04/06/2026
| Et si notre plus grand complexe était de vouloir ressembler aux autres ?
En Afrique de lâOuest, beaucoup de choses sont encore jugĂ©es selon des standards qui ne sont pas les nĂŽtres.
Lâaccent, la façon de sâhabiller, lâarchitecture, la dĂ©coration, lâart, le design, la communication⊠tout semble devoir recevoir une validation extĂ©rieure avant dâĂȘtre considĂ©rĂ© comme rĂ©ussi.
Celui qui parle un français parfait est souvent perçu comme plus compĂ©tent. Celui qui sâexprime avec un accent local ou privilĂ©gie sa langue maternelle est parfois regardĂ© de haut. Pourtant, pourquoi devrions-nous avoir honte de ce qui nous identifie ?
Dans nos maisons, nos bureaux et nos villes, les modĂšles occidentaux dominent largement. Un rĂ©frigĂ©rateur est moderne, un canari est traditionnel. Mais pourquoi lâun reprĂ©senterait-il automatiquement le progrĂšs et lâautre le re**rd ? Qui a dĂ©cidĂ© que notre esthĂ©tique devait toujours ĂȘtre comparĂ©e Ă celle des autres ?
Le mĂȘme phĂ©nomĂšne existe dans la crĂ©ation. Un logo, une Ćuvre dâart, un visuel ou un projet inspirĂ© de nos rĂ©alitĂ©s est souvent accueilli par une question implicite : « Pourquoi ce nâest pas comme ailleurs ? »
Comme si la réussite consistait uniquement à reproduire ce qui se fait déjà .
Ă force de vouloir atteindre un modĂšle que personne ne dĂ©finit clairement, nous finissons par Ă©touffer notre propre imagination. Or, lâinnovation ne naĂźt pas de la copie. Elle naĂźt de lâidentitĂ©.
Quand la Coupe du Faso, le logo de la FBF ou dâautres crĂ©ations locales sont systĂ©matiquement critiquĂ©s, on a parfois lâimpression que le problĂšme nâest pas la qualitĂ© du travail, mais le fait quâil ne ressemble pas suffisamment Ă un modĂšle Ă©tranger.
Le monde nâattend pas une Afrique qui imite. Il attend une Afrique qui apporte sa diffĂ©rence.
Le jour oĂč nous apprendrons Ă valoriser nos rĂ©fĂ©rences culturelles avec la mĂȘme fiertĂ© que les autres valorisent les leurs, nous cesserons de courir derriĂšre des standards et commencerons Ă imposer les nĂŽtres.
La vraie question nâest donc pas : âSommes-nous au niveau ?â
La vraie question est : pourquoi cherchons-nous encore Ă ĂȘtre validĂ©s par le regard des autres ?
- Dose Sociale