11/06/2026
🇦🇲 𝐒𝐨𝐮𝐬 𝐥’𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐫𝐮𝐬𝐬𝐞, 𝐥’𝐀𝐫𝐦𝐞́𝐧𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐯𝐢𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐞𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞́𝐞𝐧
Ce dimanche 7 juin, les Arméniens étaient appelés aux urnes pour des élections législatives qui avaient des allures de référendum sur l’avenir géopolitique du pays.
Depuis la Révolution de velours de 2018, le Premier ministre Nikol Pachinian a profondément transformé la vie politique arménienne. Son parti, Contrat civil, s’est construit autour de la lutte contre la corruption, des réformes démocratiques et d’un rapprochement progressif avec l’Occident.
Mais la défaite face à l’Azerbaïdjan et la perte définitive du Haut-Karabakh en 2023 ont bouleversé le pays. Pour de nombreux Arméniens, la Russie a manqué à son allié historique en refusant d’intervenir malgré l’existence de l’OTSC, l’alliance militaire dominée par Moscou. En réponse, l’Arménie a suspendu sa participation à cette organisation en 2024 et a officiellement affirmé son intention d'entamer la procédure d'adhésion à l’Union européenne.
La campagne a donc largement tourné autour de cette question. D’un côté, Contrat civil défendait la poursuite du rapprochement avec l’Union européenne et les États-Unis. De l’autre, une opposition pro-russe renforcée dénonçait l’abandon du Haut-Karabakh, l’accord de paix signé avec l’Azerbaïdjan en 2025 et l’éloignement de Moscou.
Au final, Contrat civil conserve le pouvoir avec 49,85 % des voix. C’est une victoire nette pour Nikol Pachinian qui obtient un nouveau mandat et confirme la trajectoire européenne de l’Arménie. Mais cette victoire ne doit toutefois pas masquer une autre réalité. Le nouveau parti pro-russe Arménie forte réalise une percée remarquée avec plus de 23 % des suffrages. Ajouté aux autres partis pro-russes, les russophiles gagnent de plus en plus de voix à chaque élection.
Si l’Arménie regarde aujourd’hui davantage vers Bruxelles que vers Moscou, le débat sur son avenir géopolitique est loin d’être terminé et la Russie continue de vouloir garder son voisin dans sa sphère influence.