku. Mais certains, eux, le pensent vraiment.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐭𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐛𝐮𝐫𝐞𝐚𝐮.

Les collègues, avec le sourire : "Madame, prenez bien soin de notre Boss hein, c'est lui qui fait tourner l'entreprise !"
Ce qu'ils croient faire : un éloge. Ce qu'elle entend : "Ton mari a de l'argent. Et toi tu souffres à la maison."

𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐞 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞 ? 𝐋𝐞 𝐝𝐢̂𝐧𝐞𝐫 𝐝'𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞.

Tu règles l'addition avec la carte de l'entreprise. Un collègue se lève et lance, fier de lui : "Madame, c'est grâce à votre mari qu'on a eu ce beau dîner !"

Pour lui : tu as bien coordonné l'événement. Pour elle : tu as offert un dîner à toute l'entreprise alors que la semaine dernière, tu lui disais que tu n'avais pas les moyens pour le sac qu'elle avait repéré en boutique.

𝐋𝐚 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐞 𝐝𝐢𝐭 :
Le comptable gère des millions et rentre chez lui avec son salaire. Il signe des bons de commande et compte ses dépenses personnelles. Il coordonne des budgets et explique à sa femme pourquoi le compte est serré.

Ce paradoxe n'est pas une anecdote. C'est le quotidien silencieux d'une profession mal comprise.

𝐄̂𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬, 𝐜𝐞 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐧 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐢𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞. Et cette confusion, au bureau comme à la maison, a un coût que personne ne comptabilise.

Tu es comptable, DAF, gestionnaire ? Tu t'es reconnu dans ce post ? Dis-moi en commentaire l'épisode qui t'a le plus marqué.

Le meilleur indicateur de risque crédit que je connaisse, c'est le marché du quartier.Donnez 10 000 F à un homme pour fa...
30/04/2026

Le meilleur indicateur de risque crédit que je connaisse, c'est le marché du quartier.

Donnez 10 000 F à un homme pour faire le marché : on mange peut-être une fois.
Donnez la même somme à une femme : elle organise deux jours de repas, parfois trois malgré la cherté de la vie.

Ce n'est pas un cliché. C'est une logique de gestion sous contrainte que j'ai observée depuis l'enfance, dans le commerce familial au Tchad, avant même de mettre les pieds dans une institution financière.

Et cette logique, on la retrouve dans les données : les femmes entrepreneurs remboursent mieux leurs crédits, honorent leurs fournisseurs plus régulièrement, et performent dès qu'elles obtiennent un premier accès au financement.

Pourtant, 1 femme sur 10 seulement y accède.

Le problème n'est pas leur capacité à gérer le risque. Le problème, c'est que nos standards de financement ont été construits sans les observer — importés de contextes où l'entrepreneuriat est multigénérationnel, formalisé, documenté.

Dans des économies où l'entrepreneuriat est encore de première génération, appliquer ces grilles sans adaptation ne réduit pas le risque. Cela l'aggrave en excluant les profils les plus résilients.

J'ai lu l'analyse de M.Sebastien-Herve GUEHI APALI sur une intervention de Mme Sefora Kodjo lors de la Conférence Risque Pays organisée par Bloomfield Investment Corporation. Elle posait la question autrement : et si le véritable risque était de ne pas financer ?
C'est la bonne question. Observer avant de normer — ce serait déjà une décision stratégique.

La plupart des gens passent leurs week-ends à se reposer. Nous, on était en formation.De décembre 2025 à mars 2026 — on ...
18/04/2026

La plupart des gens passent leurs week-ends à se reposer. Nous, on était en formation.

De décembre 2025 à mars 2026 — on a jonglé entre le boulot et la formation.
Nos week-ends étaient entièrement dédiés à ce programme. Et pour les participants majoritairement musulmans que nous étions, le mois de Ramadan nous a contraints à revoir le timing : les sessions se tenaient de 20h à 23h. On s'est adapté. Pas le choix.

"Une carrière, ça se gère comme une entreprise", c'est ce que m'a dit Boss. Il faut donc se donner les moyens d'évoluer, mais surtout de bien faire ce qu'on fait aujourd'hui.

Maintenant, demain, quand je viendrai parler de finance verte ici, certains sans chercher à connaître le parcours vont me traiter de prétentieux. "KO, tu veux nous dire que t'es expert maintenant ?"

Sachez une chose : le but de ma page, c'est de me challenger moi-même en premier. Je n'ai personne à impressionner.

Il y a une scène que beaucoup de salariés africains connaissent.Le jour où tu apprends ta promotion ou ta nouvelle grill...
15/04/2026

Il y a une scène que beaucoup de salariés africains connaissent.

Le jour où tu apprends ta promotion ou ta nouvelle grille salariale. Tu souris. Tu respires. Tu te dis : cette fois, ça va changer.

Et ça change. Mais pas dans le sens prévu.
Le logement change. Parce que le précédent "ne correspond plus à ta position."
La voiture change. Parce qu'on commence à te regarder différemment au bureau.

Les habits changent. Parce que l'image suit le rang.
Et les demandes changent. Parce que dans ton entourage, quelqu'un a fait le calcul avant toi.
Un cousin qui avait attendu le bon moment pour parler. Une mère qui ose enfin formuler ce qu'elle n'osait pas avant. Une association familiale qui t'accueille dans la catégorie des "contributeurs sérieux."

Ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est de l'amour, souvent. C'est aussi de la pression, toujours.
Et à la fin du mois il reste exactement ce qu'il restait avant. Parfois moins.

Parce que le niveau de vie a suivi le salaire. Et le cercle de solidarité a suivi le niveau de vie.
C'est le piège silencieux de la progression salariale en Afrique.
On ne le dit pas assez clairement : une augmentation de salaire non décidée à l'avance est une augmentation déjà dépensée.
Pas par faiblesse. Pas par manque de culture financière. Par absence de cadre défini avant que l'argent soit visible.

Parce qu'une fois que ton entourage sait ce que tu gagnes et il le sait toujours, d'une façon ou d'une autre la marge appartient déjà à tout le monde sauf à toi.

La sortie de ce piège n'est pas spectaculaire. Elle ne demande pas un tableur complexe ni une formation en finance.

Elle demande une seule décision, prise avant que le virement arrive :
"Sur cette hausse, voici ce que je mets de côté. Le reste, je le gère."
Pas une grande somme forcément. Mais une somme décidée. Prélevée en premier. Avant les demandes. Avant les envies. Avant les regards.
C'est ça, réellement, apprendre à se payer en premier. Non pas comme un principe de livre mais comme un acte de résistance douce face à une structure qui, sans le vouloir, te retient.

Et vous est-ce qu'une augmentation de salaire vous a déjà échappé avant même que vous puissiez en décider quelque chose ?

On parle beaucoup d'éducation financière. On parle rarement de ce qui la rend presque impossible.L'éducation financière ...
13/04/2026

On parle beaucoup d'éducation financière. On parle rarement de ce qui la rend presque impossible.

L'éducation financière est présentée comme la clé de l'indépendance financière du salarié africain. Épargner en premier. Distinguer dépense et investissement. Ne pas attendre le bon moment.

Ces principes sont justes. Mais ils reposent sur un présupposé silencieux : que le salarié part d'une position neutre.
Ce n'est pas la réalité de beaucoup de jeunes Africains.

Certains obtiennent leur premier salaire avec déjà un enfant et une femme à charge. D'autres sortent de l'université avec une mère v***e et des cadets à scolariser. D'autres encore arrivent en ville depuis une famille démunie, et leur salaire est attendu avant même d'être perçu.

Ce n'est pas de l'imprudence. Ce n'est pas un défaut de culture financière. C'est une structure sociale héritée, dense, et souvent non négociable.

Et cette structure a une propriété particulière : elle évolue avec le salaire.
Quand le salaire augmente, les attentes augmentent. Quand la situation s'améliore, le périmètre des charges s'élargit.

Dans ce contexte, "payer toi en premier" ne s'apprend pas dans un livre. Ça se construit dans la douleur, la culpabilité, et parfois l'incompréhension de l'entourage.

La vraie compétence financière du jeune Africain n'est pas seulement de savoir gérer l'argent. C'est de savoir poser des limites à ceux qu'il aime avant même d'apprendre à investir.

Ça, peu de formations en parlent.

Et vous, est-ce que cette réalité a pesé dans votre propre trajectoire financière ?

On entend souvent cette phrase comme un éloge :"𝐼𝑙 𝑠'𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎𝑛𝑐𝑒́ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑟𝑖𝑒𝑛."Comme si partir de zéro était en soi une vert...
11/04/2026

On entend souvent cette phrase comme un éloge :

"𝐼𝑙 𝑠'𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎𝑛𝑐𝑒́ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑟𝑖𝑒𝑛."

Comme si partir de zéro était en soi une vertu. Comme si l'absence de moyens était une preuve de courage.
C'est un mythe. Et ce mythe fait des ravages.

Voici ce qu'on ne dit pas quand on raconte l'histoire de "celui qui s'est lancé avec rien" :

Il avait du temps, beaucoup de temps pour observer, apprendre, tester. Il avait un réseau de famille, amis, anciens collègues qui l'ont soutenu sans contrepartie. Il avait une connaissance du secteur accumulée pendant des années avant de se lancer. Il avait une tolérance à l'échec construite par une situation personnelle qui lui permettait de tenir.

Ce n'est pas "rien". C'est invisible mais c'est réel.

Le danger de ce mythe, c'est ce qu'il produit chez celui qui l'écoute.
Il se lance dans un secteur qu'il ne maîtrise pas. Parce que quelqu'un d'autre l'a fait et a réussi. Sans comprendre pourquoi cet autre a réussi. Sans voir les fondations invisibles qui portaient ce succès.

Se lancer sans moyens financiers, ça peut se faire. Se lancer sans connaissance du secteur, c'est risqué. Se lancer sans comprendre son marché, c'est dangereux. Se lancer sans passion pour ce qu'on fait, c'est épuisant.

𝐂𝐞 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥'𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝'𝐚𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐭𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬. 𝐂'𝐞𝐬𝐭 𝐥'𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.

La vraie question avant de se lancer n'est pas : "Est-ce que j'ai assez d'argent ?"
C'est : "Est-ce que je comprends suffisamment ce secteur pour y créer de la valeur durablement ?"

Et vous, quel est selon vous le capital le plus sous-estimé par les entrepreneurs africains avant de se lancer ?

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐣'𝐚𝐢 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐮 𝟒 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐛𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐬Il y a quelques semaines, j'écoutais un ...
10/04/2026

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐣'𝐚𝐢 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐮 𝟒 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐛𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐬

Il y a quelques semaines, j'écoutais un short du podcast State of Africa où Moulaye évoquait ces personnes qui viennent demander conseil avec cette phrase : "Je veux me lancer dans l'entrepreneuriat mais je ne sais pas dans quoi. Tu peux me donner une idée ?"

Sa réponse m'a frappé : demander à quelqu'un de vous donner une idée de business, c'est lui demander de vous offrir quelque chose sur lequel il a mûrement réfléchi souvent dans un domaine qu'il maîtrise et qui le passionne.

Comment voulez-vous réussir dans quelque chose que vous ne connaissez pas ?

Cette question m'a immédiatement renvoyé à une histoire personnelle. Une histoire que je n'ai jamais racontée publiquement.

Celle des 4 millions de FCFA que j'ai perdus dans un business de pièces détachées.

𝐋𝐞 𝐫𝐞̂𝐯𝐞 𝐝'𝐮𝐧 𝐠𝐚𝐦𝐢𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝'𝐮𝐧 𝐩𝐞̀𝐫𝐞

Quand je finissais le collège (en classe de 4è et 3è), j'avais une idée claire en tête.

Je voulais être commerçant comme mon père. Mais j'avais même précisé mon secteur : une supérette. Ce qu'on appelle une alimentation au Tchad. Je connaissais ce secteur, je l'aimais, je me voyais dedans.

Mon père qui évolue dans le négoce pharmaceutique et les produits agricoles a compris que je voulais m'éloigner de son domaine. Il a voulu marquer le coup. J'avais réussi mon BEPC. Et pour célébrer cette réussite, il m'a offert quelque chose que peu de pères offrent à leur fils : un business. Le sien, d'une certaine façon.

Un de ses amis commerçants semblait faire fortune dans les pièces détachées de vélos et de motos. Mon père a conclu : voilà le bon business pour son fils.

Son argument tenait la route en apparence : "Tu continueras l'école. Les pièces détachées n'ont pas de date de péremption, contrairement aux produits alimentaires périssables. Tu n'ouvriras que le soir et les week-ends."

Logique. Raisonnable. Et pourtant complètement à côté.

𝐋'𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐩𝐢𝐞́

Voici ce que ni mon père ni moi n'avions analysé correctement.

La vraie source de richesse de cet ami, ce n'était pas les pièces détachées. C'était l'exportation de poissons fumés vers le Nigeria. Quand il rentrait de ses voyages, il ne voulait pas transporter du cash alors il achetait des pièces détachées pour les revendre à son retour. C'était un produit de retour, pas un business principal.

Et surtout il vivait dans une petite ville où les habitants utilisent massivement le vélo pour les travaux des champs, avec des surcharges importantes qui causent des pannes fréquentes. Des clients réguliers, des besoins constants.

Chez nous ? Les vélos sont principalement utilisés par les élèves et quelques personnes pour de petits trajets en ville. La demande n'avait rien à voir.

Nous avions copié l'apparence d'un succès sans en comprendre les fondations.

𝐋𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐞 𝐣'𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐮̂ 𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐭𝐞𝐫

Je n'avais aucune connaissance du secteur. Et malgré ma bonne volonté, chaque aîné que j'allais consulter me donnait le même conseil, toujours le même, formulé différemment :

"C'est un secteur qui demande de la patience."

"Ce n'est pas fait pour les plus jeunes."

Même l'ami qui avait inspiré mon père, à qui on avait confié l'argent pour les achats d'ouverture, me répétait à chaque visite : "Ce commerce demande beaucoup de patience. Courage mon fils."

Aujourd'hui, avec le recul, je comprends ce que ces mots voulaient dire.

Personne ne voulait m'aider à réussir dans ce secteur. Pas par malveillance. Mais parce que tout le monde savait ce que moi je refusais de voir : 𝐜𝐞 𝐧'𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐞 𝐛𝐨𝐧 𝐛𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬, 𝐚𝐮 𝐛𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞.

𝐋𝐚 𝐝𝐞́𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

Sans passion, sans connaissance, sans soutien réel j'ai fini par me désengager progressivement.

J'ai confié la gestion à quelqu'un d'autre. Je ne passais plus que les week-ends. L'oeil du propriétaire n'était plus là.

Trois ans plus t**d, au moment de faire l'inventaire, j'ai découvert la réalité des chiffres.

𝟒 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐚̀ 𝐥'𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞. 𝟗𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐚̀ 𝐥'𝐢𝐧𝐯𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞.

J'ai fermé le même jour.

Les leçons que cette perte m'a coûté 3,1 millions à apprendre

𝟏. 𝐍𝐞 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐩𝐢𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐜𝐜𝐞̀𝐬. L'ami de mon père ne réussissait pas grâce aux pièces détachées. Il réussissait grâce aux poissons fumés. Nous avons copié la vitrine sans voir le moteur.

𝟐. 𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭. Un business qui fonctionne dans une ville agricole ne fonctionne pas forcément dans une ville urbaine. Le marché n'est pas le même. Le client n'est pas le même. La demande n'est pas la même.

𝟑. 𝐋𝐚 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐞̀𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞. On peut apprendre n'importe quel secteur mais pas sans motivation. Quand je n'aimais pas ce que je faisais, je n'ai pas cherché à apprendre. Et sans apprentissage, pas de maîtrise.

𝟒. 𝐃𝐞́𝐥𝐞́𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞𝐫, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐛𝐚𝐧𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫. J'ai cru pouvoir confier un business à quelqu'un sans m'y impliquer. Le résultat est sans appel. Une délégation sans suivi n'est pas une délégation, c'est un abandon.

𝟓. 𝐋𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱 𝐝'𝐚𝐥𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐭𝐚𝐬𝐭𝐫𝐨𝐩𝐡𝐞. Tous les aînés me disaient la même chose. Je n'ai pas voulu écouter. Les signaux étaient là. Je les ai ignorés parce que l'argent était déjà investi.

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣'𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭

J'aurais insisté pour ma supérette.

Pas parce que c'était nécessairement le meilleur business objectivement mais parce que c'était le mien. Celui que j'avais choisi, pas celui qu'on m'avait assigné. Celui dans lequel j'aurais mis de l'énergie, de la curiosité, de la rigueur.

Le meilleur business pour vous n'est pas celui que quelqu'un d'autre a réussi.

𝐂'𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐳, 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞𝐳 𝐚𝐬𝐬𝐞𝐳 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞, 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐧𝐜𝐫𝐞𝐳 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́.

Les 3,1 millions perdus ne sont pas une honte. Ils sont une école.

Et cette école m'a appris plus sur la gestion, la vigilance et la lucidité entrepreneuriale que n'importe quel manuel.

𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑖𝑠 𝑁𝑔𝑜𝑡𝑒́ 𝑅𝑎𝑚𝑎𝑑𝑎𝑛𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑒𝑥𝑝𝑒𝑟𝑡 𝑒𝑛 𝑔𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑖𝑒̀𝑟𝑒 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙𝑙𝑒, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 8 𝑎𝑛𝑠 𝑑'𝑒𝑥𝑝𝑒́𝑟𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑎𝑢𝑝𝑟𝑒̀𝑠 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑢𝑥. 𝐽𝑒 𝑚'𝑖𝑛𝑡𝑒́𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑠𝑡𝑟𝑢𝑐𝑡𝑢𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑖𝑒̀𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑎̀ 𝑙'𝑎𝑐𝑐𝑒̀𝑠 𝑎𝑢𝑥 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑃𝑀𝐸 𝑒𝑡 𝑂𝑁𝐺 𝑑'𝐴𝑓𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒. 𝑆𝑝𝑒́𝑐𝑖𝑎𝑙𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑙𝑒𝑎𝑑𝑒𝑟𝑠ℎ𝑖𝑝 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙.

Et si on parlait du concept financier le plus sous-estimé par les entrepreneurs africains ?Pas la comptabilité. Pas la f...
02/04/2026

Et si on parlait du concept financier le plus sous-estimé par les entrepreneurs africains ?

Pas la comptabilité. Pas la fiscalité. Pas même la trésorerie.

𝐋𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭.

La plupart des entrepreneurs n'en parlent jamais jusqu'au jour où ils en ont besoin. Et ce jour-là, il est souvent trop t**d.

Alors, c'est quoi le fonds de roulement ?

C'est l'argent dont une entreprise a besoin pour fonctionner au quotidien avant même de recevoir le paiement de ses clients.
Vous achetez des matières premières. Vous produisez. Vous livrez. Vous facturez. Et vous attendez d'être payé.

Pendant tout ce temps vous avez des charges. Des salaires. Des fournisseurs. Des loyers.

𝐋𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐞 𝐝𝐞́𝐥𝐚𝐢.

Pourquoi c'est sous-estimé ?

Parce que beaucoup d'entrepreneurs raisonnent en chiffre d'affaires pas en cycle d'exploitation.

Ils voient une opportunité. Ils prennent la commande. Ils produisent.

Et ils réalisent trop t**d qu'ils n'ont pas les liquidités pour financer la production en attendant d'être payés.

Résultat : des commandes non honorées. Des fournisseurs impayés. Des opportunités perdues.

Pas parce que l'entreprise ne marchait pas. Parce qu'elle n'avait pas anticipé son besoin en fonds de roulement.

Trois situations qui augmentent ce besoin et que peu d'entrepreneurs anticipent :

𝐕𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐫𝐨𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐮𝐧 𝐠𝐫𝐨𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭 𝐟𝐞́𝐥𝐢𝐜𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬. 𝐕𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐧𝐝𝐢𝐫.

𝐕𝐨𝐬 𝐜𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐧𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞́𝐥𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐢𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐚𝐮𝐠𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐧’𝐚𝐲𝐞𝐳 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞́.

𝐕𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐳 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐬𝐡 𝐞𝐧 𝐛𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐡𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧.

La bonne nouvelle : le fonds de roulement se calcule, se planifie et se finance.
La mauvaise nouvelle : la plupart des entrepreneurs découvrent ce besoin en situation de crise pas en situation de planification.

Anticiper son besoin en fonds de roulement, c'est la différence entre subir sa croissance et la piloter.

Et si on essayait de comprendre ce que sont vraiment le chiffre d'affaires, le bénéfice et la trésorerie ?Parce que conf...
31/03/2026

Et si on essayait de comprendre ce que sont vraiment le chiffre d'affaires, le bénéfice et la trésorerie ?

Parce que confondre ces trois notions, c'est l'une des raisons silencieuses qui tue des business même les plus rentable.

𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞 𝐝'𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬, c'est ce que vous facturez à vos clients.
Vous avez vendu pour 10 millions de FCFA ce mois-ci. C'est votre chiffre d'affaires. Il dit combien votre activité génère. Pas ce qu'il vous reste.

𝐋𝐞 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐟𝐢𝐜𝐞, c'est ce qu'il reste après toutes vos charges.
Sur ces 10 millions, vous avez payé fournisseurs, salaires, loyer, impôts. Il reste peut-être 1,5 million. C'est votre bénéfice. Pas votre chiffre d'affaires.

𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞, c'est ce que vous avez réellement en caisse ou en banque aujourd'hui.

Vous avez facturé 10 millions mais plusieurs clients n'ont pas encore payé. En attendant, vos fournisseurs, eux, réclament leur règlement maintenant.

Ces trois réalités sont différentes.

Et c'est précisément là que beaucoup d'entreprises meurent.

Pas parce qu'elles ne vendent pas. Pas parce qu'elles ne sont pas rentables sur le papier. Mais parce qu'elles manquent de liquidités au mauvais moment.

On appelle ça 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞. Et elle frappe souvent les entreprises en croissance paradoxalement, plus vous vendez, plus vous avez besoin de cash pour produire, livrer et attendre d'être payé.

Un entrepreneur qui confond ces trois notions prend des décisions sur la base d'une illusion.

Il investit parce que son chiffre d'affaires est beau. Il embauche parce qu'il se croit rentable. Il s'endette parce qu'il pense avoir les moyens.

Et un matin, le compte est vide.

Trois questions simples pour vérifier où vous en êtes :
Connaissez-vous votre bénéfice réel du mois dernier, pas votre chiffre d'affaires ?
Savez-vous combien vos clients vous doivent encore et dans quel délai ils vont payer ?
Avez-vous une visibilité sur votre trésorerie dans 30, 60 et 90 jours ?

Si vous ne pouvez pas répondre à ces trois questions vous pilotez à l'aveugle.

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𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐝𝐞𝐯𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐥'𝐚𝐫𝐦𝐞 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐢𝐞𝐮𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐬-𝐞𝐬𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭.Il y a une chose que les o...
26/03/2026

𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐝𝐞𝐯𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐥'𝐚𝐫𝐦𝐞 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐢𝐞𝐮𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐬-𝐞𝐬𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭.

Il y a une chose que les organisations financées par des bailleurs internationaux font mieux que la plupart des entreprises africaines.

Pas par vertu. Pas par culture. Par contrainte.

Elles rendent des comptes.

Et cette contrainte, aussi inconfortable soit-elle, forge quelque chose de rare : 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́.

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣'𝐚𝐢 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞́𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

J'évolue depuis plusieurs années dans un environnement où la redevabilité n'est pas une option. C'est une condition de survie.

Pas de rapport financier, pas de décaissement.
Pas de justificatifs, pas de renouvellement.
Pas de transparence, pas de confiance.

Ce système peut sembler brutal. Il l'est parfois. Mais il produit quelque chose de précieux : des organisations qui savent exactement où elles en sont financièrement. Des équipes qui ne peuvent pas se permettre de gérer à l'aveugle. Des dirigeants qui ont appris à produire des preuves, pas des promesses.

J'ai géré des budgets sous la pression de bailleurs exigeants tels que USAID, GIZ, UNFPA, PEPFAR. J'ai produit des rapports financiers dans des délais serrés, justifié chaque ligne de dépense, subi des audits. J'ai aussi vécu de l'intérieur ce qui arrive quand cette rigueur disparaît : les fonds se tarissent, la confiance s'effondre, les projets meurent.

Ce parcours m'a forgé une conviction que je n'aurais jamais acquise dans un manuel.

𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐬𝐭𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐢𝐚𝐥.

Le contact avec des entrepreneurs m'a permis d'observer quelque chose de frappant.

Dans le monde de l'entreprise africaine (PME, TPE, commerces, startups) le dirigeant est souvent seul maître à bord. Personne ne lui demande de rapport mensuel. Personne ne vérifie ses justificatifs. Personne n'exige une réconciliation bancaire.

Cette liberté est séduisante. Elle est aussi dangereuse.

Beaucoup d'entrepreneurs gèrent bien quand ça va et s'effondrent dès que ça se complique. Non par incompétence. Mais parce qu'ils n'ont jamais construit le réflexe de se regarder en face financièrement. Parce que personne ne les y a jamais obligés.

Là où elle est absente, la croissance repose sur l'illusion.

J'ai vu des entreprises qui tournaient sur le papier. Des chiffres d'affaires qui progressaient. Des carnets de commandes pleins. Et pourtant, à la première tension de trésorerie, à la première demande de financement bancaire, à la première opportunité qui nécessitait des preuves, tout s'arrêtait.

Pas parce que l'entreprise n'était pas viable. Parce qu'elle était incapable de le démontrer.

𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐝𝐞𝐯𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐦𝐞́𝐜𝐚𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞.

Voici l'erreur de perception que je veux corriger.

Beaucoup de dirigeants africains associent la redevabilité à la contrainte à quelque chose qu'on impose de l'extérieur, qu'on subit, qu'on contourne dès qu'on peut.

C'est une vision courte.

𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑑𝑒𝑣𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑛'𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑢𝑛 𝑚𝑒́𝑐𝑎𝑛𝑖𝑠𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑜̂𝑙𝑒. 𝐶'𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑟𝑐ℎ𝑖𝑡𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑢𝑐𝑖𝑑𝑖𝑡𝑒́. S.H. Guéhi Apali

Là où elle est intégrée comme culture (pas comme obligation), elle devient un avantage compétitif silencieux. Invisible de l'extérieur. Dévastateur dans les moments qui comptent.

𝐶𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑛𝑣𝑖𝑟𝑜𝑛𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙 𝑖𝑚𝑝𝑜𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑟 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒, 𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒𝑠 𝑎𝑚𝑏𝑖𝑡𝑖𝑒𝑢𝑠𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑣𝑟𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑙'𝑖𝑛𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑎𝑙𝑖𝑠𝑒𝑟 𝑝𝑎𝑟 𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒́𝑔𝑖𝑒.

La différence est fondamentale.

Une ONG rend des comptes parce qu'elle y est obligée. Un entrepreneur devrait rendre des comptes parce que c'est sa meilleure arme.

Arme pour convaincre une banque qui hésite à financer.
Arme pour rassurer un investisseur qui évalue le risque.
Arme pour négocier avec un fournisseur qui demande des garanties.
Arme pour attirer un bailleur qui cherche des partenaires crédibles.
Arme pour traverser une crise sans perdre le contrôle de la situation.

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜̧𝐚 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞̀𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭.

La redevabilité financière n'est pas réservée aux grandes structures dotées de départements finance et audit.

Elle commence par des décisions simples, prises tôt, et tenues dans la durée.

Un dirigeant qui sépare ses comptes personnels de ses comptes professionnels dès le premier jour. Un dirigeant qui produit un rapport mensuel interne même d'une page pour savoir où en est son entreprise. Un dirigeant qui classe ses justificatifs, documente ses décisions financières, peut reconstituer l'historique de sa gestion à n'importe quel moment. Un dirigeant qui s'impose cette discipline sans que personne ne le lui demande.

Ce dernier point est crucial.

L'entrepreneur qui construit cette culture de la redevabilité avant d'en avoir besoin prend une avance considérable sur ses concurrents. Il ne gère plus à l'aveugle. Il pilote avec des données. Et quand une opportunité se présente, un financement, un partenariat, une expansion, il a les preuves pour la saisir.

Car au fond, il ne s'agit pas seulement de rendre des comptes. Il s'agit de produire en permanence la preuve que l'on mérite de continuer à exister, à croître et à inspirer confiance.

𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐝𝐨𝐱𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐢𝐚𝐥𝐞.

Il y a un paradoxe que peu d'entrepreneurs africains formulent clairement.

La liberté d'entreprendre, cette absence de contraintes externes, cette absence d'obligation de rendre des comptes est vécue comme un privilège. Et elle l'est, d'une certaine manière.

Mais cette même liberté, mal gérée, devient un piège.

L'entrepreneur qui ne s'impose aucune discipline financière parce que personne ne le lui demande est comme un sportif qui ne s'entraîne que le jour des compétitions. Il peut performer sur des cycles courts, quand la forme est là. Mais il n'a pas la constance, l'endurance et la capacité à performer sous pression que seul l'entraînement régulier construit.

La redevabilité est cet entraînement.

Elle ne sert pas uniquement à montrer aux autres. Elle sert d'abord à se construire soi-même comme dirigeant, comme entrepreneur, comme institution.

Se rendre des comptes à soi-même avant que les autres vous le demandent c'est ça, la vraie maturité financière.

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣'𝐨𝐛𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐝𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭.

Dans mon parcours, j'ai croisé des entrepreneurs africains qui durent. Pas les plus médiatisés. Pas les plus brillants sur les estrades. Les plus solides.

Ils ont tous un point commun.

Ils savent à tout moment où en est leur entreprise financièrement. Pas approximativement, précisément. Ils peuvent vous dire leur solde de trésorerie, leurs créances en cours, leurs dettes fournisseurs, leur résultat du mois.

Cette connaissance n'est pas le produit du hasard. Elle est le produit d'une discipline construite, maintenue, et transmise à leurs équipes.

𝑳𝒂 𝒅𝒊𝒔𝒄𝒊𝒑𝒍𝒊𝒏𝒆 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄𝒊𝒆̀𝒓𝒆 𝒏'𝒆𝒔𝒕 𝒑𝒂𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒄𝒉𝒂𝒓𝒈𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒆𝒖𝒙. 𝑪'𝒆𝒔𝒕 𝒖𝒏𝒆 𝒔𝒊𝒈𝒏𝒂𝒕𝒖𝒓𝒆.

La signature d'un dirigeant qui a compris que la confiance se construit avec des preuves, pas avec des intentions.

𝐔𝐧 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 𝐚̀ 𝐥'𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐩𝐚𝐬 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞, 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐬𝐨𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞.

Je ne conclus pas cet article par une invitation à chercher un consultant ou un expert financier.

Je conclus par une invitation à une décision personnelle.

Si vous dirigez une entreprise, une association, une organisation petite ou grande posez-vous une seule question ce soir :

𝑺𝒊 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒒𝒖'𝒖𝒏 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒏𝒅𝒂𝒊𝒕 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒊𝒏 𝒅𝒆 𝒑𝒓𝒐𝒖𝒗𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒃𝒐𝒏𝒏𝒆 𝒈𝒆𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄𝒊𝒆̀𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒗𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒔𝒕𝒓𝒖𝒄𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒔𝒊𝒙 𝒅𝒆𝒓𝒏𝒊𝒆𝒓𝒔 𝒎𝒐𝒊𝒔, 𝒔𝒆𝒓𝒊𝒆𝒛-𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒆 𝒇𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒆𝒏 𝒎𝒐𝒊𝒏𝒔 𝒅𝒆 24 𝒉𝒆𝒖𝒓𝒆𝒔 ?

Si la réponse est non ou si elle est hésitante c'est par là qu'il faut commencer.

Pas par un logiciel sophistiqué. Pas par un recrutement coûteux. Par une décision : celle de vous rendre des comptes à vous-même, régulièrement, honnêtement, sans attendre que quelqu'un vous l'impose.

C'est la décision la plus simple et la plus transformatrice qu'un entrepreneur africain puisse prendre aujourd'hui.
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Francis Ngoté Ramadane est expert en gestion financière institutionnelle et projet multi-bailleurs auprès de bailleurs internationaux. Je m'intéresse à la structuration financière des organisations africaines et à l'accès aux financements pour les PME d'Afrique.

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