05/08/2026
FILLES ET TECHNOLOGIE
Elles codent, innovent et entreprennent : les jeunes Burundaises au cœur de la transformation numérique
Longtemps considérés comme des domaines réservés aux hommes, les métiers des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) connaissent aujourd’hui une évolution encourageante. Au Burundi, de plus en plus d’initiatives ouvrent la voie aux jeunes filles, leur permettant de développer des compétences numériques, d’innover et d’entreprendre dans un secteur devenu incontournable pour le développement économique.
Le numérique transforme déjà la manière d’apprendre, de travailler, de produire et d’innover. Dans ce contexte, l’inclusion des filles ne relève plus seulement de l’égalité des chances : elle constitue un véritable levier de développement. Former davantage de jeunes femmes aux métiers du numérique, c’est élargir le vivier de talents capables de répondre aux défis du Burundi de demain.
Cette ambition se concrétise à travers plusieurs initiatives nationales. En mars 2026, le deuxième camp de codage de l’African Girls Can Code Initiative (AGCCI III) a été lancé au Centre CEFORE-RUSI, dans la commune de Shombo, en province de Gitega. Organisé par ONU Femmes Burundi, en collaboration avec les ministères en charge de l’Économie numérique, de l’Éducation et du Genre, ce programme offre à des jeunes filles venues de différentes provinces une formation intensive en programmation, innovation numérique et leadership.
Pendant deux semaines, les participantes découvrent différents langages de programmation et outils informatiques, tout en développant leur créativité, leur esprit critique, leur capacité à résoudre des problèmes et leur aptitude à travailler en équipe. Au-delà des compétences techniques, le camp vise à renforcer leur confiance en elles afin qu’elles puissent devenir les futures leaders de la transformation numérique.
Les témoignages des participantes illustrent parfaitement l’impact de cette initiative. Pour certaines, il s’agit de leur première expérience en programmation. Elles y découvrent non seulement les bases du codage, mais aussi de nouvelles perspectives professionnelles. Plusieurs affirment vouloir devenir ingénieures en informatique, développer des solutions pour leurs communautés ou encore transmettre les connaissances acquises à d’autres jeunes filles.
Le changement est également culturel. Une participante explique qu’avant d’intégrer le programme, elle pensait que la technologie était un domaine réservé aux garçons. Aujourd’hui, elle est convaincue que les filles ont toute leur place dans cet univers et peuvent elles aussi innover, diriger des projets technologiques et créer des entreprises numériques.
Cette dynamique rejoint d’autres initiatives menées au Burundi pour renforcer l’écosystème de l’innovation. L’accès à des infrastructures adaptées, à Internet, à des laboratoires de prototypage, à des formations en intelligence artificielle et à un accompagnement entrepreneurial constitue aujourd’hui un facteur déterminant pour réduire les inégalités entre les sexes dans les métiers du numérique.
Lorsqu’elles disposent des mêmes opportunités, les jeunes femmes démontrent qu’elles peuvent concevoir des solutions innovantes répondant aux besoins de leurs communautés.
Au Burundi comme dans de nombreux pays africains, les filles restent encore sous-représentées dans les filières STEM. Pourtant, les initiatives telles que l’AGCCI montrent qu’en investissant dans leur formation, leur leadership et leur autonomie numérique, il est possible de réduire progressivement cette fracture et de construire une génération de femmes capables de contribuer pleinement à l’économie numérique.
Une jeune fille qui apprend à coder aujourd’hui pourra demain créer une start-up, développer une application utile à sa communauté, générer des emplois et inspirer d’autres jeunes à suivre le même chemin.
L’avenir numérique du Burundi se construira avec ses jeunes. Et cet avenir sera d’autant plus innovant que les filles y occuperont toute leur place.