12/28/2025
✨ Le conte de Vréroche ✨
Amačahu !
Par tous les temps, sur un mont escarpé du Djurdjura, le petit Vréroche faisait paître son troupeau de chèvres. Un jour, un loup lui dévora sa biquette préférée. Vréroche en fut profondément meurtri. Il rentra des pâturages, les yeux inondés de larmes.
Sa mère le consola et lui servit du couscous. Vréroche refusa d’y goûter. Elle lui prépara ensuite une bonne galette pour lui ouvrir l’appétit, mais il la repoussa. Inquiète, elle fit alors des beignets, dont Vréroche raffolait. Pourtant, inconsolable, il continua obstinément à refuser toute nourriture.
Excédée, sa mère ordonna au bâton :
— Bâton ! Frappe Vréroche qui ne veut pas manger.
— Non ! Non ! Vréroche ne m’a rien fait.
Elle se tourna alors vers le feu :
— Feu ! Brûle le bâton qui refuse de frapper Vréroche qui ne veut pas manger.
— Non ! Non ! Le bâton ne m’a rien fait.
La mère s’adressa à l’eau :
— Eau ! Éteins le feu qui refuse de brûler le bâton qui refuse de frapper Vréroche qui ne veut pas manger.
— Non ! Non ! Le feu ne m’a rien fait.
Puis elle appela le veau :
— Veau ! Bois l’eau qui refuse d’éteindre le feu qui refuse de brûler le bâton qui refuse de frapper Vréroche qui ne veut pas manger.
— Non ! Non ! L’eau ne m’a rien fait.
Elle saisit le couteau :
— Couteau ! Tranche les oreilles du veau qui refuse de boire l’eau qui refuse d’éteindre le feu qui refuse de brûler le bâton qui refuse de frapper Vréroche qui ne veut pas manger.
— Non ! Non ! Le veau ne m’a rien fait.
Elle appela le forgeron :
— Forgeron ! Brise le couteau qui refuse de trancher les oreilles du veau qui refuse de boire l’eau qui refuse d’éteindre le feu qui refuse de brûler le bâton qui refuse de frapper Vréroche.
— Non ! Non ! Le couteau ne m’a rien fait.
Elle ordonna à la corde :
— Corde ! Ligote le forgeron qui refuse de briser le couteau…
— Non ! Non ! Le forgeron ne m’a rien fait.
Elle s’adressa enfin à la souris :
— Souris ! Ronge la corde qui refuse de ligoter le forgeron…
— Non ! Non ! La corde ne m’a rien fait.
Alors la mère appela le chat de la voisine.
— Miaou ! Avec grand plaisir !
Le chat s’avança vers la souris. La souris effrayée courut vers la corde. La corde alla vers le forgeron. Le forgeron vers le couteau. Le couteau vers le veau. Le veau vers l’eau. L’eau vers le feu. Le feu vers le bâton. Et le bâton se leva pour frapper Vréroche.
Aussitôt, Vréroche se mit à manger. Il se régala des beignets, de la galette et du couscous. Depuis ce jour, il ne bouda plus jamais aucun repas.
Il devint si grand et si fort que plus jamais aucun loup ne dévora une chèvre de son troupeau !
Mon histoire est partie dans les broussailles, et moi j’ai dégringolé de la montagne !