07/05/2025
Mon corps est un champ de ruines, un temple effondré sous le joug d’un labeur sans fin. Chaque muscle hurle, chaque tendon gémit, comme si une main invisible avait noué mes chairs en un écheveau de douleur. Mes pas sont lourds, traînants, alourdis par une gravité qui n’appartient qu’à moi. Mes os, fatigués de porter cette carcasse, murmurent des craquements sourds, comme des branches prêtes à céder sous le vent d’hiver. Je voudrais m’effondrer, m’abandonner à la terre, laisser mon enveloppe se dissoudre dans l’oubli d’un sommeil sans rêves. Mais même le repos semble un mirage, une promesse que mon corps, trahi par l’épuisement, ne sait plus saisir.
Et mon âme… mon âme est un océan déchaîné, où les vagues de chagrin, d’angoisse et de vide s’écrasent sans relâche contre les falaises de ma raison. Chaque pensée est un éclat de verre, acéré, insaisissable, qui lacère l’intérieur de mon esprit. Je suis prisonnière d’un labyrinthe où les murs sont faits de souvenirs fanés et de peurs informes, où chaque tournant mène à une impasse. J’aspire à la paix, à un silence qui ne soit pas celui de l’abandon, mais mes pensées, affamées, voraces, refusent de me laisser en repos. Elles tourbillonnent, me noient, m’étouffent dans un ressac d’images floues et de regrets sans nom.
Je suis une chandelle consumée, dont la flamme vacille, prête à s’éteindre au moindre souffle. La fatigue n’est plus seulement un état, elle est une présence, une ombre qui s’est insinuée dans chaque recoin de mon être, qui a teint mes jours d’un gris oppressant. Je pleure parfois, sans larmes, sans bruit, juste un serrement au creux de la poitrine, un sanglot muet qui dit tout ce que les mots ne savent plus porter. Je suis si lasse, si profondément, si entièrement lasse, que l’idée même d’espoir semble une charge de plus.
Pourtant, au fond de ce gouffre, il y a une lueur, infime, tremblante, presque indécente dans sa persistance. Elle me murmure que je suis encore là, que sous les cendres de ma fatigue brûle un feu qui refuse de mourir. Je ne sais pas si je l’écoute, si j’ai la force de l’entendre. Mais je m’accroche à elle, comme une naufragée à un débris flottant, parce que c’est tout ce qu’il me reste. Alors je ferme les yeux, je respire, et dans cet instant suspendu, j’essaie de croire que la lumière, un jour, reviendra me chercher…..