08/01/2026
RĂ©cit dâun procĂšs : Elle couche avec son dragueur inconnu et l'accuse de viol
Jacques (nom dâemprunt), ĂągĂ© de 27 ans, chauffeur de profession et domiciliĂ© Ă Bobo-Dioulasso, comparaissait devant la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso, le mardi 6 janvier 2026 pour rĂ©pondre des faits de viol prĂ©sumĂ©s sur la personne de Safi (nom dâemprunt).
Les faits
Les faits remontent au 15 dĂ©cembre 2025 Ă Bobo-Dioulasso. Ce jour-lĂ , Jacques, de passage dans la ville, affirme avoir sollicitĂ© lâhospitalitĂ© dâun ami, car il ne voulait pas dormir chez lui, en grande famille avec ses frĂšres.
Aux environs de 7 heures du matin, Jacques se prĂ©sente au domicile de cet ami. Câest Ă ce moment quâil croise Safi, une jeune fille qui se rendait Ă son atelier dâapprentissage de couture. Selon les dĂ©clarations Ă la barre, Jacques engage la conversation, lui adresse des compliments et parvient Ă instaurer un climat de confiance.
Il lui propose ensuite de sâisoler pour discuter tranquillement. Tous deux entrent alors dans la maison de lâami de Jacques, situĂ©e dans une cour commune. Ă lâintĂ©rieur, une relation sexuelle a lieu entre les deux protagonistes. Selon le prĂ©venu, leur Ă©bat nâa durĂ© quâune minute.
AprĂšs avoir eu le corps dĂ©tendu, Jacques sâest rendu Ă la do**he pour se rafraĂźchir. Ă son retour, il a constatĂ© que Safi avait des remords et Ă©tait en larmes. Suite Ă ses questions, il nâa obtenu aucune rĂ©ponse de la part de celle-ci. Elle est ensuite partie en lui disant quâelle allait le faire enfermer. Telle Ă©tait sa derniĂšre phrase avant de quitter la maison de Jacques.
AprĂšs quelques minutes, Safi rĂ©apparaĂźt avec un autre inconnu au domicile de Jacques. Ce dernier lui fait savoir que Jacques a abusĂ© sexuellement de Safi en lui faisant des contraintes. Par la suite, le sauveur de Safi a convaincu celle-ci dâaller porter plainte contre Jacques pour son acte. Câest ce qui justifie la dĂ©tention de Jacques Ă la Maison dâarrĂȘt et de correction de Bobo-Dioulasso.
Selon Jacques, lâacte Ă©tait pleinement consenti. Il affirme que Safi ne sâest ni dĂ©battue ni opposĂ©e, allant jusquâĂ se dĂ©shabiller elle-mĂȘme et lui demander de ne pas Ă©jaculer sur elle, par crainte dâune grossesse.
La version de la plaignante
Ă lâinverse, Safi soutient avoir Ă©tĂ© contrainte. Elle affirme que Jacques a commencĂ© Ă la caresser sans son consentement et quâil a eu un rapport sexuel avec elle par la force. Elle explique nâavoir pas criĂ© fort, mais avoir simulĂ© des difficultĂ©s respiratoires afin quâil cesse.
Les interrogations du tribunal
Ă la barre, les juges relĂšvent plusieurs zones dâombre dans le rĂ©cit de la plaignante. InterrogĂ©e, Safi reconnaĂźt quâelle ne connaissait pas Jacques avant ce jour-lĂ . Elle admet Ă©galement sâĂȘtre assise Ă cĂŽtĂ© de lui sur le canapĂ© et ne pas avoir quittĂ© les lieux malgrĂ© son malaise initial.
â Tu connaissais Jacques auparavant ?
â non, câest le mĂȘme jour quâon venaient de se rencontrer.
â Une fois Ă lâintĂ©rieur, quâas-tu fait ?
Elle rĂ©pond quâelle sâest assise sur le canapĂ©, que lui aussi Ă©tait Ă cĂŽtĂ© dâelle, et quâil a commencĂ© Ă la caresser. Elle dit avoir trouvĂ© cela bizarre, car il lui avait dit que câĂ©tait pour causer.
â Pourquoi nâas-tu pas criĂ© ou rĂ©sistĂ© ?
Elle rĂ©pond quâelle a criĂ©, mais pas fort. Câest pour cela quâaprĂšs son premier acte, il voulait recommencer. Elle dit avoir simulĂ© des difficultĂ©s respiratoires pour quâil la laisse tranquille.
Les membres du tribunal ajoutent : Nous pensons que câest parce que Jacques nâa pas trop durĂ© sur toi que tu Ă©tais frustrĂ©e ?
Elle rĂ©pond non, quâelle a Ă©tĂ© forcĂ©e et quâelle a mĂȘme pleurĂ© aprĂšs.
â Quel Ăąge as-tu et est-ce ta premiĂšre fois dâavoir des rapports sexuels ?
Elle rĂ©pond quâelle a 14 ans et quâelle a dĂ©jĂ entretenu un rapport sexuel avec un homme.
â Ătait-ce ton copain ?
Elle répond oui.
â Sais-tu que tu nâas pas lâĂąge de courtiser des hommes jusquâĂ entretenir des rapports sexuels ?
Elle baisse la voix et semble avoir honte.
La position du parquet
Au regard des dĂ©bats, le parquet estime que les Ă©lĂ©ments constitutifs du viol ne sont pas rĂ©unis, notamment lâexistence de contrainte ou de violence. En revanche, le ministĂšre public considĂšre que les faits peuvent ĂȘtre requalifiĂ©s en attentat Ă la pudeur sur mineure, lâĂąge de la plaignante Ă©tant Ă©tabli.
Le parquet sollicite ainsi la requalification des faits et requiert contre Jacques une peine de 36 mois dâemprisonnement dont 24 mois ferme, assortie dâune amende de 500 000 FCFA dont 250 000 FCFA ferme.
La décision du tribunal
AprĂšs dĂ©libĂ©rĂ©, le Tribunal, estimant que le doute subsiste quant Ă lâexistence dâune infraction pĂ©nale caractĂ©risĂ©e, dĂ©cide de renvoyer Jacques des fins de la poursuite au bĂ©nĂ©fice du doute. Les frais sont mis Ă la charge du TrĂ©sor public.
Justice Infos Burkina