04/18/2026
À lire attentivement!
Monsef Derraji - Député de Nelligan nous revient avec un sujet qui touche notre santé!
La transformation numérique en Santé ne semble pas rassurer les professionnels de la santé.
Certains se se sont confiés au député et ce qu’ils révèlent est tout simplement inquiétant.
🚨Dossier de santé numérique : des inquiétudes croissantes à l’approche du déploiement
À quelques semaines du déploiement du Dossier de santé numérique (DSN) dans plusieurs établissements du réseau, dont l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, les préoccupations se multiplient chez les professionnels de la santé.
Présenté comme une réforme structurante visant à moderniser l’accès aux données médicales, le projet se heurte, sur le terrain, à des inquiétudes importantes liées à sa préparation, à son utilisation et à ses impacts cliniques.
« La situation actuelle est catastrophique »
Un médecin spécialiste de l’Hôpital du Sacré-Cœur, qui a accepté de témoigner sous le couvert de l’anonymat, décrit une réalité préoccupante.
« La situation actuelle est catastrophique. Le système ralentira considérablement le fonctionnement, même à long terme. »
Selon lui, le temps nécessaire pour effectuer certaines tâches cliniques augmentera de façon significative.
« Le temps de prescription a, au moins, doublé et nécessite de très nombreux clics. Le système est très rigide : on ne peut pas toujours modifier les doses selon les besoins des patients, et certains diagnostics ne peuvent même pas être inscrits. »
Des problèmes d’intégration persistants
Le médecin souligne également des difficultés techniques importantes.
« Les laboratoires et la banque de sang peinent à s’arrimer avec le nouveau système. »
Même les ressources désignées pour soutenir les équipes rencontreraient des limites :
« Les « super utilisateurs» formés pour nous aider se servent encore de leurs aide-mémoire pour naviguer dans le système. »
Selon des informations recueillies, certains de ces super-utilisateurs auraient récemment quitté ce rôle pour revenir à leurs fonctions cliniques, réduisant ainsi le soutien disponible au moment du déploiement.
Une préparation jugée insuffisante
Toujours selon les témoignages, une large majorité du personnel ne se sentirait pas prête.
« Plus de 80 % des médecins et infirmières ne se disent pas prêts et bien formés malgré les formations reçues. »
Le contraste avec la perception de la direction est également souligné :
« Les seules personnes vraiment enthousiastes sont les membres de la direction qui n’ont jamais mis les pieds sur le plancher. »
Réduction des activités et pression sur le réseau
Afin de faciliter la transition, des réductions d’activités sont prévues.
« Les salles d’opération seront diminuées de moitié pendant 7 à 14 jours, tout comme les cliniques externes. »
Cette situation aurait des répercussions au-delà de l’établissement. Lors d’échanges récents entre hôpitaux, l’idée de devoir absorber les patients redirigés de Sacré-Cœur aurait été mal accueillie.
Selon plusieurs sources, aucun plan de contingence clair n’aurait été établi pour certaines urgences critiques, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC), à moins d’un mois du déploiement.
Des détournements d’ambulances anticipés
Toujours selon les informations obtenues, des mesures préventives seraient déjà envisagées pour réduire la pression sur l’établissement.
Des détournements progressifs d’ambulances vers d’autres centres hospitaliers pourraient débuter dès le 20 avril, soit près de trois semaines avant la mise en service prévue du système.
Des risques soulevés pour la sécurité des patients
La principale inquiétude exprimée par les professionnels demeure la sécurité des patients.
« Nous sommes extrêmement inquiets pour la sécurité des patients », affirme un médecin.
Plusieurs craignent que la combinaison d’un système complexe, d’une formation insuffisante et d’un déploiement rapide augmente le risque d’erreurs médicales, de retards dans les soins et de complications.
Certains vont plus loin et évoquent un risque accru d’événements graves si les équipes ne maîtrisent pas adéquatement la plateforme dès sa mise en service.
Un équilibre fragile
Si la modernisation du réseau de la santé fait consensus, les témoignages recueillis mettent en lumière un enjeu central : la capacité du système à absorber un changement technologique de cette ampleur dans les conditions actuelles.
À l’approche du déploiement, une question persiste chez plusieurs intervenants du réseau :
le rythme imposé compromet-il la sécurité des soins?
Appel à une intervention immédiate des instances professionnelles
À la lumière de multiples témoignages recueillis sur le terrain, où les enjeux de qualité des soins et de sécurité des patients reviennent de façon récurrente, et alors qu’il reste moins de 20 jours avant le déploiement majeur du DSN, la situation commande une vigilance accrue.
Je demande que le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec soient officiellement saisis de la situation, afin qu’ils évaluent sans délai les impacts réels du déploiement du DSN sur la qualité des soins, la continuité des services et la sécurité des patients.
Je demande également que ces instances rendent publiques leurs conclusions dans les meilleurs délais, et que, si les risques soulevés sont confirmés, elles puissent recommander les ajustements nécessaires, voire un report du déploiement, afin d’assurer que la transformation numérique du réseau de la santé ne se fasse pas au détriment de la sécurité des patients.
Par ailleurs, j’appelle la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) à documenter et à rendre visible la réalité vécue sur le terrain, notamment en ce qui concerne le climat de travail rapporté par plusieurs professionnels dans le contexte de cette implantation.
La modernisation du réseau ne peut se faire sans transparence, sans écoute du terrain et sans priorité absolue accordée à la sécurité des patients.
FIQ - Santé
Collège des médecins du Québec
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
fans