17/07/2026
« » Mes parents me demandent pourquoi je ne ramène pas d'homme. Je nie, évidemment. Mais le mariage hétérosexuel est le prix de la liberté."
Diarra, une cigarette aux lèvres dans la chambre de Yassine. Dakar, 2016.
En 2016, avec la journaliste Valentine Van Vyve, nous partions enquêter sur une phrase glissée dans un rapport administratif belge : la majorité des personnes demandant l'asile pour persécution liée à leur orientation sexuelle venait du Sénégal.
"Alors que la foule attendait pour nous lyncher, j'ai imaginé ce que ma mère endurait. J'ai éprouvé une grande tristesse", se souvenait Mohamed. Accusés d'avoir organisé un mariage gay — c'était un anniversaire — sept hommes se cachaient depuis dix jours dans un appartement de Dakar, traqués par la police et la vindicte populaire.
"Être homo, c'est vivre avec un secret. La seule échéance se résume en une question : quand cela va-t-il être découvert ?", chuchotait Sow.
"Jusqu'à la colonisation, les homosexuels étaient reconnus par le rôle qu'ils jouaient dans les cérémonies familiales. Ils avaient même un certain statut", expliquait Abo Backry, président de la Raddho. La pénalisation de l'homosexualité est une réminiscence de la période coloniale.
Le 11 mars 2026, le Parlement sénégalais adoptait une loi renforçant la répression de l'homosexualité. Les relations entre personnes de même sexe sont désormais passibles de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq auparavant.
📷 Série Résonances — collectif HUMA
Photo Johanna De Tessieres
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