25/01/2026
Justice pénale au Bénin
Alofa et Amoussou, les oubliés de la nation ?
(Le nouveau Président du TPI de Cotonou très attendu)
Avec le départ acté de Dossa Guillaume Lally pour la Cour spéciale des affaires foncières comme conseiller à la chambre d’appel, c’est le Magistrat Adelain Armel Azodogbèhou qui prend dans les prochaines heures, les rênes du Tribunal de Première Instance de Cotonou. Ainsi en a décidé le Conseil des ministres de 21 janvier dernier. C’est donc au nouveau Président de cette juridiction de 1ère classe, de convoquer à son rôle, les dossiers laissés en suspens par son prédécesseur. Entre autre dossier brulant et qui peine à connaitre un dénouement judiciaire, l’affaire Disparition présumée puis Assassinat de Pierre Urbain Dangnivo, qui agite le Bénin depuis plus de 15 années.
La dernière audience relativement à ce dossier remonte au 25 avril 2025, après une série de comparutions et d’auditions de témoins, de sachants, d’experts et des présumés coupables en détention depuis plus de 15 ans. La suspension observée avait renvoyé à une prochaine audience prévue pour se tenir 2 semaines plus t**d.
Une constance dans ce dossier, les analyses médicales croisées d’experts sur la base de prélèvements humains effectués, ont révélé que Pierre Urbain Dangnivo ne vit plus. Seules les conditions de son enlèvement puis de son assassinat; restent à élucider. Le tribunal de Cotonou, dans ses sessions criminelles à rebondissement, peine à situer les responsabilités de présumés coupables dans ce dossier qui a failli embraser le Bénin sous le premier quinquennat de Boni Yayi.
A la barre, lors des audiences précédentes, la question restée non encore résolue, est comment établir un lien quelconque entre les présumés coupables et les faits qualifiés de disparition puis assassinat d’un cadre émérite de l’administration des Finances béninoise. Mais l’autre énigme est aussi liée à l’arrestation ou non du principal accusé Codjo Alofa, avant que ne soit constatée cette disparition. Et là-dessus, ni le Commissariat de Godomey Xwlacomey, ni les autorités policières ayant enquêté sur le dossier, n’ont pu faire la moindre lumière sur cette déclaration de Dame Yvonne qui a soutenu à la barre, avoir été victime du braquage de sa moto par le sieur Alofa, lequel sera arrêté suite à la clameur publique.
La Composition avant d’ordonner la suspension, avait souhaité voir comparaitre à nouveau des sachants et témoins ayant déjà déposé mais qui visiblement, doivent éclairer encore plus, la lanterne du Tribunal.
La partie civile avait dans ses demandes, souhaité entendre les éléments de la garde présidentielle présents à la Présidence de la République, la nuit même de la disparition supposée de Pierre Urbain Dangnivo. Une demande dont le ministère public n’en avait pas perçu l’importance mais qui paraissait utile à la partie civile, pour mieux cerner les contours de ce dossier.
Autre demande formulée par les Avocats de la défense et de la partie civile, la comparution de professeur Agbossou, mari de feue Bernadette Sohoudji. Mais aux dernières nouvelles, le mari est aussi décédé, sans pouvoir être entendu, pour savoir dire à la Cour si le décès de son épouse, l’ancienne Ministre avait un quelconque lien avec le dossier Dangnivo.
La suspension observée pour 2 semaines et qui devrait reprendre le 13 mai d’accord-parties au procès, ne fait que se prolonger indéfiniment.
Et pendant ce temps, les présumés coupables croupissent dans les maisons d’arrêt, fatigués certainement par les nombreux recours devant les juridictions de haut niveau, dont les réponses ne font rien voir poindre à l’horizon.
Les avocats de la partie civile et de la défense, certainement épuisés eux aussi par le délai d’attente et de latence du dossier, et le poids des autres dossiers qu’ils doivent gérer dans leur cabinet respectif, ne semblent plus donner quelque espoir de dénouement à leurs clients en détention, pour la défense ; aux membres de la famille Dangnivo ; qui espèrent savoir qui est l’assassin de leur frère, père, oncle et grand-père, afin de pouvoir faire le deuil de leur fils.
Pour l’heure, le peuple béninois quelque peu satisfait des réformes apportées dans le secteur de la justice, attend que des justiciables qui croupissent derrière les barreaux, puissent être situés sur leur sort, dans une parfaite administration de la justice.
La Commission béninoise des droits de l’Homme est interpellée au même titre que Amnesty International, la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale, le Ministre de la Justice, la Société civile et l’ensemble des organismes internationaux garants du respect des Droits de l’Homme de par le monde.
Une seule et légitime attente : A quand le dénouement de ce rocambolesque dossier qui remonte aux années 2010 et dont la liste des plausibles témoins chaque jour, s’amenuise au gré de Thanatos ?