04/09/2026
En Côte d'Ivoire, construire des logements ne suffit plus, il faut d'abord trouver qui peut les payer
La Côte d'Ivoire fait face à un déficit estimé à plus de 800.000 logements, dans un contexte d'urbanisation rapide et de forte pression démographique à Abidjan. Mais la crise du logement ivoirien ne se résume plus à la capacité de bâtir. Elle bute désormais sur un obstacle plus profond : la solvabilité des ménages et la disponibilité de ressources financières longues.
Un logement construit ne devient réellement accessible que lorsqu'un ménage peut le financer. Or une part importante des actifs ivoiriens tire ses revenus d'activités informelles, ce qui complique l'accès au crédit bancaire traditionnel. Le coût du foncier, les délais de construction et le niveau des taux d'intérêt s'additionnent pour maintenir une partie significative de la population hors du crédit hypothécaire classique.
La question du financement remonte toute la chaîne de valeur. La ligne de crédit de 10 milliards de FCFA accordée en juillet 2026 par la BIDC à la Banque de l'Habitat de Côte d'Ivoire (BHCI) illustre cette nouvelle approche : soutenir non seulement les acquéreurs finaux, mais aussi les PME du BTP, les fournisseurs de matériaux et les promoteurs dont les capitaux restent immobilisés le temps de la construction et de la commercialisation.
Pour élargir l'accès au crédit immobilier de long terme, AFINHAB, anciennement CRRH-UEMOA joue un rôle de refinancement des créances hypothécaires des banques. Son émission d'obligations sociales de 60 milliards de FCFA sur quinze ans à 6% vise précisément à donner aux banques l'accès aux ressources longues dont elles manquent pour multiplier les prêts immobiliers à horizon quinze ou vingt ans.
En parallèle, le gouvernement a engagé un programme de 25.000 logements abordables évalué à 500 milliards de FCFA, avec des formules de location et de location-vente pour les ménages éloignés du crédit bancaire.
Le marché ivoirien du logement est désormais autant financier qu'immobilier. Son évolution dépendra moins du nombre de logements mis sur le marché que de la capacité à élargir le nombre de ménages capables de les financer.
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