La revue belge de cinéma

La revue belge de cinéma Le Rayon Vert - R***e de cinéma en ligne qui tente de sauver ce qui s'oublie. Le rayon vert est l’autre nom de l’affect. Tout est perçu, rien n’est vu.

Premier mode d’expression de ce qui contribue à la tristesse ou à la joie, l’affect est un changement qui se signale par une épreuve corporelle et spirituelle. Au cinéma, il s’exprime à travers les moyens du corps et de l’esprit du spectateur. Saisi par l’affect, le spectateur devient inquiétude, interrogation, problème, jouissance, peine, agression, défense… Le temps de l’épreuve, il ne sait si ces affects contiennent quelque « vérité ». Peut-être n’y avait-il là que les passions privées du sentiment. La plupart des spectateurs s’arrête au premier temps de l’épreuve, affect ou sentiment, peu lui importe. Tout est entendu, rien n’est écouté. Tout finit enfin par s’oublier, par peur ou paresse de raconter l’histoire de ses affects. D’autres, moins nombreux, ont la critique programmatique ou la perception savante. Ils en savent toujours trop, perçoivent et écoutent peu. Entre ces deux extrêmes, nous invitons à oser raconter l’histoire de nos affects. Il n’y a pas de honte à avoir éprouvé quelque chose, mais il est malheureux de le taire et de l’oublier. En racontant les affects, il s’agit de rattraper avec les mots le re**rd de la raison sur l’imagination, de la compréhension sur l’intuition. Parler les évidences nous met déjà sur le chemin de nombreuses découvertes ; Muettes, elles disparaissent dans les profondeurs du corps et de l’esprit. Il tient à chacun de promettre fidélité aux affects qui l’ont saisi le temps de la projection. Au risque de la déception, avec l’espoir du chercheur d’or, les rédacteurs du Rayon vert, r***e de cinéma, tenteront de demeurer fidèles aux affects qui motivent leur écriture. Dès lors, à défaut de trouver dans cette r***e une écriture Vraie, Savante, Objective, on peut espérer qu’elle sera à tout le moins sincère.

Avec beaucoup du Rayon Vert au sommaire.
17/09/2026

Avec beaucoup du Rayon Vert au sommaire.

Prochainement disponible dans votre librairie préférée, le volume 78 de la r***e ÉCLIPSES consacré à Mike LEIGH est d'ores et déjà accessible à la commande sur notre site www.r***e-eclipses.com, au format imprimé ou PDF (lien en commentaire).

Sommaire consultable en ligne.
Large extrait accessible gratuitement.

Comme pour tous nos titres, vous pouvez également acquérir chaque texte à l'unité, en cliquant sur l'onglet "Archives payantes" (tarifs très doux et acquisition instantanée).

ÉCLIPSES N° 78 : MIKE LEIGH - DE COLÈRE ET D'ANGLETERRE
Format 15x21 cm. 120 pages. 15 euros. ISBN 979-10-94110-23-2. Poids : 220 g.
Volume dirigé par Alexia ROUX et Saad CHAKALI
Avec les contributions de : Jean-François BAILLON, Sébastien BARBION, Saad CHAKALI, Teddy DEVISME, David FONSECA, Clémentine GOURDON, Alexia ROUX.
Couverture : Portrait de Mike Leigh, par l'artiste et romancier SOLUTO. Huile sur papier toilé, 30x40cm. Création originale et inédite.
Graphisme et PAO : Thierry ESPOSITO-FARESE.
Direction de la publication : Youri DESCHAMPS.

« Two Lovers » de James Gray est diffusé ce soir sur Arte.Si « Two Lovers » a tous les apparats de l'histoire d'amour, i...
16/09/2026

« Two Lovers » de James Gray est diffusé ce soir sur Arte.

Si « Two Lovers » a tous les apparats de l'histoire d'amour, il est fondamentalement tourné autrement. S'y met en scène un rapport existentiel au monde. Il raconte l'égarement, comme tournoie au ciel le soleil, un tournoiement sans raison, comme son personnage Leonard va de côté, ou bien le malheureux, ou bien le fou, ou la pensée, en rond.

Parce qu'on aura jamais fini de revoir « Le Parrain », qui est diffusé ce soir sur Arte.Le sixième long-métrage de Franc...
13/09/2026

Parce qu'on aura jamais fini de revoir « Le Parrain », qui est diffusé ce soir sur Arte.

Le sixième long-métrage de Francis Ford Coppola est posté à ce carrefour ou cet échangeur où convergent différentes cinématographies issues des horizons les plus divers. Avec Le Parrain », le film de commande est un film d'auteur et le film de studio un film personnel, mais c'est aussi une tragédie grecque doublé d'un film d'épouvante bis, et c'est encore un film de gangsters se prolongeant en un feuilleton populaire mâtiné de clair-obscur caravagesque et de l'histoire des Borgia, de théâtre shakespearien et d'opéra italien (sans oublier le théâtre de marionnettes sicilien, l'opera dei puppi, qui livre la clé du fameux logo de la saga).

Le film dédié au cinéma classique hollywoodien est enfin une œuvre cinéphile qui rend hommage au néoréalisme italien (les scènes de fêtes para-documentaires) comme elle est contemporaine de la modernité européenne (les scènes de ménage incluant des marges d'improvisation). Avec cette production au montage laborieux mais dont l'immense carton commercial l'a hissé au sommet pyramidal du box-office jusqu'à l'arrivée de des « Dents de la mer » (1975) de Steven Spielberg, le film de mafia s'impose comme un genre en soi, de classe A, en proposant, avec l'étude des archaïsmes paradoxaux du capitalisme, un morceau d'Histoire de l'Amérique dans son rapport compliqué aux minorités raciales.

« Akira » de Katsuhiro Ôtomo ressort dans les salles belges et françaises.Le film pose, pense et panse la jonction cybor...
11/09/2026

« Akira » de Katsuhiro Ôtomo ressort dans les salles belges et françaises.

Le film pose, pense et panse la jonction cyborg de plus d'un spectre : spectres de Marx et de Hamlet ; spectres de l'histoire japonaise d'hier, d'avant-hier et de demain ; spectres de la culture cyberpunk et de l'Armée rouge japonaise. C'est leur conjonction organique et cybernétique organisée dans un mélange de furia et de maestria sans équivalent par l'un des plus grands films d'animation japonais qui soit, qui est aussi l'un des plus grands films de science-fiction qui soit. Tant et si bien qu'« Akira » demeure un grand contemporain éclairé par le sourire énigmatique d'Akira en nous rappelant à cette enfance devenue une énigme pour une humanité qui manque à elle-même d'avoir abandonné ses enfants. Les films qui regardent notre enfance sont toujours ceux qui savent en prendre soin.

« Freaks » de Tod Browning : Apprendre à voir« Freaks » interroge notre manière de regarder ceux que nous considérons co...
08/09/2026

« Freaks » de Tod Browning : Apprendre à voir

« Freaks » interroge notre manière de regarder ceux que nous considérons comme « différents ». Le film montre que la monstruosité ne réside pas dans les apparences, mais dans le regard porté sur l’autre. En transformant peu à peu les « freaks » de curiosités en êtres humains complexes, Tod Browning oblige le spectateur à remettre en question ses préjugés. Le véritable enjeu du film n’est donc pas de savoir qui sont les monstres, mais qui regarde qui, comment, afin que jamais l’enfance ne décolore, qu’elle persiste toujours dans les yeux, comme le fait sans doute le travail de l’artiste contemporain Leandro Erlich.

06/09/2026

ÉCLIPSES N° 78 : MIKE LEIGH - DE COLÈRE ET D'ANGLETERRE
Volume dirigé par Alexia ROUX et Saad CHAKALI

Avec les contributions de : Jean-François BAILLON, Sébastien BARBION, Saad CHAKALI, Teddy DEVISME, David FONSECA, Clémentine GOURDON, Alexia ROUX.

Couverture : Portrait de Mike Leigh, par l'artiste et romancier SOLUTO. Huile sur papier toilé, 30x40cm. Création originale et inédite, juillet 2026.

Graphisme et PAO : Thierry ESPOSITO-FARESE.

Direction de la publication : Youri DESCHAMPS.

Parution : Octobre 2026.

120 pages. 15 euros. ISBN : 979-10-94110-23-2
Diffusion en librairies : POLLEN DIFFUSION
Vente en ligne : REVUE-ECLIPSES.COM

« L'Histoire de Souleymane » de Boris Lojkine : Politique du bon immigré« L'Histoire de Souleymane » est diffusé ce soir...
02/09/2026

« L'Histoire de Souleymane » de Boris Lojkine : Politique du bon immigré

« L'Histoire de Souleymane » est diffusé ce soir sur Arte. En apparence humaniste, le film déshumanise en permanence. En filmant le parcours d'un immigré clandestin en quête de papiers, il délègue finalement au spectateur le choix d'en décider. Il partage ainsi le même sale petit secret que tous les droitards attardés, n'accorder droit de cité qu'aux bons immigrés. Un travail de discrimination s'opère, qui révèle le caractère mensonger du film. Il se voudrait humaniste. Il fait la chose la moins humaniste possible : juger.

Cycle | 𝐋𝐞 𝐜𝐢𝐧𝐞𝐦𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐖𝐞𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐇𝐞𝐫𝐳𝐨𝐠 - « La Grotte des rêves perdus » : Échos des témoins disparusLe cinéma d...
28/08/2026

Cycle | 𝐋𝐞 𝐜𝐢𝐧𝐞𝐦𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐖𝐞𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐇𝐞𝐫𝐳𝐨𝐠 - « La Grotte des rêves perdus » : Échos des témoins disparus

Le cinéma de Werner Herzog traque, entre autres, les formes de spiritualité portées par les premiers et les derniers de leur genre. « La Grotte des rêves perdus » s'aventure dans la Grotte Chauvet pour en retrouver l'écho spectral qui résonne encore aujourd'hui. L'ami et le témoin, à savoir le ou les artistes de Chauvet, sont cette fois-ci absents, mais leurs traces convoquent un monde invisible dont il faut actualiser les secrets alors que se profile notre disparition prochaine, rappelée ici par la présence d'une centrale nucléaire et la réserve de crocodiles qui s'est installée autour. Le film, conçu en 3D, rappelle aussi que le cinéma est né dans les grottes préhistoriques, dès l'émergence d'une vie spirituelle à l'aube de l'humanité.

« De la Comédie-Française » de Martin Darondeau et Bertrand Usclat : RIP Molière, vive le théâtre filmé !La tentative de...
26/08/2026

« De la Comédie-Française » de Martin Darondeau et Bertrand Usclat : RIP Molière, vive le théâtre filmé !

La tentative de modernisation recherchée par « De la Comédie-Française » tombe à plat comme sa volonté de rendre hommage à la célèbre institution et ses pensionnaires. Le film tient de la publicité mensongère sur au moins trois aspects contradictoires : il relève d'abord et surtout du théâtre filmé et du mauvais boulevard, en opposition avec le théâtre qui se joue à la Comédie-Française. Ensuite, l'héritage que le film veut célébrer, notamment celui de Molière, est abîmé. L'autodérision aurait pu fonctionner si le mauvais boulevard n'était pas la référence première. Enfin, le comique caillé ne parvient jamais à s'intégrer dans l'urgence du récit : il aurait fallu écouter la célèbre fable de Jean de La Fontaine, qui est pourtant une autre emblème de la maison, chez qui rien ne sert de courir (de surcroît dans tous les sens), il faut arriver à point (avec moins de laxisme et une réflexion plus aboutie sur le comique).

« Fjord » de Cristian Mungiu : Le faux procès du relativismeÀ l’ère du désenchantement du monde, quand Cristian Mungiu e...
24/08/2026

« Fjord » de Cristian Mungiu : Le faux procès du relativisme

À l’ère du désenchantement du monde, quand Cristian Mungiu entend faire le procès du tout relativisme des valeurs dans « Fjord », il a en réalité choisi son camp. Sa prétendue neutralité est un leurre. Quand il voudrait faire croire qu’il navigue entre les eaux, il barre à droite toute, dans un film synchrone d’une époque où les discours les plus rances n’ont plus de frein sur la langue.

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