Atipik TV

Atipik TV ATiP!K est la première télévision belge francophone internationale en ligne. [email protected]

13/01/2026

Ô France voici venu le jour des comptes : l’Algérie interpelle la France coloniale.

Ô France voici venu le jour des comptes : l'Algérie interpelle la France colonialeCe soir, nous revenons sur un moment p...
13/01/2026

Ô France voici venu le jour des comptes : l'Algérie interpelle la France coloniale

Ce soir, nous revenons sur un moment politique et historique majeur :

l’adoption par le Parlement algérien d’une loi criminalisant les crimes commis durant la période coloniale.

Un texte inédit, à la fois symbolique et juridique, qui dépasse le cadre national pour s’inscrire dans une dynamique africaine plus large : celle d’un continent qui interroge son histoire, revendique sa mémoire et pose la question de la justice.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement direct de la Conférence africaine d’Alger, qui a réuni historiens, juristes, experts et responsables politiques venus de tout le continent afin de réfléchir aux moyens de qualifier juridiquement les crimes du colonialisme et de les porter sur la scène internationale.

Elle a mis en lumière une Afrique qui parle désormais d’une voix plus affirmée.

Cette démarche algérienne s’inscrit également dans un contexte international marqué par plusieurs précédents.

Au fil des décennies, certaines anciennes puissances coloniales ont engagé, à des degrés divers, des processus de reconnaissance, d’excuses ou de réparation :

le Royaume-Uni, notamment vis-à-vis de l’Inde et du Kenya,

les Pays-Bas à l’égard de l’Indonésie,

la Belgique concernant son passé colonial en République démocratique du Congo,

et l’Allemagne, qui a reconnu sa responsabilité historique et engagé un processus de réparation à l’égard d’Israël.

Dans ce paysage, la position de la France apparaît singulière.

Puissance coloniale majeure en Afrique francophone, elle demeure réticente à toute reconnaissance juridique globale des crimes commis durant la colonisation et exclut toute logique de réparation, malgré une documentation historique abondante et des reconnaissances politiques partielles.

C’est aussi à cette exception française que la loi algérienne vient poser une question de fond.

Mais au-delà du symbole, ce vote soulève des interrogations essentielles :

quelles sont les implications juridiques concrètes de cette loi ?

peut-elle ouvrir la voie à des actions devant les juridictions internationales ?

et comment l’Algérie se positionne-t-elle, à travers cette initiative, comme moteur d’une réflexion panafricaine sur la mémoire, la justice et les responsabilités historiques ?

Pour en discuter, j’ai l’immense plaisir de recevoir sur le plateau deux invités de premier plan.

Monsieur Ibrahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale, acteur central du processus législatif ayant conduit à l’adoption de cette loi historique.

Et Maître Nacereddine Lezzar, avocat au barreau d’Alger, spécialiste du droit international, dont l’expertise nous permettra d’évaluer les enjeux, les limites et les leviers juridiques de cette démarche sur la scène internationale.

https://youtu.be/NXQL58_ZAAU?si=stBV-8-5cjJyNX-t

Ce soir, nous revenons sur un moment politique et historique majeur : l’adoption par le...

Yennayer 2976 : quand l’Algérie célèbre la mémoire, la diversité et l’unité (vidéo)L’Algérie est l’un des rares pays à c...
12/01/2026

Yennayer 2976 : quand l’Algérie célèbre la mémoire, la diversité et l’unité (vidéo)

L’Algérie est l’un des rares pays à célébrer plusieurs Nouvel An, reflets de la richesse de son histoire et de la pluralité de ses références culturelles. À côté du calendrier grégorien et du calendrier hégirien, Yennayer occupe désormais une place centrale dans le paysage national. Le passage à l’an amazigh 2976 en est une nouvelle illustration.

Pour la première fois, l’équipe d’Atipik TV a choisi de célébrer Yennayer dans l’un des lieux les plus emblématiques d’Alger : l’hôtel El Djazair, ancien Saint-George, symbole à la fois de mémoire, de continuité et d’élégance.

Yennayer, d’une célébration familiale à un rendez-vous national

Longtemps célébré dans le cadre familial et régional, Yennayer s’est progressivement imposé comme un moment fédérateur à l’échelle nationale. Institutionnalisée, la fête est aujourd’hui pleinement assumée comme un marqueur identitaire, culturel et historique commun à tous les Algériens.

Cette évolution traduit une réappropriation apaisée de la mémoire amazighe et son inscription durable dans le récit national, au-delà des appartenances régionales.

Une gastronomie amazighe à l’honneur

Dès le début de la soirée, l’hôtel El Djazair a offert un cadre soigné et chaleureux, fidèle à son histoire et à son standing. Sous la coordination de Slimane, directeur des restaurants, l’événement a accordé une place centrale à la gastronomie amazighe, pensée comme un langage commun.

Le menu proposait un véritable voyage culinaire à travers les régions : couscous noir, gris et blanc, berkoukes, spécialités du Djurdjura, des Aurès, du Mzab et du Sud touareg. Une diversité de saveurs illustrant la richesse et la profondeur du patrimoine culinaire algérien.

Tradition et modernité : le défilé de Taous

Moment particulièrement attendu, le défilé de mode signé Taous a apporté une dimension esthétique forte à la soirée. La créatrice a revisité la robe kabyle en conjuguant fidélité aux broderies ancestrales et lignes contemporaines.

Ce travail de création a mis en valeur le textile traditionnel amazigh comme un patrimoine vivant, capable d’évoluer sans perdre son âme.

Un hommage vivant aux rites et aux arts populaires

La soirée s’est poursuivie avec une mise en scène inspirée du mariage kabyle, permettant au public de redécouvrir certains rituels dans une atmosphère à la fois respectueuse et festive. Chants, youyous et gestes symboliques ont contribué à recréer une ambiance authentique, rappelant la dimension collective de ces traditions.

[video width="848" height="480" mp4="https://atipik.tv/wp-content/uploads/2026/01/VID-20260112-WA0002.mp4"][/video]

L’orchestre kabyle a ensuite rythmé la soirée avec des airs populaires, entraînant un moment de partage spontané entre artistes, personnel et invités, dans une ambiance conviviale et intergénérationnelle.

Une clôture vocale, sobre et puissante

En conclusion, quatre voix féminines ont interprété un chant a ca****la, offrant un instant de recueillement et d’émotion. Sans artifices, cette performance a donné à la fin de la soirée une dimension presque méditative, en écho à la profondeur symbolique de Yennayer.

Yennayer, une mémoire vivante

Plus qu’une date, Yennayer est une mémoire en mouvement. Il incarne le lien entre passé et présent, entre héritage et transmission, entre diversité et unité.

À travers cette célébration à l’hôtel El Djazair, Atipik TV a souhaité rappeler que la culture amazighe n’est ni marginale ni figée, mais pleinement constitutive de l’identité algérienne. Une identité qui se nourrit de ses racines et s’exprime avec fierté lorsqu’elle choisit de célébrer, ensemble.

L’Algérie est l’un des rares pays à célébrer plusieurs Nouvel An, reflets de la richesse...

Le Sénat français s’apprête à voter un texte controversé sur la criminalision de la critique de l’État d’IsraëlLe Sénat ...
09/01/2026

Le Sénat français s’apprête à voter un texte controversé sur la criminalision de la critique de l’État d’Israël

Le Sénat de la République doit se prononcer lundi prochain sur un projet de loi très débattu visant à réviser le cadre pénal français concernant la critique du sionisme et, plus largement, de l’État d’Israël. L’initiative, soutenue par plusieurs sénateurs de droite et du centre, soulève une vive polémique tant dans la classe politique que dans la société civile.

Le texte prévoit de modifier la loi de 1881 sur la liberté de la presse afin d’introduire de nouvelles incriminations relatives à certaines formes d’expression visant l’État d’Israël. Les promoteurs du projet affirment qu’il s’agit de mieux lutter contre les manifestations contemporaines de l’antisémitisme, qu’ils estiment parfois dissimulé derrière des critiques virulentes du sionisme ou des positions officielles de l’État israélien.

Les défenseurs du texte considèrent que la contestation radicale du droit à l’existence d’Israël ou l’assimilation systématique de ses institutions à des régimes criminels relèverait d’un discours de haine qui devrait être plus clairement puni par la loi. Selon eux, les outils juridiques actuels ne permettent pas de répondre de manière suffisamment efficace à ces dérives.

Cependant, de nombreuses voix s’élèvent contre ce projet de loi, dénonçant un risque majeur pour la liberté d’expression. Des juristes, associations et observateurs soulignent que le texte pourrait criminaliser des prises de position politiques ou des critiques légitimes des actions du gouvernement israélien, sans lien direct avec des propos antisémites. Ils mettent en garde contre une confusion entre opposition à une politique étrangère et incitation à la haine raciale.

Plusieurs spécialistes du droit rappellent également que la formulation du texte, jugée trop imprécise, pourrait entraîner des interprétations divergentes devant les tribunaux, et ouvrir la voie à des recours constitutionnels ou européens. Le flou juridique autour de la notion de « contestation d’un État » est considéré comme un point particulièrement problématique.

Dans un contexte marqué par la hausse des actes antisémites et un climat politique tendu, le vote du Sénat lundi prochain devrait relancer le débat national sur les limites de la liberté d’expression et sur la manière de protéger efficacement les citoyens contre les discours de haine, sans remettre en cause les fondements démocratiques.

Le Sénat de la République doit se prononcer lundi prochain sur un projet de loi...

La Grand-Place de Bruxelles sous la neige : un décor féerique qui enchante touristes et BruxelloisLa neige a de nouveau ...
07/01/2026

La Grand-Place de Bruxelles sous la neige : un décor féerique qui enchante touristes et Bruxellois

La neige a de nouveau fait son apparition en Belgique cette semaine, transformant Bruxelles en véritable carte postale hivernale. Sur la Grand-Place, le manteau blanc sublime chaque façade, chaque dorure, chaque pierre sculptée. Les touristes s’y attardent, émerveillés, appareils photo en main, tandis que les Bruxellois redécouvrent avec émotion l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale sous un voile scintillant.

L’après-midi a débuté sous un ciel très nuageux dans de nombreuses régions, avec de faibles averses de neige signalées au centre et au nord-est du pays. Selon les dernières prévisions de l’IRM, ce risque s’étendra progressivement vers l’est et le sud-est. Au littoral, en revanche, de larges éclaircies se dégageront avant de gagner le centre, apportant quelques pauses lumineuses appréciées.

Mais la beauté de la scène s’accompagne d’une mise en garde : les températures, comprises entre –4 °C en Hautes-Fagnes et +3 °C à la côte, maintiennent les rues glissantes. À Bruxelles, autour de la Grand-Place, les pavés se transforment facilement en verre glissant. Prudence donc pour les passants émerveillés qui lèvent les yeux plus qu’ils ne regardent où ils mettent les pieds.

En soirée, les nuages devraient revenir par le nord, annonçant peut-être une nouvelle couche de neige… et encore un peu plus de magie hivernale sur la capitale.

La neige a de nouveau fait son apparition en Belgique cette semaine, transformant Bruxelles en...

Groenland : pourquoi les États-Unis convoitent cette île stratégique depuis des décenniesDepuis plusieurs décennies, le ...
07/01/2026

Groenland : pourquoi les États-Unis convoitent cette île stratégique depuis des décennies

Depuis plusieurs décennies, le Groenland occupe une place singulière dans les réflexions stratégiques américaines. Longtemps perçu comme une terre glacée et isolée, ce vaste territoire arctique est aujourd’hui redevenu un enjeu géopolitique central, au point que les États-Unis ont relancé, de manière plus ou moins explicite, l’idée de son acquisition. Cette ambition soulève de lourdes questions politiques, économiques et diplomatiques, notamment au sein de l’Alliance atlantique.

Une île immense au cœur des équilibres mondiaux

Le Groenland est la plus grande île du monde. Sous souveraineté danoise, il bénéficie d’un large statut d’autonomie et compte une population d’environ 57 000 habitants. Malgré sa faible densité humaine, sa position géographique lui confère une importance stratégique exceptionnelle. Situé entre l’Amérique du Nord et l’Europe, aux portes de l’océan Arctique, le Groenland constitue un point de passage clé entre les grandes puissances.

Dès la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont compris l’intérêt militaire de l’île. Ils y ont installé des infrastructures de défense, notamment des bases aériennes et des systèmes de surveillance, afin de contrôler l’espace aérien arctique et d’anticiper toute menace venant de l’Est. Cette dimension stratégique demeure intacte aujourd’hui, voire renforcée.

Des richesses naturelles considérables

Au-delà de sa position géographique, le Groenland attire également les convoitises pour ses ressources naturelles. Sous sa calotte glaciaire se trouvent des réserves importantes de minerais stratégiques : terres rares, uranium, zinc, cuivre, or et autres métaux essentiels aux industries de pointe.

Ces ressources sont devenues cruciales dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique, la numérisation et la course technologique. Les terres rares, en particulier, sont indispensables à la fabrication des batteries, des éoliennes, des équipements électroniques et militaires. Leur exploitation pourrait réduire la dépendance occidentale vis-à-vis d’autres grandes puissances productrices, notamment la Chine.

Le réchauffement climatique change la donne

Le changement climatique joue un rôle déterminant dans l’intérêt croissant pour le Groenland. La fonte progressive de la banquise ouvre de nouvelles routes maritimes arctiques, réduisant considérablement les distances entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Ces nouvelles voies commerciales renforcent la valeur stratégique de l’île, située au cœur de ces futurs corridors de navigation.

Dans le même temps, la diminution de la glace rend plus accessibles les ressources minières, accentuant encore les appétits économiques et géopolitiques.

L’obsession américaine : sécurité et influence

L’intérêt américain pour le Groenland ne date pas d’hier. Dès le XIXᵉ siècle, Washington avait envisagé son acquisition, dans la continuité de l’achat de l’Alaska. Après la Seconde Guerre mondiale, une offre formelle avait été formulée au Danemark, sans succès.

Aujourd’hui, cet intérêt ressurgit dans un contexte de rivalités accrues avec la Russie et la Chine. Pour Washington, le Groenland est avant tout un enjeu de sécurité nationale. Contrôler ou sécuriser durablement l’île permettrait de renforcer la défense du continent nord-américain, de surveiller l’Arctique et de contenir l’influence croissante de puissances concurrentes dans cette région stratégique.

Danemark et Groenland : une souveraineté non négociable

Face à ces ambitions, le Danemark a réaffirmé avec fermeté que le Groenland n’est pas à vendre. Copenhague insiste sur le principe fondamental de souveraineté et sur le droit du peuple groenlandais à décider de son avenir.

Du côté groenlandais, la position est également claire : une large majorité de la population rejette toute idée de rattachement aux États-Unis. Les aspirations locales s’orientent davantage vers un renforcement de l’autonomie, voire à long terme vers une indépendance progressive, plutôt qu’un changement de tutelle.

L’Union européenne et la France en soutien

L’Union européenne s’est alignée sur la position danoise, rappelant l’importance du respect du droit international et de l’intégrité territoriale. Pour Bruxelles, toute évolution du statut du Groenland ne peut se faire qu’avec le consentement explicite de sa population et dans un cadre légal clair.

La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a également exprimé son soutien au Danemark, soulignant que le Groenland appartient à son peuple et que les logiques de prédation territoriale n’ont pas leur place au XXIᵉ siècle. Paris défend une approche européenne coordonnée sur les enjeux arctiques, fondée sur la coopération et non sur la confrontation.

Un allié peut-il en affronter un autre ?

La question est sensible : les États-Unis, le Danemark et la majorité des pays européens sont membres de l’OTAN. Un affrontement militaire est donc hautement improbable. Néanmoins, cette affaire met en lumière des tensions inédites entre alliés, révélant des divergences profondes sur la manière de gérer les enjeux stratégiques de l’Arctique.

Une tentative unilatérale américaine fragiliserait la confiance au sein de l’Alliance atlantique et pourrait ouvrir une crise politique majeure. Elle poserait également la question de l’autonomie stratégique européenne face à un allié américain de plus en plus assertif.

Conclusion : le Groenland, miroir des rivalités du XXIᵉ siècle

Le Groenland est devenu bien plus qu’un territoire isolé aux confins du monde. Il est aujourd’hui un symbole des nouvelles rivalités globales, où se croisent enjeux climatiques, économiques, technologiques et militaires.

L’intérêt persistant des États-Unis pour l’île révèle l’importance stratégique croissante de l’Arctique. Face à cela, l’Europe, le Danemark et le peuple groenlandais rappellent que la souveraineté, le droit international et l’autodétermination demeurent des principes non négociables.

L’avenir du Groenland pourrait ainsi peser lourdement sur l’équilibre des relations transatlantiques et sur la configuration géopolitique du monde de demain.

Depuis plusieurs décennies, le Groenland occupe une place singulière dans les réflexions stratégiques américaines. Longtemps...

Vincent Bolloré, médias d’opinion et guerre cognitive : comment l’Algérie est devenue un adversaire médiatiqueUn empire ...
05/01/2026

Vincent Bolloré, médias d’opinion et guerre cognitive : comment l’Algérie est devenue un adversaire médiatique

Un empire médiatique au cœur du débat démocratique français

En France, le nom de Vincent Bolloré est désormais indissociable de la question du pluralisme médiatique. Industriel devenu magnat de l’information, il contrôle ou influence un ensemble de médias capables de structurer durablement le débat public. Depuis plusieurs années, un phénomène retient particulièrement l’attention des analystes : la place excessive accordée à l’Algérie et aux Algériens dans les médias liés à son groupe. Selon le chercheur Ahmed Bensaada, en 2025, le mot « Algérie » aurait été prononcé plus de 31 000 fois sur certaines chaînes et radios françaises. Une telle récurrence n’est ni anodine ni neutre. Elle révèle une stratégie de focalisation qui dépasse largement le cadre de l’actualité factuelle.

Vincent Bolloré, héritier devenu stratège de l’influence

Né en 1952 dans une famille bourgeoise bretonne, Vincent Bolloré hérite d’une entreprise papetière qu’il transforme progressivement en un conglomérat mondial. Sa fortune s’est construite dans la logistique, le transport, la communication et les industries culturelles, avec une présence marquée en Afrique francophone. Sa méthode repose sur la prise de contrôle indirecte, l’influence discrète et le temps long. Lorsqu’il investit les médias à partir des années 2010, il ne cherche pas seulement un rendement économique. Il vise un levier autrement plus puissant : la capacité à orienter les récits, les peurs et les priorités de l’opinion publique.

Pourquoi les médias : le pouvoir de fixer l’agenda

Contrairement aux secteurs industriels classiques, les médias permettent de définir ce qui mérite d’être débattu et la manière dont cela doit l’être. En prenant une influence décisive sur Canal+, CNews, Europe 1, Paris Match et une partie de l’édition via Vivendi, Bolloré s’impose comme un acteur central de la fabrique de l’opinion en France. Ce pouvoir ne s’exerce pas par la censure directe, mais par la sélection des thèmes, la répétition des angles et la mise en avant de certaines voix.

Un écosystème éditorial marqué idéologiquement

Au fil des années, une ligne éditoriale cohérente s’installe. Les médias du groupe accordent une place centrale aux thématiques identitaires, sécuritaires et migratoires, souvent traitées sur un mode conflictuel. Plusieurs figures deviennent emblématiques de cette orientation. Éric Zemmour, propulsé par CNews avant son entrée en politique, en est le symbole le plus visible. Autour de lui, d’autres journalistes et animateurs occupent une place structurante dans le dispositif : Sonia Mabrouk, Pascal Praud, Charlotte d’Ornellas, Ivan Rioufol, entre autres. Tous ne se revendiquent pas de l’extrême droite, mais leurs prises de position convergent vers une vision conservatrice radicalisée, où certaines idées deviennent dominantes, rarement contredites et progressivement banalisées.

L’Algérie, une cible médiatique idéale

Dans cet environnement, l’Algérie apparaît comme une cible récurrente. Elle concentre plusieurs fractures françaises : la mémoire coloniale non résolue, la question de l’immigration post-coloniale, la présence d’une importante diaspora algérienne et une relation diplomatique marquée par la souveraineté assumée d’Alger. Pour une partie de la droite radicale française, l’Algérie reste le symbole d’une défaite historique et d’un passé impérial perdu. Pour certains médias d’opinion, elle devient un sujet à haute valeur polémique, mobilisable à l’infini autour des thèmes de l’islam, de la sécurité, de l’identité nationale et des relations franco-algériennes.

Répéter jusqu’à faire croire : une mécanique connue de la propagande

Lorsque Ahmed Bensaada parle de guerre cognitive, il ne théorise pas un phénomène nouveau. Il s’inscrit dans une tradition bien documentée des sciences de l’information. Le principe selon lequel un mensonge ou une rumeur, répété de manière constante, finit par être perçu comme une vérité, a été formulé de façon cynique au XXᵉ siècle par les appareils de propagande totalitaires. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du régime n**i, expliquait déjà qu’un mensonge martelé suffisamment longtemps s’impose dans l’esprit des masses. Cette logique, débarrassée de son cadre idéologique originel, est aujourd’hui réutilisée dans des contextes médiatiques modernes : non plus par l’État, mais par des systèmes d’opinion reposant sur la répétition, la saturation et l’émotion.

De la critique à l’obsession médiatique

Dans le cas algérien, le mécanisme est identifiable. Accumulation de polémiques, généralisation abusive à partir de faits isolés, amalgame constant entre enjeux sécuritaires et identité collective, mise en scène permanente du conflit. À force de répétition, une image négative s’installe, indépendamment de la complexité du réel. Il ne s’agit pas nécessairement d’une hostilité personnelle de Vincent Bolloré envers l’Algérie, mais du produit d’un système éditorial cohérent, aligné sur des intérêts idéologiques, économiques et électoraux.

Quelle riposte pour les médias algériens ?

Face à cette offensive informationnelle, la réaction émotionnelle est une impasse. Répondre polémique par polémique revient à jouer sur un terrain imposé. La seule réponse efficace est stratégique et de long terme. Elle passe par la construction de médias algériens crédibles à vocation internationale, capables de produire de l’enquête, de l’analyse et du décryptage selon les standards journalistiques internationaux. Elle implique l’investissement du champ intellectuel, le soutien aux chercheurs, journalistes et documentaristes qui travaillent sur la désinformation et les biais médiatiques. Elle suppose aussi une mobilisation structurée de la diaspora algérienne comme relais de crédibilité, et non comme simple bouclier défensif.

Reprendre la maîtrise du récit

À l’ère de l’information continue, la souveraineté ne se limite plus aux frontières physiques. Elle se joue aussi dans la capacité à imposer ses récits, ses images et ses mots. L’Algérie ne gagnera pas cette bataille en réagissant dans l’urgence, mais en construisant patiemment une présence médiatique forte, cohérente et respectée. La question n’est donc pas de savoir pourquoi certains médias français s’acharnent sur l’Algérie, mais si l’Algérie est prête à reprendre durablement la maîtrise de son image dans l’espace médiatique international.

L’enjeu réel n’est pas Bolloré, mais le récit

Réduire cette séquence à un affrontement entre l’Algérie et un milliardaire français serait une erreur d’analyse. L’enjeu dépasse largement les intentions d’un homme, aussi puissant soit-il. Il s’agit d’une bataille de récits, de perceptions et de représentations, dans laquelle certains médias français ont choisi de transformer l’Algérie en thème obsessionnel, souvent caricatural, parfois hostile. Face à cette mécanique, l’Algérie n’a pas intérêt à s’indigner en permanence, mais à s’organiser durablement. La véritable riposte ne sera ni verbale ni émotionnelle, mais intellectuelle, médiatique et stratégique. Dans un monde saturé d’images et de discours, ceux qui ne maîtrisent pas leur récit finissent toujours par être racontés par les autres et rarement à leur avantage.

Un empire médiatique au cœur du débat démocratique français En France, le nom de Vincent...

Capture de Nicolás Maduro : l’Amérique du Sud face à un précédent inéditLa capture du président vénézuélien Nicolás Madu...
04/01/2026

Capture de Nicolás Maduro : l’Amérique du Sud face à un précédent inédit

La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, suivie de l’annonce de Washington de vouloir superviser une transition politique au Venezuela, a provoqué une onde de choc diplomatique majeure en Amérique du Sud. Pour la région, ce scénario inédit soulève à la fois des questions de souveraineté nationale, de légalité internationale et de stabilité économique et énergétique.

Réactions des États sud-américains : prudence, solidarité et condamnations

Venezuela : une condamnation frontale

Sans surprise, Caracas a dénoncé l’opération américaine comme un acte de piraterie politique et militaire. Nicolás Maduro, toujours reconnu par son gouvernement comme président légitime, a qualifié la capture d’« attaque directe contre la souveraineté vénézuélienne » et appelé ses alliés régionaux à la solidarité.

Brésil : équilibre entre critique et prudence

Le Brésil, puissance régionale et membre fondateur du MERCOSUR, a exprimé une préoccupation majeure face à un précédent unilatéral, rappelant que la souveraineté des États doit être respectée. Bien que le Brésil critique depuis longtemps la gestion politique et économique de Maduro, Brasilia rejette toute intervention extérieure directe et appelle à un dialogue politique inclusif, sous supervision internationale.

Argentine et Uruguay : défense du multilatéralisme

Buenos Aires et Montevideo ont adopté un ton diplomatique similaire, insistant sur le rôle central des Nations unies et des mécanismes régionaux pour résoudre les crises. Les autorités argentines et uruguayennes ont rappelé que le changement de régime par la force menace la stabilité continentale.

Chili et Pérou : appel à la négociation

Santiago et Lima ont exprimé leur inquiétude face à la situation humanitaire et économique au Venezuela. Les deux pays appellent à une solution négociée, incluant tous les acteurs vénézuéliens, afin de préserver la paix sociale et éviter un exode massif vers les pays voisins.

Rôle des principales unions régionales

MERCOSUR

Le MERCOSUR, regroupant Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay, a publié une déclaration collective soulignant :

• le respect de la souveraineté nationale,

• le refus d’un changement de régime imposé par la force,

• et l’importance de solutions politiques et diplomatiques.

L’organisation met également en garde contre l’instabilité économique et énergétique qui pourrait résulter de l’ingérence étrangère dans un pays producteur de pétrole clé comme le Venezuela.

UNASUR et CELAC

L’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) et la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC) se sont également prononcées en faveur de solutions pacifiques et régionales, insistant sur la négociation et le multilatéralisme, tout en rejetant les interventions militaires unilatérales.

Organisation des États américains (OEA)

L’OEA a exprimé une préoccupation officielle, mais ses membres sont divisés : certains, comme les États pro-États-Unis, voient la capture de Maduro comme une opportunité de transition démocratique, tandis que d’autres dénoncent un acte illégal et contraire aux normes internationales. Cette division illustre la complexité de la diplomatie américaine dans la région.

Implications économiques et pour les corporations régionales

La crise vénézuélienne touche également le secteur énergétique et les grandes corporations sud-américaines :

• Pétrole et gaz : le Venezuela étant un producteur majeur, toute instabilité affecte les prix régionaux et les investissements des entreprises brésiliennes, argentines et chiliennes dans le secteur énergétique.

• Commerce et infrastructures : les tensions politiques ralentissent les projets d’intégration régionale, y compris le transport et la logistique transfrontalière.

• Investissements étrangers : la perception d’un précédent unilatéral par Washington peut renforcer le risque pays, ce qui impacte les multinationales présentes en Amérique du Sud et au Venezuela.

Analyse stratégique

La capture de Maduro révèle plusieurs tensions majeures pour l’Amérique du Sud :

1. Souveraineté vs influence américaine : les pays de la région craignent un précédent où des puissances extérieures dictent la politique intérieure d’un État.

2. Stabilité régionale et flux migratoires : une intervention directe pourrait accélérer l’exode des Vénézuéliens, mettant sous pression les pays voisins.

3. Énergie et économie : la perturbation des exportations pétrolières vénézuéliennes affecte directement les économies sud-américaines et les stratégies des corporations régionales.

4. Rôle des unions régionales : MERCOSUR, UNASUR et CELAC sont appelés à jouer un rôle diplomatique central pour éviter une escalade et garantir que toute transition reste légitime et négociée.

Conclusion

Face à la capture de Nicolás Maduro, l’Amérique du Sud se positionne dans une logique de prudence, de solidarité régionale et de défense du multilatéralisme. Les gouvernements et organisations régionales insistent sur le dialogue, la négociation et le respect de la souveraineté, tout en restant vigilants aux conséquences économiques et humanitaires.

Cette crise apparaît comme un test majeur pour la cohésion politique de la région, pour la crédibilité des unions régionales et pour la capacité de l’Amérique du Sud à résister aux interventions extérieures unilatérales.

La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, suivie de l’annonce de Washington...

Adres

Brussels

Meldingen

Wees de eerste die het weet en laat ons u een e-mail sturen wanneer Atipik TV nieuws en promoties plaatst. Uw e-mailadres wordt niet voor andere doeleinden gebruikt en u kunt zich op elk gewenst moment afmelden.

Contact

Stuur een bericht naar Atipik TV:

Delen