19/07/2021
Éditorial
Jusqu’à la fin des temps on ne finira pas de parler de choc de culture. À cet effet, les anecdotes et les mots d’esprit ne manquent pas, tant la question s’est toujours située au cœur des plus grands débats sur l’intégration et la civilisation. Le nombrilisme, procède de cette tendance culturelle et de politiques hégémoniques propres à certains Peuples et Nations. Le nombrilisme consiste de la part de ces Nations à se prendre pour le centre d’un monde que nous avons tous en commun. Cette hégémonie culturelle, imposant leur modèle de développement, les poussant à s’arroger le droit de domination et de rejet des autres cultures et traditions humaines. Un mal civilisationnel, dans un contexte de multiculturalisme et de mondialisation où développement rime avec changement et libertinage outrancier.
Et cependant, ‘‘le bon goût c’est mon goût’’ dirait l’autre! Peut-on en effet avec la langue de sa culture goûter à celle des autres Nations et en apprécier toute la quintessence ? Assurément non et ce n’est ni Hi**er, ni Obama qui nous diraient le contraire. Alors que le premier était bien convaincu que l’archétype de l’humain était l’Allemand, le second, lui, avec la sincérité des plus candides avait suggéré au Président Maki Sall la légalisation du mariage gay au pays des Mourides: une communauté islamique très conservatrice.
Face à ce colonialisme culturel, l’Afrique noire reste plus que fragile: ‘‘Poreuse’’, ‘‘Pauvre’’ et ‘‘conservatrice’’, elle n’a pas pour tradition ni de morceler le temps ni de disséquer le collectif et d’en appréhender les unités pour fonder le groupe. Plutôt communautariste, sa tradition à elle, est de fondre l’unité dans le collectif pour mieux l’intégrer à la communauté.
Ce faisant, le droit individuel procède et se déduit du droit collectif en le sens qu’il lui est totalement dépendant. Ainsi, toute expression contraire à celle de la communauté est perçue naturellement telle une déviance, un désordre, un délit et pour ce faire, répréhensible.
Pauvre des plus pauvres, les pays noirs africains peinent à se hisser au rang de peuples et de Nations développés. Mais leur est-il possible, le développement dans le prisme de civilisation aux valeurs bien souvent aux antipodes des leurs ? Sauront-ils un jour savourer le bien être de Mœurs et de Cultures qui ne seront jamais les leurs; seraient-ils et au forceps et à leurs traditions et cultures défendant en être greffées?
Greffés ? Oui les africains noirs le sont tant et si bien que bien malin qui pourrait séparer non sans peine le greffon de la plante mère. Et, comme le dit si bien HUYNH Cao Tri: « Une société, pour se développer, doit commencer par ne pas cesser d'être elle-même; car ce qui n'existe plus ne se développe pas »
Hors de sa sacralité, le ‘‘Noir’’ se meurt à tel point que dire qu’il est en voie d’extinction n’est pas une aberration. Pire, pusillanimes, nous assistons tous au drame, ou tous y contribuons allègrement dans l’ignorance des plus perfides qui soit. Dans un silence aveugle et acculturant, croyons-nous préférer et aimer notre patrie; nous n’avons pas trouvé incongru de baptiser son quartier jadis le plus chic ‘‘Petit Paris’’.
Pas étonnant qu’un de nos fiers chansonniers traditionnels n’ait trouvé de nom à la hauteur de sa notoriété que celui de ‘‘Farancé’’. Baragouiné dans un accent enfoui dans ses profondeurs linguistiques de Moaga, il a voulu par-là, signifier que lui, surpassait ses congénères au point d’être comparable aux Français. Lui, un N***e bon teint tout balafré mais pas fier de l’être. Ainsi, en est-il des portes flambeaux de nos cultures et de nos identités nationales. Ils s’hybrident de par leur nom d’artiste, à défaut de n’être pas nés blanc pour semble-t-il mieux nous représenter. Pas fier d’être ce que l’on est de nature ni de tradition ! Savons-nous alors, pourquoi nos enfants ont commencé à se dépigmenter la peau, adoptant des mœurs étrangères, se déculottant sans pudeur et sans vergogne ? Faut-il aussi s’étonner que le ridicule cesse de tuer et que le mot ‘‘honte’’ soit vain pour les enfants de ceux qui pour peu qu’ils se sentaient humiliés buvaient sereins et sans contrainte la ciguë ?
Enlacé dans ses traditions, Zuma l’ancien Président de l’Afrique du sud avait bonne conscience avec ses nombreuses femmes. Cette polygamie si scandaleuse aux yeux du monde occidental qui cependant peut comprendre et même tolérer les relations extraconjugales et homosexuelles de leurs exemplaires et très respectables présidents. Tout autant, l’homosexualité, l’adultère ou la polygamie seraient-ils autrement perçus, tolérés ou exécrés en fonction non de nos appartenances soit disant raciales mais plutôt en fonction de nos cultures et traditions !
Pour autant, le monde n’est pas retourné d’une culture à l’autre. En vérité, comment le serait-il dans un univers dont la nature est d’être coloriée de nos différences culturelles. Pourquoi le monde chavirerait pour causes de nos différences identitaires quand elles ont valu aux Chinois, aux Japonais, aux arabes et aux indiens d’être chacun ce qu’ils sont sans pour autant en être moins civilisé.