07/08/2026
🎧 DEPUIS QUAND ÊTRE DJ EST DEVENU UN CONCOURS ?
Le meilleur matériel.
La meilleure technique.
Le meilleur style.
Le meilleur parcours.
Le « vrai » DJ contre le « faux » DJ.
Depuis quand faut-il constamment prouver qu’on mérite d’être derrière des platines ?
Tu mixes sur vinyles ?
➡️ T’es un boomer, un ringard.
Tu mixes sur contrôleur ?
➡️ T’es pas un vrai DJ.
Tu joues sur CDJ et USB ?
➡️ T’es un « air DJ ».
Tu utilises les nouvelles technologies ?
➡️ C’est trop facile.
Et si tu es une femme derrière les platines…
➡️ Pour certains, tu dois encore davantage prouver que tu as ta place.
Mais à quel moment la musique est-elle devenue une compétition ?
La musique, c’est avant tout du partage.
Un DJ peut passer des heures à préparer un set. Chercher des morceaux, découvrir des artistes, dénicher une pépite, construire une sélection, créer une émotion et faire danser un public.
Et ça, aucun matériel ne peut le mesurer.
Ce qui est assez hallucinant, c’est de voir certains artistes qui ont marqué et continuent de marquer des générations se faire massacrer sur les réseaux par des gens qui semblent avoir pour seule compétence… de commenter.
Prenons David Guetta.
On peut aimer ou ne pas aimer sa musique, son style ou ses choix artistiques. C’est totalement subjectif.
Mais remettre en question sa légitimité alors qu’il a atteint un niveau mondial et rempli trois fois le Stade de France… il faut quand même se poser deux secondes la question.
Même chose avec Deborah de Luca.
Des années de carrière, des tournées internationales, des salles et des festivals remplis, une identité musicale reconnaissable… et malgré ça, elle continue de subir des insultes et des commentaires sur sa légitimité, souvent simplement parce qu’elle est une femme.
Et puis il y a une autre réalité dont on parle beaucoup moins : le travail invisible.
Je vais parler de moi, parce que je sais exactement ce que je fais et le temps que j’y consacre.
Être une femme à la tête de la programmation d’une radio musicale, ce n’est pas simplement appuyer sur « play ».
C’est chercher.
Chercher pendant des heures. Écouter des centaines de morceaux. Découvrir de nouveaux artistes. Comparer, sélectionner, écarter, recommencer.
C’est passer des heures innombrables à faire mes recherches dès que j’ai un moment de libre, sans personne derrière moi pour me dire quoi choisir et sans personne pour faire ce travail à ma place.
Je le fais seule, parce que c’est ma passion.
Parce que j’aime découvrir.
Parce que j’aime défendre des artistes.
Parce que j’aime faire découvrir de nouvelles productions.
Et surtout parce que je crois profondément qu’une programmation musicale doit être vivante, curieuse et en constante évolution.
Et malgré tout ce travail, il y aura toujours quelqu’un pour salir, dénigrer ou expliquer que ce que tu fais ne vaut rien.
Et parfois, j’ai surtout l’impression que parce que tu es une femme, certains cherchent encore davantage la petite faille pour remettre en question ta légitimité.
Mais ma légitimité, je ne la dois pas à leurs commentaires.
Je la construis chaque jour, morceau après morceau, artiste après artiste, heure après heure.
Alors oui, on peut ne pas aimer mes choix.
On peut ne pas aimer un artiste.
On peut ne pas aimer un set.
On peut préférer le vinyle aux CDJ, le contrôleur aux platines, la techno à la house, la trance à l’électro.
Mais ça ne nous donne pas le droit de rabaisser ceux qui font différemment.
Parce qu’au final, le public ne vient pas voir ton matériel.
Il vient vivre quelque chose.
Alors arrêtons cette guerre permanente entre les « vrais » DJs et les autres.
Il n’y a pas une seule manière d’être DJ.
Il n’y a pas une seule manière de vivre la musique.
Il y a simplement des passionnés qui ont choisi des chemins différents pour faire vivre la même chose :
🎶 LA MUSIQUE.