03/15/2026
Tentative de putsch du 7 décembre : qui doit écouter le procureur spécial de la CRIET ?
Plus de trois mois après la tentative de renversement du pouvoir survenue le 7 décembre 2025 au Bénin, le dossier judiciaire continue de dévoiler de nouveaux développements. L’affaire, déjà sensible en raison de l’implication présumée de plusieurs militaires, connaît désormais un tournant inattendu : l’enquête semble avoir atteint les cercles internes du parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
D’après plusieurs sources médiatiques béninoises, une collaboratrice proche du procureur spécial de la CRIET, identifiée sous les initiales N. S., a été interpellée le 27 février 2026. Elle a ensuite été placée en garde à vue à la Brigade économique et financière (BEF) où elle a été longuement auditionnée par les enquêteurs. Après plusieurs jours d’interrogatoire, elle a été présentée le 6 mars devant le parquet spécial.
Cette arrestation a rapidement suscité de nombreuses réactions, tant au sein de l’opinion publique que dans les milieux judiciaires. Les investigations ont mis en lumière un élément déterminant : la collaboratrice du parquet serait l’épouse du capitaine Alfred Yoto, un officier des Forces armées béninoises cité dans le dossier de la tentative de coup d’État.
Selon les informations disponibles, cet officier fait partie des militaires activement recherchés dans le cadre de l’enquête. Les autorités judiciaires estiment que son épouse pourrait détenir des renseignements importants susceptibles d’aider à retracer sa localisation ou à éclairer les circonstances et les réseaux impliqués dans la tentative de putsch.
C’est dans ce contexte que les enquêteurs ont jugé nécessaire de l’entendre afin d’obtenir d’éventuels éléments utiles à la progression de l’enquête. Toutefois, après sa présentation devant la justice, N. S. a finalement été libérée, tout en étant placée sous contrôle judiciaire, une mesure destinée à garantir sa disponibilité pour la suite de la procédure.
Cette évolution confirme que l’enquête sur la tentative de coup d’État du 7 décembre reste en pleine progression. Elle montre également que les investigations pourraient encore révéler d’autres ramifications dans les semaines à venir. Déjà complexe en raison de la présence de militaires dans le dossier, l’affaire prend désormais une dimension supplémentaire en touchant directement les sphères de l’institution judiciaire.
Pour l’heure, les autorités demeurent prudentes et communiquent peu sur l’étendue réelle des implications. Mais une chose semble certaine : les enquêteurs poursuivent leurs investigations avec l’objectif de faire toute la lumière sur les circonstances, les acteurs et les responsabilités derrière cette tentative de déstabilisation de l’État.