10/04/2020
La décision de fermer 36 marchés et yaars (le mot yaar est une déformation de l’anglais yard utilisé par les Ouagalais pour désigner un marché) a été prise le 24 mars 2020, à l’issue d’une rencontre à la mairie centrale de la ville, entre les responsables du secteur informel et les autorités municipales et régionales.
Ces dernières ont donc choisi la fermeture, jusqu’au 20 avril prochain, des 36 plus gros marchés et yaars de la ville, sur un total de 85.
Ces marchés, qui attirent plusieurs milliers de personnes par jour, sont considérés comme des lieux à haut risque de contagion massive du Covid-19.

Panneau de prévention contre le Covid-19 sur les réseaux sociaux.
Source : Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso
D’ailleurs, au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le 27 mars à Ouagadougou, le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF), qui regroupe les organisations professionnelles de ce secteur, a appelé les commerçants à faire preuve de « civisme et de patriotisme », dans le respect des mesures édictées pour limiter la propagation du coronavirus.
Le Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso a aussi profité de cette occasion pour rappeler que l’économie informelle occupe plus de 90% des actifs dans le pays, et que ces fermetures de marchés ont des conséquences importantes sur la plupart des acteurs de ce secteur qui« vivent au jour le jour ».
Une demande d’accompagnement
Le Conseil a donc demandé aux autorités burkinabés des mesures d’accompagnement telles que des allègements de charges comme les loyers, ou encore le rééchelonnement de prêts auprès des établissements bancaires et institutions de microfinance.
Et pour venir en aide aux familles des commerçants les plus précaires des marchés concernés par cette fermeture, le CNEI-BF a remis ce jour-là à leurs représentants cinq tonnes de vivres constitués essentiellement de riz.