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18/10/2024

La veille de son premier voyage pour poursuivre ses études en ville, une mère fait ses dernières recommandations à son fils. (Extrait du roman Le rescapé de la dépendance)

“ Lorsque je revenais de la do**he, je vis ma mère somnolente. Je lui fis savoir que j'étais revenu. Elle me demanda de m'asseoir auprès d'elle, sur une natte. Ce que je fis. Elle prit la parole en ces termes :
-« Ton oncle, mon frère Gnolé, qui va t'accompagner demain, m'avait une fois dit qu'il avait lu dans un livre d'un monsieur appelé Amadou Hâmpaté Bâ, ceci : « Si un jeune homme s'expatrie et qu'à l'étranger il ne trouve pas un père et une mère, c'est qu'il n'aura pas su être le fils qu'il faut. » Je te le dis pour que tu saches que c'est ton comportement qui déterminera ton avenir. La dame chez qui tu vas, même si elle est ta tante, vous n'avez jamais cohabité. Fais fi de beaucoup de choses si tu veux aller loin dans la vie. Saches qu'il est dit chez nous que si tu veux regarder dans l'oreille du cabri, tu ne mangeras jamais sa tête. Tu vas à la ville pour un objectif : celui de réussir tes études pour devenir un grand homme, un homme socialement accompli comme Dalato, le maire et mon grand frère Gavah, l'ingénieur. Tu connais mon problème : dès mon jeune âge, j'avais touché à un gris-gris dont le sort ne m'était pas destiné, mais qui m'a quand même, à la longue, donné une maladie de cœur qui ne cesse de ressurgir toutes les fois que je suis en contact avec le feu pendant un long moment. Les nombreuses charges de ton oncle Gavah ne lui donnent aucune occasion de se pencher sur mon cas pour m'administrer des soins adéquats. A partir d'aujourd'hui, je voulais que tu saches que tu resteras mon unique espoir. Va et reviens-moi avec le plus grand diplôme de nos universités, c'est lui seul, mon fils, qui t'ouvrira les portes auxquelles tu auras à frapper dans cette république des waliwahikô. L'expérience et l'observation m'ont fait découvrir que l'on ne gagne jamais en négligeant ce que l'on fait. Fais toujours entièrement, bien, et au moment où il faut, ce que tu dois. Refuse la procrastination. Accomplis tes tâches du jour en même temps sans jamais les remettre au lendemain, et ce, dans un souci d'efficacité. Ne confie jamais ton destin à ton ami. Aie toujours de la retenue. Lui dire la totalité de tes actes, pourrait mettre au grand jour son caractère démoniaque, s'il ne se découvre pas tes qualités. Lorsque tu donnes des informations sur toi à l'autre, il se sait, il te sait, mais toi, tu ne le sais pas. Et cela constituera ton point faible vis-à-vis de lui, car celui qui détient ton secret te tient ; il te manipulera à sa guise, et tu perdras toute personnalité en sa présence, de peur qu'il ne dévoile ton message que tu lui as délibérément confié. Sache que si le poisson ne dit pas qu'il a aussi chaud bien qu'étant dans l'eau, personne ne le saura. C'est ce que tu auras dévoilé qui sera su. Retiens que le péché se trouve aussi bien dans la pensée que dans les paroles. Use d'assez de prudence dans tes actes. Sache choisir tes amis. « Si la viande fraîche est tabou pour toi, ne te lie pas d'amitié avec la panthère », disaient nos aïeux. Attache-toi aux personnes qui peuvent t'aider à t'élever sur tous les plans. Fais toi des amis dans tous les secteurs d'activité de sorte que tu sois une personne de référence dans quelque assemblée que tu fréquenteras. N'oublie jamais que « le bœuf s'attache à du bois dur ». Suis les bons exemples et fais fi de ceux qui sont à proscrire. Sache amadouer les gens par des présents. Un homme, quel que soit son statut social, succombe toujours aux cadeaux. Fais-en ton cheval de bataille. Dans tes rapports avec ceux qui ont de l'argent, aie toujours ta part à apporter lorsqu'il s'agira de contribuer à une cause commune. Certains d'entre eux regardent comme des profiteurs ceux qui n'ont pas de grands moyens ; il faut donc prendre des initiatives lorsque tu es en leur compagnie sans jamais mettre ton intérêt en amont. Sinon, ils te retireront de leur carnet d'adresses sans te le signifier ; tu le sauras de par leur indifférence soudaine à ton égard. Ils n'auront recours à toi que pour te demander un service qu'ils te crois seul capable à pouvoir le leur rendre. Dans quelque groupe où tu te trouveras, n'opprime jamais les autres par ta position que tu y occuperas. Fais toujours comprendre tes idées à l'autre avec respect et considération. Cherche à convaincre par la force de tes arguments et non à t'imposer par la force des muscles ou par ton pouvoir. Ne permets jamais que ton image soit ternie pour quelque motif que ce soit. « On ne désigne jamais son village de la main gauche ». Celui qui le fait, perd toujours. Méfie-toi des femmes. Il y en aura qui te soutiendront dans ton combat pour la réussite sociale ; il y en aura qui te regarderont inactives, t'échiner à grandir et il y en aura qui se disposeront à venir profiter de ce tu as construit seul. Oui, épouse celle qui ne portera pas en bandoulière l'autonomie que donne l'école occidentale aux femmes, pour gouverner ton foyer. La bonne femme, c'est celle qui sait s'effacer au profit de son homme. Prends celle qui te respectera, qui aura la crainte de Dieu et que tu aimeras de tout ton cœur. Elle sera celle pour qui tu me quitteras, un jour, pour que vous deux vous puissiez former une seule chair. N'envie jamais la friandise de ton prochain. Tel l'arbre qu'on abat et qui tombe du côté sur lequel il se penche, l'homme se laisse toujours emporter par ses vices. Sache doser tes passions d'un peu de raison. Quel que soit le travail que tu feras, mon fils, sache que c'est de l'eau boueuse que tu auras trouvée. Cette eau dessèchera au contact des problèmes que tu rencontreras. Pour avoir l'eau pure, intarissable, source de vie à laquelle tu t'abreuveras et s'abreuveront les enfants de tes enfants, tu seras amené à percer le rocher qui fait barrière à la nappe souterraine. Et cet effort que tu fourniras n'est rien d'autre que l'investissement. Oui, la vraie acquisition de la fortune passe par l'investissement. Le salaire mensuel ne rend pas riche, mais on peut devenir riche à partir de lui. Ton oncle, Gnolé me disait aussi qu'un penseur appelé Robert Kiyosaki, affirmait : « le salaire mensuel est une solution à court terme pour un problème à long terme. » Cet homme n'avait pas tort. Dans la gestion de ton futur salaire, je te conseille de toujours t'adosser à un budget familial et de mettre essentiellement l'accent sur ce qui est important et non sur ce qui est urgent. Évertue-toi à lutter contre cette gangrène qu'est la pauvreté. Ne la souhaite jamais à quelqu'un, même à ton pire ennemi. Elle est source de conflit, de mésentente, de discrimination, de rébellion, de terrorisme, de guerre, de mort... dans le monde. Les véritables armes contre elle sont la force psychologique et l'esprit d'initiative. Un autre auteur que citait ton oncle, nommé James Baldwin, disait à propos : « Quiconque a lutté contre la pauvreté sait comment il est extrêmement coûteux d'être pauvre. » Mon garçon, sois soumis à ta hiérarchie dans quelque service où tu te trouveras. Sois humaniste envers ton prochain. Témoigne ta loyauté à ta patrie. Recherche toujours, dans tes actes, à remporter la palme de l'excellence ; le mérite ne se vend pas, il s'acquiert par l'abnégation et le dévouement à la tâche à rendre. Préfère toujours celui qui t'apprends à pêcher à celui qui te donne du poisson tout cuit. Fais ta propre expérience ; ne vis pas dans l'illusion de celle de l'autre, mais tu peux juste t'en inspirer. Évite d'être la risée des autres : sois propre, prends soin de ta famille, accorde à tes enfants toute l'affection qu'ils méritent. Donne toi les moyens de les scolariser . L'école est un investissement sérieux dont les fruits sont savoureux pendant les vieux jours. Beaucoup de pauvres ne le savent pas, c'est pourquoi ils ne se surpassent pas pour assurer avec aisance l'avenir scolaire de leur progéniture. Nombreux d'entre eux préfèrent, pour leur propre sang, des investissements de fortune et à court terme. A contrario, les riches, surtout ceux qui côtoient les grands défis de leur temps, savent que l'école, la bonne école, celle qui soustrait l'enfant de la masse, est un sésame dans tous les domaines de la vie. Pour cela, ils ne font pas prier pour décaisser d'importantes sommes d'argent pour la formation de leurs rejetons dans de prestigieuses écoles et universités du monde. Retiens que si tu négliges l'avenir de tes enfants aujourd'hui, le temps te fera écho demain de ce que tu as manqué un impérieux devoir de père. Cherche à former des projets de vie et non de circonstance. Fixe-toi un objectif clair qui te permettra de forger un caractère d'homme. Pratique du sport et contrôle ton alimentation pour avoir une longue vie, pour ne pas être victime de ces maladies de derniers jours qui condamnent à résidence. Ta vie est entre les mains de Dieu, mais c'est toi qui la gère au quotidien par les actes que tu poses. Dans toute médiation, n'aie jamais de partie pris, mais cherche à être toujours du côté de la vérité. C'est ce qui te fera grandir, le contraire te rabaissera. Couronne tous tes actes par la crainte véritable de Dieu. Mets-le au premier plan sur tous tes agissements. Ne te fie pas à la magie déviationniste des devins. Devant chaque situation, entre en toi-même, en conformité avec le créateur suprême. Aucune religion n'est au-dessus de Dieu. Refuse de végéter entre les croyances, les doctrines, les idéologies des Hommes. Adopte-une, selon tes critères, mais sans oublier d'où tu viens. Sinon tu paraîtras un vase vide que l'on balance et contrebalance au gré des circonstances. Adore le créateur ; honnore-moi ta mère, ainsi que la mémoire de ton père ; respecte ton semblable ; accorde du prix à notre tradition et à nos us et coutumes. Le grand mal qui ronge les humains, c'est de ne pas savoir dire « non ». Mon gosse, apprends à ne pas t'associer à ce qui te contraindrait. En effet, « manger la canne à sucre avec la honte, c'est prendre le risque de salir ses habits de fête ». Sache aussi, mon fils, qu'il y a un grand bénéfice dans le don que l'on fait, surtout quand il est volontaire. La joie, le bonheur que tu crées dans le cœur de l'autre te reviennent sous forme de lumière qui éclaire ta voie. Contribue donc à ta façon à l'équilibre des choses à la cohésion sociale en pensant et en consacrant une partie de tes revenus aux orphelins, aux nécessiteux, aux veuves, aux grandes malades... Ce ne sera pas un investissement vain, la nature te le revaudra au moment venu. Ton oncle me disait une fois que selon un certain Napoléon Hill, « tout homme puissant, tire sa puissance de lui-même. » Instruits-toi aujourd'hui pour ne pas subir demain. Qu'aucun domaine n'échappe à ta connaissance. C'est à cette condition que tu défendras mieux tes opinions et que tu seras écouté, sinon tu ne vaudras pas un cafard. N'adhère jamais à l'idéologie de politiciens véreux qui ont tendance à clochardiser la jeunesse. Aie tes convictions profondes, et attache-toi à elles dans quelques circonstances qui se présenteront à toi. Use d'assez de tact dans tes rapports avec les hommes publics. Si tu n'as pas la compétence nécessaire pour leur apporter ton expertise dans un domaine précis, tu ne représenteras pas grand-chose à leurs yeux. Mon garçon, fais bon usage de ces conseils que je viens de te donner, grave-les sur la table de ton cœur, ne t'en departis jamais, ils seront le gage de ton existence heureuse sur cette terre des Hommes. Tu as toute ma bénédiction pour aller semer ces graines dans l'inconnu que tu embrasseras dès demain. Cette conversation est notre dernière et sincère entrevue ; je ne pense pas que je serai toujours présente auprès de toi pour t'orienter. Que Le-Pourvoyeur-De-Tout, qui est Celui-Qui-Donne, pourvoie à tes besoins et te donne ce que ton cœur désire. Tu réussiras, mon enfant.
« Tiens, il est deux heures du matin. Va dormir un tout petit peu ; ton oncle sera là à quatre heures trente pour que nous puissions nous rendre à la gare pour ta première aventure à la ville où tu épouseras l'idéologie d'une génération en pleine émergence. »”

, 141-147


Rapaotaaba

09/10/2024

Dans les livres, enfin, j’apprends la grammaire de la liberté grâce aux dieux de ma jeunesse , Sartre, Gide, Malraux, Michaux, Queneau, Breton, Camus. Je me construis à travers eux une forteresse inexpugnable. Nous n'avons pas de télévision, c'est une chance inespérée : je suis contraint à la lecture, j'échappe par l'imagination à l'hébétude, à la noyade dans la bouillie des images. La bibliothèque est un rempart, une arme, elle me protège du monde et m'offre des arguments pour l’affronter. Les livres m'ont sauvé. Du désespoir, de la bêtise, de la lâcheté, de l'ennui. Je suis à cet âge ou l’on s’empoigne à quelques géants que l’on croit comprendre et que l’on rate. Au moins vous ont ils ouvert l’esprit, invité à revenir les visiter. Les grands textes nous hissent au-dessus de nous-mêmes, nous élargissent aux dimensions d'une république de l'esprit. Dans chaque volume, je me quitte provisoirement, j’épouse de nouveaux destins, me hausse à d’autres niveaux d’intelIigence.

Pascal Bruckner, un bon fils, 1992

14/09/2024

Proverbe : "Quand le diable devient vieux, il se fait ermite"

Signification==> Il faut songer à se convertir quand on a passé l’âge des plaisirs.

14/09/2024

" Pourvu que l'on ait une auge, on trouvera les cochons " Alexandre Pouchkine

13/09/2024

La littérature reste le seul moyen opérant pour maîtriser le langage. Et le langage, c’est ce qui est fondamental. Pas seulement pour vous permettre de vous exprimer d’une manière intelligente, nuancée, avec toutes les précisions que vous jugez nécessaires. Le langage, c’est ce qui permet à votre pensée de s’organiser. Le langage, c’est ce qui déploie et structure votre imagination, régit votre sensibilité, vos émotions, vos passions. Et cette richesse, vous ne pouvez pas l’acquérir en regardant la télévision ou en voyant des films : c’est le roman, la poésie, les grands essais qui vous la donnent.
Lire, c’est protester contre les insuffisances de la vie. Lire, c’est se mettre en état d’alerte permanent contre toute forme d’oppression, de tyrannie, c’est se blinder contre la manipulation de ceux qui veulent nous faire croire que vivre entre des barreaux, c’est vivre en sécurité. La littérature vous fait désirer une autre vie, que la vie réelle ne peut pas vous donner, et forge donc des esprits critiques, épris d’idéal, tandis que l’extraordinaire machinerie audiovisuelle est là pour nous amuser et créer des sujets passifs et conformistes. Un monde sans littérature serait un monde sans insolence. Un monde d’automates.

Mario Vargas Llosa, écrivain.

08/09/2024

Ce n'est pas vrai qu'il souffre à cause de toi... il souffre parce qu'il était déjà malheureux avant de te rencontrer.

Ce n'est pas vrai qu'elle déprime parce que ton amour lui manque... elle était déjà déprimée avant de te trouver.

Ce n'est pas vrai qu'il soit devenu jaloux parce que tu es trop sociable... il était déjà jaloux parce que personne ne lui a appris à se valoriser.

Ce n'est pas vrai qu'elle se sente abandonnée parce qu'elle ne te contrôle pas... elle se sentait déjà seule avant d'entrer dans ta vie.

Ce n'est pas vrai qu'il est devenu dépendant parce qu'il "t'aime trop"... il était déjà dépendant et peu sûr de lui avant de t'aimer.

Ce n'est pas vrai qu'elle a besoin de tes baisers pour se sentir en sécurité... elle était déjà en manque d'assurance avant de croiser ton chemin.

Ce n'est pas vrai qu'il veuille toujours être à tes côtés pour te "protéger"... Il était déjà un homme possessif avant de te demander en mariage.

Ce n'est pas vrai qu'elle ne puisse pas vivre sans toi et qu'elle veuille mourir, elle était déjà malade avant d'entrer dans ta vie.

Ce n'est pas vrai qu'il y ait des couples "toxiques" pour personne, ce qui se passe c'est qu'il y a beaucoup de douleur latente.
Et ce travail n'appartient à personne d'autre que toi-même.

08/09/2024

Le SAVOIR.

Socrate croyait que la vraie connaissance commence par admettre l'ignorance. Il disait : "Je sais que je ne sais rien." À travers le dialogue et les questions, je pensais que nous pourrions nous rapprocher de la vérité.

Platon :

Platon, élève de Socrate, croyait que la connaissance vient du monde des idées et des idéaux. Dans la République, il a utilisé l'exemple d'une grotte pour expliquer comment le monde physique n'est qu'une ombre du monde réel qui peut être accessible par le raisonnement philosophique.

Aristote:

Aristote, élève de Platon, croyait que la connaissance venait de l'expérience sensorielle et de l'observation. Je croyais que l'esprit humain pouvait comprendre le monde en recueillant et en analysant des données.

Descartes:

Descartes, le célèbre philosophe français, a dit la fameuse phrase : "Je pense, puis j'existe". Je croyais que la pensée et le doute étaient la base de la vraie connaissance. Pour lui, la raison est l'outil de base pour atteindre la connaissance.

Immanuel Kant :

Kant a essayé de concilier raison et expérience. Je croyais que la connaissance provient de l'interaction de l'esprit avec le monde physique et que nous avons des limites à ce que nous pouvons savoir. Il a dit qu'il y a des choses que l'esprit humain ne peut pas comprendre pleinement, qui sont « la chose en soi ».

John Locke :

John Locke, le philosophe anglais, croyait que l'esprit humain génère un tableau blanc (tabule rase) et que la connaissance provient de l'expérience sensorielle et de l'interaction avec le monde extérieur.

David Hume :

Hume doutait de la possibilité d'obtenir une connaissance vraie et absolue. Je croyais que nos connaissances reposaient sur l'expérience et l'habitude, et que l'esprit ne peut pas atteindre une certitude absolue.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Que vous croyiez que la connaissance provient de la raison ou de l'expérience, comprendre ces points de vue peut ouvrir de nouveaux horizons dans votre pensée.

05/09/2024

"Vivre est un privilège. Ce n’est pas un dû. Alors on doit avoir la politesse, l’élégance, de profiter du fait d’être vivant pour que cette vie soit belle. La conscience de notre privilège doit engendrer un comportement. Une seule question, chaque matin : comment faire en sorte que cette journée qui débute soit belle ?
…On ne doit rien faire par habitude. Toute action doit être soumise à une réflexion. En d’autres termes, le plaisir s’organise. La routine est à proscrire. Il faut comprendre ce qu’on vit et ce qu’on est. On doit être apte à choisir dans le panel des possibles. Il s’agit de piloter sa vie."
Olivier de Kersauson

05/09/2024

« Notre tâche se précise donc ainsi : nous avons à nous affirmer dans le monde actuel ; nous, séculairement assis dans la nuit de l'inanité, nous avons à nous redresser de toute notre stature d'hommes ; nous, depuis si longtemps affairés au service de l'autre, nous avons à nous affairer à notre propre service ; nous dont l'autre a si longuement disposé, nous devons rentrer dans la disposition de nous-mêmes. Et naturellement la décision de nous assumer, de nous affirmer, d'être fiers (nous jusqu'ici si humiliés et si humbles) est en même temps décision d'assumer notre passé, de le valoriser et d'en être fiers. Seulement, une telle décision, pour autant qu'elle veuille introduire une révolution radicale dans notre condition actuelle, exige pour aboutir une rupture elle aussi radicale avec notre passé, puisque cette condition provient rigoureusement et incontestablement de ce passé. La volonté d'être soi conduit immédiatement à la fière reprise en charge du passé, parce que l'essence du soi n'est que le résultat du passé du soi ; mais le passé lucidement et froidement interrogé et scruté atteste que l'assujettissement présent trouve son explication dans la provenance de l'essence du soi, c'est-à-dire, dans le passé du soi, et nulle part ailleurs. Révolutionner la condition présente du soi signifie donc en même temps révolutionner l'essence en soi, ce que le soi a en propre, ce qu'il a d'original et d'unique, entrer dans un rapport négatif avec le soi. »

Marcien Towa

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