08/17/2026
⚜️ Je m’étais assuré d’amener une lecture québécoise en voyage et, au milieu d’un recueil de nouvelles italiennes, “Funérailles nationales” de Bertrand Laverdure m’a rappelé à quel point le Québec est garni d’écrivains sensationnels.
J’en suis à la moitié du livre et ce qui m’impressionne est la richesse de son vocabulaire.
Et pourtant, ça ne tombe jamais dans ce que j’appelle, avec affection, la “masturbation linguistique”, soit utiliser des mots compliqués simplement pour montrer qu’on les connaît.
Laverdure me fait chercher des mots, oui, mais ils rehaussent le texte plutôt que lui faire obstacle. Je me suis rappelé à maintes reprises le texte d’Yves Duteil et la beauté de notre langue.
L’auteur du livre lui fait honneur et, à mon humble avis, nous rappelle jusqu’où un auteur contemporain peut encore l’élever.
“Funérailles nationales”, c’est surtout un livre profondément personnel.
Laverdure revient sur les dernières années de la vie de sa mère avec une honnêteté parfois impitoyable. Il ne réécrit pas le passé pour s’y donner le beau rôle, tout le contraire. Il est vulnérable et il est facile de se rappeler à quel point nous pouvons prendre certaines personnes pour acquises.
Le titre semble aussi tenir pour une époque révolue, de notre quotidien qui tenait à un poste de radio, nos rébellions d’adolescent… il dessine le portrait d’une vie à travers différentes anecdotes, contées avec l’aide de courts chapitres qui nous amènent amicalement à poursuivre la lecture du prochain.
Puis son histoire me ramène étrangement à la mienne. À cette enfance où tout semblait plus simple. À ce fameux « bon vieux temps » qu’on aime parfois idéaliser et que j’ai étaler récemment dans une capsule vidéo.
Parce que ce bon vieux temps était lui aussi semé d’embûches et d’obstacles qu’on a peut-être oublié, mais qui ont contribué à fabriquer les personnes que nous sommes devenues.
Je me promets de le terminer demain lors de mon retour en avion de l’Italie, mais je ne pouvais attendre de partager ces impressions en direct de Rome, car même ici, ces écrits résonnent.
Merci, Bertrand.