03/09/2026
🇧🇯 BENIN/ ÉDUCATION
📚JOURNÉES PÉDAGOGIQUES NATIONALES DE RÉFLEXION ET DE CONCERTATION DES ENSEIGNANTS
♦️Lettre ouverte au Président WADAGNI, Chef de l’État et Chef du Gouvernement*📍
Monsieur le Président de la République.
À l’orée de la Journée Nationale de Réflexion et de Concertation des enseignants du Secondaire, prévue les 3 et 4 septembre 2026, la communauté éducative tient à exprimer sa profonde gratitude pour les actions sociales majeures que votre gouvernement a récemment engagées. Le prolongement de la gratuité de la scolarité des jeunes jusqu’en classe de Terminale constitue un acte de haute portée sociale, garantissant l’équité et l’accès universel à l’éducation. De même, le déblocage des échelons 11, ainsi que d’autres mesures sociales non moins importantes, traduisent votre magnanimité et votre volonté de placer l’éducation au cœur du développement national. Ces avancées sont saluées avec respect et reconnaissance.
Cependant, cette rencontre nationale des enseignants du secondaire se veut aussi un moment de vérité et de responsabilité. Elle met en lumière des défis structurels et humains qui appellent des réponses urgentes.
1️⃣ *L’absence d’un cadre organique et plan de formation fragilise la cohérence de notre système éducatif et prive les enseignants et le personnel administratif de perspectives claires de carrière et de perfectionnement.*
2️⃣ *La non‑prise en compte des quatre années de CDD au profit des ACDPE des promotions 2014 et 2016* demeure une injustice criante. Ces agents, qui ont servi avec abnégation, aspirent légitimement à la stabilité que garantit le statut général de la fonction publique. L’enseignement, en tant qu’emploi de souveraineté, ne saurait être réduit à une succession de contrats précaires. *La reprise de leurs contrats,* conformément aux dispositions légales, est une exigence de justice et de cohérence institutionnelle.
3️⃣ *De même, la reprise des actes d’intégration des EPA et EPC 2012‑2014‑2016 et autres retardataires* s’impose pour corriger une iniquité majeure. Ces enseignants, engagés depuis des années au service de la Nation, ne peuvent rester en marge des droits statutaires qui leur reviennent.
4️⃣ *À cela s’ajoute la nécessité pressante de mettre en formation les Professeurs adjoints afin de renforcer les classes du second cycle, aujourd’hui appauvries en enseignants qualifiés. Sans cette mesure, la qualité de* *l’enseignement secondaire risque de s’éroder, compromettant l’avenir de nos élèves et la crédibilité de notre système éducatif.*
5️⃣ *Le recrutement, par reversement les AME, ceux qui constituent aujourd’hui la grande masse du personnel enseignant.* Leur régularisation par ce mécanisme serait non seulement un acte de justice sociale, mais aussi une réponse pragmatique à la pénurie d’enseignants qualifiés dans nos établissements.
6️⃣ *La relance, en 2026, des concours d’Inspecteurs et de Conseillers pédagogiques s’impose comme une mesure de haute nécessité pour combler le déficit du corps d’encadrement. En renforçant cette élite pédagogique, garante de la supervision et de l’excellence, l’État assurerait à l’enseignement secondaire une direction éclairée, une cohérence accrue et une dynamique de qualité durable.*
7️⃣ *Le rehaussement et l’harmonisation des subventions de l’État aux collèges du Nord, afin de les aligner sur celles octroyées aux établissements du Sud, constitueraient une mesure d’équité et de cohérence nationale. En dotant ces établissements de ressources accrues, ils pourraient enfin mettre en œuvre des politiques éducatives ambitieuses : construction et équipement de laboratoires modernes, enrichissement des bibliothèques, amélioration des infrastructures pédagogiques. Une telle décision, au‑delà de la correction des disparités régionales, renforcerait la capacité des collèges du Nord à offrir un cadre d’apprentissage digne et stimulant, consolidant ainsi l’unité nationale autour d’une école véritablement inclusive et équilibrée.*
8️⃣ *La reconnaissance des diplômes post recrutements et pré reversements comme un moyen de renforcement de l'effectif du Ministère des enseignements secondaires.*
9️⃣*Enfin, la mise en place d’un cadre de concertation et de dialogue opérationnel pour l’éducation apparaît indispensable. Un espace institutionnalisé, où les acteurs éducatifs et l’exécutif peuvent échanger de manière constructive, garantirait une meilleure anticipation des crises et une gestion harmonieuse des réformes.*
Monsieur le Président📍
À l’occasion de cette Journée Nationale de Réflexion et de Concertation, les enseignants du secondaire réaffirment leur disponibilité à accompagner toute réforme qui place l’éducation au centre des intérêts de la République. En inscrivant ces mesures dans l’agenda gouvernemental, vous poseriez un acte historique : celui d’un Chef de l’État qui choisit de consolider l’école béninoise par la justice, la stabilité et la dignité.
Arsel Loris GBOSSA
*Coordonnateur National de l'Alliance Aube Nouvelle MESTFP*