06/21/2026
266: Merci encore à l'équipe d'intervention de l'hôpital de Maria.Sans vous j'aurais pas pu écrire ce texte. Ma reconnaissance sera éternel 🙏Depuis le 27 mai dernier, ma vie a complètement basculé.
Ce matin-là, j'ai fait une crise cardiaque aiguë de type STEMI. J'ai frôlé la mort de quelques minutes. Je l'ai senti. C'est difficile à expliquer, mais je savais que quelque chose de très grave était en train de se passer. Dans ce moment-là, j'ai aussi senti plus que jamais l'esprit de combattant qui m'a habité toute ma vie. Je voulais vivre. Je voulais rester ici.
Malgré tout ce que j'ai traversé auparavant, avant et après cette opération, j'ai vécu ce qui a été, sans aucun doute, le moment le plus difficile de toute mon existence. Et pourtant, des moments difficiles, j'en ai connus. Vous pouvez me croire.
Au delà de 20 ans de ma vie, je me suis autodétruit. C'est paradoxal quand on y pense. Un homme qui aime la vie, qui a peur de la mort, mais qui passe tant d'années à se faire du mal. Pourtant, c'était ma réalité. Durant toutes ces années, j'ai appris à apprivoiser une partie de moi-même : mon hypersensibilité. Je ne l'ai jamais complètement maîtrisée, mais j'ai appris à vivre avec elle. Encore aujourd'hui, ce n'est pas toujours facile. Chez moi, tout est vécu intensément. Tout est au maximum. C'est souvent tout ou rien.
Il y a maintenant cinq ans, j'ai choisi de quitter ma région natale pour aller vivre loin de ma famille. Ce choix, je l'ai fait pour me sauver moi-même. J'avais besoin de me retrouver dans un décor complètement différent de celui où j'avais grandi. La vie m'a conduit à Carleton-sur-Mer, et je n'ai jamais regretté cette décision.
Depuis ce temps, j'ai choisi d'être heureux le plus possible dans une solitude que j'ai moi-même choisie. Une solitude qui me convient généralement très bien. J'ai appris à être bien avec moi-même tout en conservant un lien avec les personnes que j'aime, ma famille et mes amis.
Mais depuis ma crise cardiaque, je dois être honnête : je me sens souvent très seul.
Certaines journées, j'ai un moral d'acier. D'autres, c'est beaucoup plus difficile. Le fait d'être arrêté pendant trois mois, parce que mon corps me l'impose, m'amène à vivre les plus grandes réflexions de toute ma vie. Je pense à mon passé, à mon présent et surtout à l'avenir.
Une chose est certaine : mon désir de vivre n'a jamais été aussi fort.
J'ai aussi un immense besoin de m'exprimer. Non pas pour susciter la pitié ou attirer l'attention. Ce n'est pas ce que je recherche. Mais parce qu'après avoir passé si près de la fin, on ressent le besoin de mettre des mots sur ce qu'on vit.
Souvent, on critique Facebook. Pourtant, présentement, cette plateforme est devenue une sorte de pilier dans ma vie. Elle me permet de partager mes réflexions, mes photos, mes citations, mes états d'âme et parfois simplement de faire sourire quelqu'un. À la base, je le fais pour moi. Mais si ce que je partage peut rejoindre ou aider une autre personne, tant mieux. J'ai toujours aimé être présent pour les autres, offrir une écoute, donner de mon temps lorsque quelqu'un en avait besoin.
Depuis le 27 mai, j'ai reçu une quantité impressionnante de messages d'encouragement. Que ce soit dans les commentaires, en privé ou par téléphone, chacun de ces messages m'a fait un bien immense. À tous ceux qui ont pris quelques minutes pour penser à moi, m'écrire ou prendre de mes nouvelles, merci du fond du cœur.
Et à ceux qui ont prié pour moi, je vous dirais simplement ceci : je crois sincèrement que vos prières ont été entendues.
Cette épreuve va changer ma vie. J'en suis convaincu.
Dans le futur, ma vie sera différente. Pour la première fois depuis longtemps, elle sera axée sur moi d'abord, puis sur les autres ensuite. Pendant une bonne partie de ma vie, j'ai fait exactement le contraire. Aujourd'hui, je comprends que pour pouvoir être là pour les autres, il faut d'abord prendre soin de soi.
Je suis un grand sensible. Je l'ai toujours été et je crois que je le serai toujours. Longtemps, j'ai vu cela comme une faiblesse. Aujourd'hui, je commence à y voir une force.
Le 27 mai dernier, j'ai frôlé la mort.
Mais depuis ce jour-là, j'ai surtout redécouvert à quel point j'ai envie de vivre.
Ça fait 3 jours que je travaillais sur ce texte.
Je voulais que ça soit un sans faute .
Bonne journée et surtout longue vie à tous 🙏