01/29/2026
PEAU DURE
Comment écrire ce que je ne peux verbaliser
Cet hologramme du pire et du meilleur mélangés
Cette danse qui parfois me donne tant de vertiges
Ces silences accumulés qui en moi-même s'érigent
Tous ces "ça va et toi ?" Que j'ai rapidement prononcés
Tout ce que l'on ne se dit pas ..de peur de s'écrouler
Ces réponses que mon corps à traduit comme poisons
J'ai renoncé à ce décor, ce corps atteint pour traduction
Je crois qu'il a exprimé pour moi les larmes non versées
Toutes ces sortes de blabla pour que personne ne vienne me bercer
Pour que l'on ne me demande plus comment je me sentais
Parce que je n'en pouvais plus et pourtant je le taisait
J'ai fini par me dire qu'il valait mieux garder pour moi
Ce qui me faisait souffrir parce qu'il y en à bien assez comme ça
À me dire que cette douleur n'était rien à l'échelle de l'univers
Et qu'un jour elle passerait bien, qu'il ne fallait pas s'en faire
Je me souviens précisément de ces instants où j'ai senti l'être se briser
Cet hologramme jadis flambant se transformant en cendrier
Comme je ne pouvais me l'expliquer alors j'ai continué ainsi
À dire "ça va et ça va aller" sans entendre ce que l'être dit
Cet épuisement ne s'est manifesté que bien des mois après
Lorsque je pensais être épargnée, lorsque je pensais tirer le trait
Une fatigue perpétuelle dont le sommeil ne résoud rien
L'être s'étant brûlé les ailes, des chalumeaux planqués en coin
Un jour, une nuit, un matin ou peut être une après midi
Je ne me suis plus sentie bien, je n'ai plus eu goût à la vie
Pourtant une part de moi l'aime et lui trouve encore des qualités
Je lui ai tellement écrit de poèmes que je ne saurais les quantifier
Pourtant depuis je continue en vain d'avancer malgré tout
Même si je ne sais plus trop bien pourquoi ni pourquoi ça vaut le coup
Je suis là présente dans ce corps qui semble se détacher
Exorcisant pour moi cette mort, cette part de moi brisée
Puisque je ne parviens à verbaliser ce qui à provoqué cette cassure
Ce corps tente pour moi de l'exprimer et peu importe ces fissures
Peu importe le mot "cancer" quelque chose germait déjà
Et je ne trouvais pas de vers pour pouvoir "poètiser" ça
Parfois l'envie d'écrire me vient encore mais jamais pour cette cassure
Comme livrée seule à son sort ..pendant que je traite les autres blessures
Je crois que mon corps parle pour moi car je n'ai pas trouvé les mots
Drôle de paradoxe dans un cas où je me sens proche du stylo
Je n'ai pas peur de ce mot, il n'est pour moi qu'un terme médical
Le nom scientifique sur une peau que j'ai forcée à être joviale
Parce qu'il est vrai que j'aime les sourires sur les visages de mes semblables
Au mieux c'est de l'altruisme, au pire de l'égoïsme assez spécial
Parce que ça me rends heureuse de voir les autres s'épanouir
Même si j'étais très malheureuse tu ne m'aurais pas vu me trahir
Pourtant je me trahissait à acquiescer ces coins de bouche tirés
Un sourire qui tirait le trait à toute questions posées
J'ai troqué ces sourires là pour une paix retrouvée
Celle d'être simplement moi même sans bonheur à donner
Et tant qu'il m'en sera nécessaire, je n'aurai pas d'énergie à donner
Pas de celle qui peut leur plaire, ni de celle pouvant rassurer
Je n'aurai que mes mots et ceux de ce corps tentant de me libérer
Je n'en veux pas à mon propre sort, il vient en fait de m'en sauver
Je vois cette épreuve comme une étape nécessaire pour moi
Sans besoin de preuves, ce combat me rallie à ma vraie foi
Baste ce qu'on peut me dire, cette cassure là n'a pas besoin de ma compréhension
Elle a besoin de tout mon amour et de toute mon affection
Je ne veux plus travailler sur moi, mais m'aimer telle que je suis
Avec tout ce qu'implique cela, être pour moi mon propre messie
Je souhaite rencontrer les parts de moi même les moins présentables
Parce que je m'aime malgré ça .. même quand je ne suis pas instagrammable
Tous ces symptômes peu reluisants, ces frayeurs dans la salle de bain
Ces poignées de cheveux témoignants que oui ça ne va pas très bien
Et bien je les aime malgré tout car au fond j'ai foi en moi
La peau trouée, cette mue vaut le coup et peu importe ce qu'il en sera
Je n'ai pas peur de me voir changer, c'est le souhait que j'avais fait
Peut-être pas ainsi manifesté..peu importe tant que se tire le trait
Ces tâches noires aux examens symbolise l'encre non employée
Puisque je ne le pouvais pas bien, mon corps à simplement parlé.
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