27/05/2026
ENSEIGNEMENT SECONDAIRE AU BÉNIN : Professeur Adéyèmi Clément Kouchade, l'impact avec quatre priorités
En prenant les rênes du ministère, le nouveau ministre de l'Enseignement secondaire a livré mardi un discours de prise de fonction révélateur de sa méthode, de ses priorités et du style du nouveau pouvoir. « Le temps n'est plus seulement à la réforme. Le temps est désormais à l'impact. » En une phrase, le Professeur Adéyèmi Clément Kouchade a posé le cadre de son ministère. Cette formule est programmatique. Elle annonce un changement de registre. Dans la continuité des réformes engagées ces dernières années, le nouveau ministre se positionne non comme un initiateur de rupture, mais comme un accélérateur chargé de transformer les orientations déjà engagées en résultats.
C'est, pour un gouvernement qui s'installe, un pari assumé. Le geste le plus distinctif du discours est peut-être le plus sobre. La reconnaissance explicite du travail de la ministre sortante, Véronique Tognifodé, dont il salue « une gouvernance engagée, structurée et résolument tournée vers la performance ». Ce type d'hommage dit beaucoup sur la manière dont le nouveau titulaire entend s'installer. Une installation sans arrogance, sans table rase, mais avec une ambition propre. En revendiquant une logique de « continuité, de consolidation et d'accélération », il esquive les deux écueils classiques de tout début de mandat. Il choisit une troisième voie, hériter, innover sans détruire.
L’impact avec quatre priorités
Le discours du Professeur Kouchade n'est pas un catalogue d'intentions. Il est architecturé. Quatre axes encadrent sa vision. La sécurisation des ressources humaines, l'amélioration de la qualité des apprentissages, la transformation numérique et l'inclusion. Derrière cette liste apparemment technique se dessine une philosophie cohérente. On ne peut pas enseigner dans un système instable, exiger l'excellence sans garantir l'équité, ni préparer les élèves d'aujourd'hui sans les outils de demain. Ce qui frappe, cependant, c'est moins la liste que l'ordre des urgences. Avant la pédagogie, avant le numérique, vient la ressource humaine. Ancien directeur général de l'Office National du Bois, où il gérait 175 agents et coordonnateur de filières universitaires entières, Professeur Clément Adéyèmi Kouchade sait que rien ne fonctionne sans des équipes stabilisées et reconnues.
C'est le regard d'un gestionnaire autant que d'un pédagogue. Parmi les dossiers urgents, deux retiennent l'attention. La validation du Plan stratégique 2026-2030 et « la gestion prudente du projet d'harmonisation du baccalauréat UEMOA ». Le mot prudente dit tout, souveraineté curriculaire, calendriers désynchronisés, équilibres institutionnels. Le ministre ne fuit pas le dossier. Il en annonce la méthode qui sera basée sur la rigueur, le pragmatisme et le sens de l'équilibre.
L'injonction à passer « d'une administration d'exécution à une administration d'impact » prédit la détermination d'inscrire l'action publique dans une logique de résultats mesurables. « Je sais pouvoir compter sur votre compétence », a-t-il martelé à ses collaborateurs. La phrase est courte. Elle est aussi, à sa façon, un contrat. La nomination de professeur Adeyemi Clément Kouchade, physicien, Professeur Titulaire, maire de Pobè indique la vision du président Romuald Wadagni de s'appuyer sur des profils alliant expertise technique, expérience administrative et ancrage territorial. Non pas un ministre prophète, mais un ministre de terrain.
Les défis réels. On peut citer sans se tromper les disparités géographiques, déficit d'enseignants qualifiés en zones rurales, taux d'abandon élevés chez les filles, inadéquation persistante entre formation et emploi. « Nous n'avons pas le droit d'échouer », a-t-il conclut.
La Primeur