11/07/2025
NON, LE FĂMINISME NâEST PAS AFRICAIN. âĄïž
Le fĂ©minisme tel quâil est prĂ©sentĂ© aujourdâhui nâa rien Ă voir avec nos rĂ©alitĂ©s africaines.
Chez nous, les femmes nâont jamais Ă©tĂ© faibles.
On nâa pas attendu que lâOccident invente le mot âfĂ©minismeâ pour que la femme africaine ait du pouvoir.
Dans lâempire du Mali, au temps de Soundiata KeĂŻta au 14 eme siĂšcle, sa mĂšre, Sogolon, nâĂ©tait pas seulement une mĂšre : elle Ă©tait une stratĂšge. Une femme de vision. Câest elle qui a Ă©tĂ© choisie pour donner naissance Ă un roi, pas pour sa beautĂ©, mais pour sa force intĂ©rieure.
Dans lâempire du Dahomey, au 17 eme jusquâau 19 eme siĂšcle, les Amazones nâĂ©taient pas une lĂ©gende. CâĂ©taient des femmes. Des vraies. FormĂ©es au combat, prĂȘtes Ă mourir pour protĂ©ger leur royaume. Elles nâĂ©taient pas âĂ©galesâ aux hommes : elles Ă©taient reines dans leur domaine.
Chez les Akan, chez les BamilĂ©kĂ©, au SĂ©nĂ©gal, au Congo, au Rwanda⊠il y a eu des cheffes dâarmĂ©e, des reines-mĂšres, des diplomates, des guĂ©risseuses, des juges, des nĂ©gociatrices de paix.
à cette époque, on ne parlait pas de quotas.
On ne criait pas pour exister.
On était femme. Et cela suffisait.
Et puis⊠la colonisation est arrivée.
Lâhomme africain a Ă©tĂ© humiliĂ©, appauvri, dĂ©possĂ©dĂ© de sa terre, de son autoritĂ©.
Et la femme, qui tenait la maison, les marchĂ©s, les dĂ©cisions, a Ă©tĂ© relĂ©guĂ©e au rang de âfemme au foyerâ selon le modĂšle occidental.
LâĂ©quilibre a Ă©tĂ© brisĂ©.
Des années plus t**d, on nous a renvoyé une autre idéologie : le féminisme.
Pas le féminisme des femmes africaines puissantes, non.
Le fĂ©minisme dâexportation. Celui qui oppose. Celui qui accuse. Celui qui dit que lâhomme est lâennemi, que le foyer est une prison, que le mariage est une faiblesse.
Mais ce que ces idĂ©ologies ne vous disent pas, câest quâelles ont Ă©tĂ© créées dans des sociĂ©tĂ©s dĂ©jĂ dĂ©sĂ©quilibrĂ©es, marquĂ©es par lâesclavage, la guerre, lâindustrialisation, le patriarcat brutal.
Et aujourdâhui, ce fĂ©minisme produit quoi ?
Des femmes âlibĂ©rĂ©esâ, mais Ă©puisĂ©es.
Des familles brisées.
Des enfants sans repĂšres.
Des hommes dévalorisés.
Est-ce ça notre modÚle ?
Moi, je ne suis pas féministe.
Je suis africaine. Je suis humaine.
Je me bats pour lâĂ©quitĂ©. Pour la justice. Pour la dignitĂ©.
Je me bats pour que chaque femme soit respectée.
Mais aussi pour que chaque homme retrouve sa place.
Je crois au pouvoir complémentaire. Pas au pouvoir conflictuel.
Et si vous croyez que ne pas ĂȘtre fĂ©ministe, câest ne pas aimer les femmes,
alors vous nâavez rien compris Ă notre histoire.
La femme africaine nâa jamais Ă©tĂ© une victime.
Elle a été gardienne des traditions, protectrice des royaumes, moteur de la vie économique.
On ne lui donnait pas du pouvoir. Elle lâexerçait dĂ©jĂ .
Le combat dâaujourdâhui, ce nâest pas dâimiter des modĂšles brisĂ©s.
Câest de rĂ©concilier nos forces, et de nous battre ensemble.
Parce quâau final, câest unis, pas divisĂ©s, quâon construira lâAfrique de demain.
Et ça, câest peut-ĂȘtre ce qui dĂ©range le plus.
Un texte pris sur la page de TalkBy Fanta.