31/07/2026
Haïti et les Nations Unies prolongent leur partenariat jusqu'en 2028
Le gouvernement mise sur la sécurité et la relance du développement
Le gouvernement haïtien et le Système des Nations Unies ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat en validant les Termes de Référence relatifs à l'extension du Cadre de coopération jusqu'au 31 décembre 2028.
Cette décision a été entérinée lors de la réunion du Comité de Pilotage du Cadre de Coopération des Nations Unies, tenue le 30 juillet 2026 à l'hôtel Karibe, à Port-au-Prince, sous la coprésidence de la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon, et de la Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Haïti, Nicole Boni Kouassi.
Cette rencontre, qui a également permis de dresser le bilan annuel de la mise en œuvre du cadre en 2025, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, des agences des Nations Unies ainsi que des organisations de la société civile. Les participants ont évalué les résultats obtenus, identifié les principaux défis et défini les orientations stratégiques du prochain cycle de coopération.
Dans son intervention, la ministre Sandra Paulemon a souligné que le pays traverse une période particulièrement complexe, marquée par de graves défis sécuritaires, économiques et sociaux. Selon elle, le Cadre de coopération demeure l'instrument central permettant au gouvernement et aux Nations Unies de coordonner leurs interventions autour des priorités nationales.
Elle a insisté sur la nécessité d'une action publique cohérente, affirmant que ce mécanisme ne constitue pas un simple document administratif, mais une véritable plateforme de planification commune au service du développement du pays.
La Coordonnatrice résidente des Nations Unies, Nicole Boni Kouassi, a pour sa part salué le leadership du gouvernement haïtien dans la conduite de ce partenariat stratégique. Elle a rappelé que le Comité de Pilotage représente l'instance de gouvernance conjointe chargée de veiller à l'alignement des programmes des Nations Unies sur les priorités définies par les autorités haïtiennes.
Elle a également présenté cette plateforme comme un espace de dialogue stratégique permettant aux différents partenaires d'évaluer les résultats, d'identifier les difficultés et d'ajuster les interventions en fonction des réalités du terrain.
Au cœur des échanges figurait la question de la sécurité, que le gouvernement considère comme la condition indispensable au redressement national.
Sandra Paulemon a réaffirmé que le rétablissement de la sécurité demeure la priorité absolue de l'administration dirigée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle a mis en avant plusieurs initiatives gouvernementales, notamment la mise en œuvre de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement, de réinsertion et de réhabilitation (CNDDR), l'accélération du Programme national de stabilisation et de relance économique, sociale et territoriale (PNSREST), le renforcement des services sociaux essentiels, la protection des droits humains, la lutte contre les violences basées sur le genre ainsi que l'accompagnement du processus de transition démocratique.
Les discussions ont également porté sur les Objectifs de développement durable (ODD) de l'Agenda 2030. La ministre a réaffirmé l'engagement d'Haïti à poursuivre ses efforts dans la lutte contre la pauvreté, l'insécurité alimentaire, l'amélioration de l'accès aux soins de santé, à l'éducation, à l'eau potable et aux infrastructures, tout en renforçant l'autonomisation des femmes et la résilience des communautés.
Elle a toutefois souligné que l'Objectif de développement durable numéro 16, consacré à la paix, à la justice et aux institutions efficaces, constitue aujourd'hui la condition essentielle à la réalisation de l'ensemble des autres objectifs.
La Dre Paulemon a également mis en avant les avancées réalisées en matière de représentation des femmes au sein de l'exécutif, rappelant que cinq femmes siègent actuellement au Conseil des ministres à des postes stratégiques, ce qui traduit, selon elle, les progrès accomplis en faveur de l'égalité des sexes.
À l'issue des travaux, les participants ont validé un nouveau cadrage programmatique aligné sur les priorités du gouvernement et adapté au contexte actuel. La prolongation du Cadre de coopération jusqu'au 31 décembre 2028 vise à garantir une meilleure continuité des programmes de développement et une coordination renforcée entre les institutions nationales, les Nations Unies, les collectivités territoriales, la société civile, le secteur privé, la diaspora et les partenaires techniques et financiers.
Pour le gouvernement, cette extension ne représente pas seulement un prolongement administratif du partenariat avec les Nations Unies, mais une opportunité de renforcer l'efficacité des politiques publiques, de mobiliser davantage de ressources internationales et d'accélérer les efforts de stabilisation et de développement dans un contexte où Haïti continue de faire face à d'importants défis multidimensionnels.