01/04/2026
✍ Simplification imminente
Dans une note interne qui a fuité ce matin, plusieurs institutions culturelles belges envisagent la création d’un Conseil de Clarté Linguistique : un organe chargé de “veiller à la lisibilité et à la précision du français utilisé dans l’espace public”.
L’objectif affiché n’est pas de réformer la langue, mais de “réduire la confusion” dans les communications officielles, les panneaux de signalisation, les formulaires, les certificats médicaux... et même les menus de certains restaurants gastronomiques.
Le projet se veut pragmatique : il ne s’agit pas de changer les règles, mais de “les appliquer avec un minimum de cohérence”.
Parmi les premières pistes évoquées :
❎ l'interdiction des phrases de plus de 42 mots dans les courriers administratifs, sauf si elles contiennent au moins une idée ou ne peuvent légitimement en contenir moins, d'un point de vue strictement légal et pratico-pratique (à définir ultérieurement) ;
✅ l'obligation d'utiliser des mots simples, notamment dans les actes juridiques et autres documents d’assurance, “où la clarté est souvent optionnelle” et "les informations importantes écrites en tout petit en bas après deux astérisques" ;
✅ la clarification des différences et autres nuances entre les termes ‘optionnel’, ‘facultatif’ et ‘à votre charge’, jugées “source de malentendus notables et récurrents ;
✅ la suppression des doubles négations, sauf dans les cas où elles sont “culturellement inévitables”, comme dans les repas de famille par exemple, ou si on ne peut les empêcher dans le respect du principe selon lequel nul n'est censé ignorer la loi, ou ne peut être considéré comme ne pouvant ignorer ce qu’il n’a pas été formellement informé de ne pas devoir méconnaître.
✅ la traduction directe en bas des certificats médicaux, en vue d'enfin permettre un contrôle des absences cohérent en termes d'efficience professionnelle, quel que soit le secteur d'activité, sauf ceux explicitement non mentionnés dans l'instruction 2 bis alinéa 5 TER de la nomenclature.
Selon les promoteurs du projet, il ne s’agit pas d’imposer une norme, mais de “rappeler que la langue n’est pas un labyrinthe, même si certains semblent régulièrement s’y perdre”.
Un membre du groupe de travail, qui préfère rester discret, aurait confié :
« On ne veut pas simplifier le français. On veut juste éviter que les gens aient besoin d’un dictionnaire pour comprendre une affiche de signalisation de travaux temporaires d'un côté d'une rue où le stationnement serait interdit les semaines paires des mois en -BRE, excepté les années bissextiles.
[...] il est temps de permettre à tout un chacun de comprendre les termes essentiels de tout écrit, même lorsque ceux‑ci relèvent d’une formulation dont la clarté n’a jamais été formellement établie comme obligatoire. C'est une question de bon sens et d'équité."
Le Conseil pourrait voir le jour en 2037, “le temps de rédiger un premier document clair, net et précis… qui ne nécessitera pas trois relectures pour être compris avant une étude approfondie permettant de le mettre en application avant la date butoir du décret adopté par le Parlement de la région dans laquelle il doit entrer en vigueur”.
Une précision qui, selon plusieurs sources, flotte encore quelque part entre deux eaux. 🐟