11/26/2025
Le 20 novembre dernier s'est déroulée par vidéoconférence la cérémonie de remise du Prix du premier recueil de poèmes de la Fondation pour la Poésie Antoine et Marie-Hélène Labbé, qui récompense cette année Émilie Devoe pour son livre « L'étoile taillée ». Des discours touchants ont été livrés par Hortense Raynal, membre du jury et par la poète Émilie Devoe. L'attention portée à sa poésie est d'une générosité rare. Nous remercions du fond du coeur Marie-Hélène et Antoine Labbé pour ce prix et pour la formidable coordination mise en place pour rendre cet événement possible.
« L'étoile taillée » est disponible sur le marché européen par commande dans la plupart des librairies francophones. Pour tous les détails, vous pouvez joindre la Librairie du Québec à Paris qui distribue de nombreuses maisons d'édition québécoises : https://www.librairieduquebec.fr/
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« Ce titre, déjà, est une énigme : comment tailler une étoile ? Cette impossible opération cosmologique annonce d’emblée la tonalité du recueil, où l’autrice s’empare de l’imaginaire astral pour approcher l’enfance douloureuse. L’éclat y côtoie la blessure, et le motif lumineux devient moyen d’explorer ce qui échappe au langage.
Ce livre appartient à ces œuvres qui possèdent une vie intérieure, une sève discrète, une pulsation presque secrète qui innerve chaque page et fait circuler une émotion continue. [...]
Ce livre est un hommage. Et même, pour reprendre un mot que notre langage est capable de réinventer, un femmage. La langue est faite pour ça, bouger avec la vie, et c’est l’une des définitions de la poésie. Un femmage à un enfant, à une fille, à une combattante du quotidien et de l’existence.
Je suis ravie, avec les autres membres du Jury, de lui remettre ce prix.
Ce recueil nous rappelle que la lutte et l’amour se tiennent ensemble, toujours.
Ce recueil nous rappelle que la lutte et l’amour sont l’affaires des poétesses et des poètes. »
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« Je crois profondément au pouvoir de la littérature comme moyen de guérison, et de résistance. Je crois que les mots permettent de retrouver une certaine forme de prise sur le réel, et de transformer la douleur en sens.
Submergée par l’angoisse, j’ai trouvé dans la poésie un point d’appui, d’où il m’a été possible de reprendre mon souffle. Au fil des mois, j’y ai nommé la peur, la douleur, la colère et le sentiment d’impuissance qui nous inondent face la maladie. J’y ai apprivoisé l’infinie tristesse de voir son enfant souhaiter mourir. Puis, lentement, l’espoir d’une renaissance. Et, entre ces deux rives, tant de questions qui ne se posent pas...
" Où puise-t-on la force de rester debout aux côtés de son enfant malade? Comment ne pas ployer sous la culpabilité face aux problèmes de santé mentale d’un proche? Comment habiter sa propre souffrance tout en continuant d’assumer son rôle de pilier? Peut-on, vraiment, convaincre de vivre? "
Je n’ai trouvé aucune réponse à ces questions. Mais j’ai écrit. En marchant, pieds nus dans la mousse et le goémon, à l’encre des falaises et des ciels variables. J’ai écrit comme on dépose des pierres en chemin. Appelant une forme intelligible, un sens, une consolation, une constellation, quelque part. »
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Pour écouter la cérémonie au complet, visitez le site web de la Fondation, par ici 👇
https://www.fondationpoesie.org/prix-du-premier-recueil-de-poemes/prix-2025
Crédit photo : Yan Vibert