05/02/2026
Cap-Haïtien : la ville n’a pas besoin d’un changement du Conseil municipal, mais d’un véritable soutien de l’État
La crise actuelle au Cap-Haïtien pousse de nombreux citoyens à exprimer leur frustration face à la dégradation des routes, à l’insalubrité et aux risques d’inondation. Dans ce contexte, plusieurs voix réclament un changement à la tête de la commission municipale. Pourtant, cette demande soulève une question importante : un simple remplacement peut-il résoudre des problèmes installés depuis plusieurs années ?
La réalité est plus complexe. La commission municipale actuelle n’est en fonction que depuis quelques mois et a dû faire face à plusieurs contraintes administratives ayant ralenti son action. Il paraît donc difficile de lui attribuer seule la responsabilité d’une situation qui résulte d’un manque de suivi accumulé au fil du temps.
Le Cap-Haïtien souffre surtout d’un déficit de coordination institutionnelle. La mairie joue un rôle essentiel, mais elle ne peut agir seule. L’état des routes nécessite l’intervention du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications. Les questions d’assainissement et de gestion des déchets concernent également le Ministère de l’Environnement. La prévention des inondations et l’entretien des canaux demandent aussi l’implication du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural.
Face à cette urgence, le débat ne devrait pas se limiter à des changements administratifs. Ce dont le Cap-Haïtien a besoin, c’est d’un plan d’intervention clair, d’un soutien renforcé de l’État et d’actions rapides sur le terrain.
Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, doit privilégier des mesures concrètes capables de répondre aux attentes de la population. Aujourd’hui, les habitants attendent moins des promesses que des résultats visibles et durables.