09/16/2026
** Privatisation des aéroports : Carney nous prend pour des imbéciles **
Le premier ministre Mark Carney a annoncé la privatisation des quatre plus grands aéroports canadiens, dont Montréal-Trudeau (YUL). Sous le vernis du discours économique, ce projet révèle une double imposture : un transfert de risques vers les fonds publics québécois et l'aveuglement d'un gouvernement toujours englué dans le dogme de la croissance infinie.
⚠️ Objectif no.1 : Refiler la dette et les risques à la Caisse de dépôt (CDPQ)
Mélanie Joly l'a bien expliqué : ce sont les fonds de pension comme la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) qui sont visés par Carney pour cette opération de privatisation https://www.facebook.com/reel/1582027686096232 Ottawa cherche à créer une illusion d'investissement productif. L'arrivée massive d'investisseurs privés étrangers reste hautement douteuse : les infrastructures aéroportuaires nécessitent d'immenses injecteurs de capital, supportent une dette importante et font face à une contestation citoyenne et environnementale grandissante. La ministre a cité l'investissement de la CDPQ dans l'aéroport Heathrow pour essayer de justifier sa position. En fait cet investissement a été peu rentable : 3 à 4% par an pendant deux décennies avec aucun dividende les dernières années.
L'intention réelle de Mark Carney est de faire peser le fardeau financier et les risques d'endettement sur la CDPQ, c'est-à-dire sur le bas de laine des Québécois. On demande à l'épargne collective d'absorber la dette d'une gestion calamiteuse pendant des décennies, pendant que le gouvernement fédéral cherche à libérer du capital pour ses propres priorités.
⚠️ Une vision déconnectée de la réalité économique, climatique et des capacités réelles des territoires.
Pour justifier l'arrivée d'investisseurs privés, il est avancé l'argument d'un secteur en perpétuelle expansion qu'il faudrait financer à coup de milliards. Or, la réalité du terrain contredit brutalement ce récit : le trafic aérien de passagers sur le grand Montréal plafonne. À Montréal-Trudeau (YUL), le nombre de passagers stagne à environ 23 millions, marquant la fin du rattrapage post-pandémie et le retour à un plateau structurel dû notamment aux prix du pétrole, à la politique migratoire du Québec et au vieillissement de la population. Dans certains secteurs clé, comme le trafic transfrontalier avec les États-Unis, on observe même des baisses régulières. En un an, la dette nette d'ADM a de son côté augmenté de 500 millions de $. Cette initiative démontre que le Parti libéral reste prisonnier d'une vision du XXe siècle : celle d'un trafic aérien devant croître sans fin.
⚠️ Une conséquence directe de cette privatisation : presser le citron des usagers et des riverains
Les aéroports ne sont pas des machines à imprimer de l'argent de façon magique. Pour qu'un gestionnaire privé, ou un fonds de pension en quête de rendements élevés, rentabilise sa concession alors qu'il n'y a pas de croissance structurelle, les leviers sont toujours les mêmes :
- Augmentation des frais : hausse des redevances et des tarifs aéroportuaires, refilée directement sur le prix des billets.
- Pression sur les travailleurs : compression des coûts d'opération et recours accru à la sous-traitance précaire
- Maximisation de l'intensité des vols : accélération de la cadence, pressions pour assouplir les couvre-feux et vols de nuit accrus afin de maximiser le rendement de l'infrastructure.
Ce modèle financiarisé entre en collision directe avec la qualité de vie des communautés riveraines. Il est temps d'avoir une autre vision politique.
Pôle de l’économie sociale de l’agglomération de Longueuil
IRIS - Institut de recherche et d’informations socioéconomiques
Institut économique de Montréal
Zone économie
Développement économique Canada pour les régions du Québec
CDPQ