02/02/2026
Dans un moment chargé d’émotion et de portée symbolique, a profité de sa consécration aux Grammy Awards pour livrer un discours qui a dépassé le cadre musical. Sacré album de l’année pour Debí Tirar Más Fotos, le chanteur portoricain a dénoncé avec fermeté les politiques migratoires des États-Unis, appelant à « mettre dehors » la police des frontières et à mettre fin à ce qu’il considère comme une déshumanisation systématique des communautés immigrées. Face à une assemblée attentive, l’artiste de 31 ans a rappelé que la musique, au-delà du divertissement, peut aussi être une arme de conscience et de résistance.
« Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers », a-t-il lancé d’une voix grave, avant d’ajouter : « Nous sommes humains, nous sommes Américains, et nous méritons le respect ». Un message fort, ponctué d’applaudissements nourris, dans lequel Bad Bunny a exhorté le public à ne pas se laisser « contaminer par la haine », qu’il a décrite comme un poison social alimentant la peur et la division. Premier artiste à remporter le prix suprême avec un album entièrement en espagnol, il a également mis en lumière les racines culturelles de Puerto Rico, revendiquant une identité souvent marginalisée dans l’industrie musicale dominante.
Dans la continuité de cette prise de position, Bad Bunny a expliqué son choix d’exclure les États-Unis de sa tournée mondiale, affirmant vouloir protéger ses fans contre d’éventuels contrôles, arrestations ou raids des autorités migratoires. Une décision radicale, mais assumée, qui renforce l’image d’un artiste prêt à sacrifier une partie de son succès commercial pour rester fidèle à ses convictions. Par ce discours, Bad Bunny a une nouvelle fois confirmé son statut de voix majeure de sa génération, capable de transformer une cérémonie de prestige en plateforme de revendication sociale et humaine.