12/19/2025
𝐑𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐬𝐮𝐫 "𝐋𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐜𝐡𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬"
𝐂𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐇𝐑𝐃𝐊
Nous partageons avec vous cette contribution de Human Rights Defense Kabylia (HRDK) pour le Rapport du Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme sur "Le droit des peuples autochtones à leurs économies traditionnelles" publié par le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones. Cette soumission a été faite en septembre 2025.
https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/issues/indigenouspeoples/emrip/cfis/study-trad-eco/subm-indigenous-their-traditional-indi-peop-hr-defense-in-kabylia.PDF
Ci-dessous le texte de la contribution:
Contribution pour Le Rapport sur « Le droit des Peuples Autochtones à leurs
économies traditionnelles »
𝐋𝐄 𝐏𝐄𝐔𝐏𝐋𝐄 𝐀𝐔𝐓𝐎𝐂𝐇𝐓𝐎𝐍𝐄 𝐊𝐀𝐁𝐘𝐋𝐄
𝟏. 𝐇𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞
L’unicité du peuple kabyle, peuple autochtone d'Afrique du Nord, dont la présence à partir du IIème siècle, est attestée par le géographe grec Ptolémée, demeure préservée jusqu’à nos jours.
Ce peuple de 12 millions d’âmes vit sur un territoire montagneux à l’est d’Alger, de plus de 40 000 km² et donnant sur la Méditerranée, la Kabylie.
La conscience politique très développée chez les Kabyles et leur organisation en confédération de tribus leur a permis de conserver leur indépendance politique et économique au fil des siècles contre les nombreuses tentatives d’invasion qui ont par ailleurs renforcé leur éveil politique et leur sentiment d’appartenance au territoire et à la culture kabyles.
Le rattachement de la Kabylie à l’Algérie française en 1857 plonge le peuple kabyle dans une colonisation qui dure jusqu’à ce jour. Car si la colonisation française a pris fin en 1962, les Kabyles subissent une nouvelle colonisation qui ne dit pas son nom de la part de l’Algérie dirigée par un régime dictatorial dont les fondements arabo-islamiques s’opposent frontalement aux valeurs universelles de démocratie et de laïcité de la Kabylie.
𝟐. 𝐒𝐨𝐧 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞
L’organisation de la société kabyle est marquée par son esprit de solidarité et de cohésion sociale reposant sur le principe de l’indivision du patrimoine agraire, qui est l’une des bases fondamentales du droit coutumier.
Le domaine public constitué de tout ce qui concerne l’eau (sources, fontaines, irrigation), les terrains de pâturage, les aires de battage, les lieux de culte ou le lieu de réunion de l’assemblée villageoise est régi sur le principe de l’indivision.
Cette organisation et son grand potentiel agricole ont permis au peuple kabyle de vivre dans l’autosuffisance alimentaire. La Kabylie possède une terre propice aux cultures de l’olivier, arbre emblématique de la Kabylie, du figuier, du cerisier et aux cultures maraîchères et céréalières.
L’élevage, l’apiculture, la filière forestière (chêne-liège) et les métiers de l’artisanat (poterie, bijouterie, tissage, vannerie) complètent ses moyens de subsistance durable.
𝐎𝐁𝐒𝐓𝐀𝐂𝐋𝐄𝐒 𝐀𝐔 𝐌𝐀𝐈𝐍𝐓𝐈𝐄𝐍 𝐃𝐄 𝐋’𝐄́𝐂𝐎𝐍𝐎𝐌𝐈𝐄 𝐓𝐑𝐀𝐃𝐈𝐓𝐈𝐎𝐍𝐍𝐄𝐋𝐋𝐄
La Kabylie a subi la gestion chaotique des terres agricoles mise en place par le régime algérien au début des années 1970 dans le cadre de la « révolution agraire », copiée sur le modèle des Kolkhozes soviétiques. Cette politique, marquée par la concentration aux mains de l’État des filières d’approvisionnement et des circuits de vente, a conduit à une mauvaise exploitation et à l’abandon des terres agricoles et a transformé la majorité des paysans kabyles en chômeurs.
L’exode rural qui s’en est suivi a porté un coup dur à l’économie traditionnelle kabyle.
Il a fallu deux ou trois décennies pour que les paysans et les exploitants agricoles retrouvent les conditions favorables pour la reprise de leurs activités. Cependant le transfert du savoir-faire ne s’est pas transmis de façon satisfaisante aux jeunes générations d’agriculteurs.
𝟏. 𝐋’𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐤𝐚𝐛𝐲𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐎𝐛𝐣𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞
L’économie kabyle repose essentiellement sur une symbiose de l’agriculture et de l’élevage qui permet d’éviter l’utilisation d’engrais industriels. L’agriculture de type traditionnelle n’est pas affectée par la pratique intensive et l’utilisation de pesticides, de produits chimiques dangereux et autres défoliants. Les exploitations agricoles sont souvent à dimension familiale et respectent les coutumes et les techniques ancestrales de l’agriculture traditionnelles. Elles préservent la nature et les eaux de la contamination chimique.
Grâce au composte et au fumier des bestiaux cette agriculture biologique s’est maintenue naturellement. Les jeunes générations, soucieuses du développement durable et encore plus alertes sur les risques liés au dérèglement climatique, veilleront encore davantage à la préservation de ce système vertueux. L’adoption des normes internationales en vigueur relatives à la qualité et au développement durable est ainsi assurée.
𝟐. 𝐀𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐤𝐚𝐛𝐲𝐥𝐞
Il y a un vide juridique dans le code civil algérien quant à la préservation du patrimoine culturel autochtone matériel et immatériel. Pire encore, le régime algérien s’acharne à éradiquer les identités et cultures autochtones d’Algérie et particulièrement celles de la Kabylie qui lui oppose une résistance farouche, pour les remplacer par une idéologie arabo-islamiste obscurantiste. Il faut dire que le régime se maintient au pouvoir depuis des décennies grâce à un jeu d’équilibre instable entre les camps islamiste et moderniste.
Si la culture kabyle demeure vivace, c’est uniquement grâce à l’attachement profond que lui porte les Kabyles et l’engagement sans faille d’une multitude d’activistes aguerris.
Dans le domaine du foncier, une véritable maffia a été installée par les tenants du pouvoir pour accaparer les terres agricoles et la zone littorale et développer des constructions immobilières privées illicites. Tout cela au su et vu de la population sans que la justice ne diligente la moindre enquête.
Dans les dernières années le régime algérien pratique la politique de la terre brûlée devant la montée de la revendication indépendantiste kabyle. Des incendies de forêts criminels récurrents sont provoqués par les agents du régime. Les incendies monstres de l’été 2021 ont causé à la Kabylie un préjudice humain et matériel énorme : près de 400 personnes brûlées vives, le cheptel décimé, des milliers d’hectares de végétation brûlés. Une véritable tentative de génocide et un écocide devant lesquels la justice algérienne, soumise au régime, est restée apathique.
𝟑. 𝐌𝐞́𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐀𝐮𝐭𝐨𝐜𝐡𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬
L'Algérie n'a pas ratifié la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007. Et pour cause. L’Algérie qui est un fervent défenseur du panarabisme ne peut reconnaître d’autres peuples sur son territoire que le « peuple arabe » algérien qui fait partie de la grande « oumma » islamique.
De ce fait les peuples autochtones d’Algérie (Kabyles, Chaouis, Touaregs, Mozabites) n’ont aucune existence juridique.
Les Kabyles, par une lutte acharnée pour leurs droits culturels, ont pu arracher une reconnaissance de la langue amazighe (berbère) et son enseignement dans les écoles. La réalité du terrain a dévoilé la tactique machiavélique du régime algérien qui consiste à reconnaître une revendication pour la faire sienne et l’enfermer dans un carcan mortifère. Ainsi l’enseignement de la langue Tamazight (la langue kabyle en Kabylie) demeure facultatif trente ans après son introduction dans le cursus scolaire. La langue Tamazight reconnue langue officielle du pays en 2016 et inscrite dans
la Constitution n’est présente dans aucun document officiel.
En fait l’Algérie a mis en œuvre un plan de génocide culturel et joue la carte du temps pour arriver à ses fins.
Le droit à l'autodétermination que revendique le peuple kabyle est criminalisé et le régime algérien a été jusqu’à inclure dans le Code pénal un nouvel article dédié à la criminalisation de tout individu réclamant ce droit. C’est ainsi que depuis 2021 plusieurs centaines de militants de la cause kabyle ont été emprisonnés et condamnés pour « activité terroriste », dont 43 sont condamnés à mort.
L’Algérie affiche un mépris total des droits des peuples autochtones.
𝟒. 𝐎𝐛𝐬𝐭𝐚𝐜𝐥𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧
𝑩𝒍𝒐𝒄𝒂𝒈𝒆 𝒆́𝒄𝒐𝒏𝒐𝒎𝒊𝒒𝒖𝒆
La Kabylie qui s’oppose à la dictature algérienne depuis 1963 a mené différentes formes de revendication. Plusieurs générations de Kabyles sont passées de la revendication des « libertés démocratiques et culturelles » des années 1980 à celle d’un statut de « large autonomie » puis à celle d’un « référendum d’autodétermination ».
Cette volonté inexpugnable du peuple kabyle de se libérer trouve sa raison dans le déni identitaire et culturel et le négationnisme qu’elle subit de la part du régime algérien, ponctués régulièrement par une répression lourdement meurtrière.
Le régime algérien qui redoute l’indépendance de la Kabylie, qui ne manquerait pas d’avoir un effet boule de neige avec les autres peuples autochtones d’Algérie, use de tous les stratagèmes pour bloquer l’économie de la Kabylie. Il œuvre pour le démantèlement méthodique de l’économie de la Kabylie et la dévalorisation de tous les potentiels économiques.
En même temps qu’il opère un sabotage du vivier agricole et des capacités d’irrigation de la Kabylie, le régime algérien mène une stratégie de sa mise à l’écart du développement industriel. Notamment par l’entretien d’un terrorisme factice circonscrit à la Kabylie et des kidnappings d’entrepreneurs ou de leurs enfants pour maintenir une forte présence militaire et faire fuir les investisseurs présents ou potentiels.
Une stratégie que l’on peut qualifier de désinvestissement planifié. La Kabylie paye
économiquement sa résistance à un régime qui la nie.
𝑺𝒑𝒐𝒍𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒓𝒆𝒔𝒔𝒐𝒖𝒓𝒄𝒆𝒔 𝒉𝒚𝒅𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔
La Kabylie possède une richesse hydrique considérable, disponible sous forme d’eaux souterraines (nappes phréatiques), d’eaux de surface, retenues ou en écoulement (barrages, rivières) et d’une pluviométrie relativement abondante. Sept barrages hydrauliques cumulent une capacité de stockage de 1,4 milliard de m3 tandis que le Djurdjura renferme plus de 60 milliards de m3 d’eau.
Cependant le peuple kabyle en bénéficie trop peu et on peut réellement parler de spoliation de cette eau par l’Algérie : les barrages de Taksebt et de Kherrata alimentent en eau potable exclusivement les villes d’Alger et Sétif, situées en dehors de la Kabylie. Au moment où beaucoup de localités kabyles crient leur détresse quant au manque d’eau surtout en saison estivale et où de nombreuses activités économiques sont à l’arrêt.
𝑫𝒆́𝒑𝒐𝒔𝒔𝒆𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒓𝒓𝒆𝒔 (𝒄𝒂𝒔 𝒅𝒆 𝑻𝒂𝒍𝒂 𝑯𝒂𝒎𝒛𝒂)
Les terres du peuple kabyle ont d’abord été spoliées par le colonisateur français après
l’insurrection kabyle de 1871, par le biais de la loi Warnier, pour les attribuer à des colons dans le cadre de sa politique de peuplement européen.
À l’indépendance de l’Algérie ces terres ont été versées dans le domaine public et n’ont jamais été restituées à leurs propriétaires originels autochtones. Bien au contraire le régime algérien a poursuivi la politique de spoliation et une véritable « maffia du foncier » s’est installée avec le soutien des dignitaires du régime.
Ces dernières années, un projet d’exploitation d’une mine dans la région de Tala Hamza, impactant une superficie de 125 km2 et huit villes hébergeant près de 50.000 habitants, est mis en route par le régime algérien contre la volonté de la population locale et des experts scientifiques dans le domaine.
Les conséquences désastreuses sur l’environnement et la population de toute la région sur les plans humain, écologique et sanitaire sont dénoncées régulièrement malgré la répression des forces du régime. Les autorités algériennes ont procédé à l’expropriation forcée des propriétaires terriens et déplacé les populations des villages, portant ainsi un coup fatal à l’économie traditionnelle de la région, à sa faune et sa flore.
𝐏𝐑𝐀𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 𝐄́𝐂𝐎𝐍𝐎𝐌𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 𝐓𝐑𝐀𝐃𝐈𝐓𝐈𝐎𝐍𝐍𝐄𝐋𝐋𝐄𝐒 𝐄𝐍 𝐊𝐀𝐁𝐘𝐋𝐈𝐄
𝟏. 𝐀𝐠𝐫𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐛𝐢𝐨𝐝𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́
L’économie traditionnelle kabyle repose essentiellement sur l’agriculture de montagne (oléiculture, élevage) et l’artisanat (bijouterie, tapisserie, vannerie, poterie…). L’activité de la pêche est restée au stade artisanal en Kabylie malgré des ressources halieutiques conséquentes (investissements publics inexistants, pas de pêche au large).
Il est crucial de préserver la diversité de ces activités pour garder l’équilibre environnemental et assurer le maintien de la biodiversité.
Il faut développer une politique de revalorisation et de modernisation de la filière oléicole, de la culture du figuier, de l’apiculture, de la filière forestière dans le respect de l’environnement et des pratiques traditionnelles ainsi que d’apporter une aide aux artisans.
La préservation des ressources hydriques est essentielle pour la pérennité de la biodiversité tout comme la transition vers les énergies renouvelables revêt un caractère vital et urgent.
𝟐. 𝐒𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐜𝐡𝐭𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞
Le savoir traditionnel du peuple kabyle, à savoir ses connaissances, son savoir-faire, ses techniques, a été préservé et transmis de génération en génération depuis l’antiquité et fait partie intégrante de son patrimoine culturel et de son identité culturelle et spirituelle.
Ce savoir n’est pas protégé par le droit de la propriété intellectuelle, le droit de l’environnement ou le droit du patrimoine culturel car ces droits sont réduits à leur portion congrue en Algérie où l’identité authentique kabyle est combattue.
On assiste plutôt à une appropriation illégitime du savoir autochtone kabyle par le régime algérien pour en faire un objet folklorique et le ranger au musée, alors que le savoir scientifique est en lien avec le savoir autochtone (en médecine traditionnelle par exemple).
𝟑. 𝐔𝐧 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐜𝐡𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫
Les Kabyles ont développé au fil des siècles des techniques de production agricole et artisanale qui leur ont permis de se prémunir contre la famine et la disette.
Ces techniques et activités constituent un ensemble de connaissances qui fait partie du patrimoine universel. Elles sont accompagnées d’une production littéraire orale très féconde et d’un lexique très riche (poésie, chants, danses, rites, …) qu’il est important de sauvegarder et de transmettre aux générations futures.
𝐂𝐎𝐍𝐂𝐋𝐔𝐒𝐈𝐎𝐍
La volonté du régime algérien d’éradiquer la culture et l’identité du peuple autochtone kabyle est avérée et nous alerte sur les moyens employés par ce régime. Pour arriver à ses fins, celui-ci s’attaque aussi à l’économie traditionnelle de la Kabylie vue comme une expression de l’identité et de l’héritage culturel kabyle. La souveraineté alimentaire du peuple kabyle est mise en danger.
Les institutions onusiennes sont appelées à aider le peuple kabyle pour la défense des droits des Kabyles à conserver leurs moyens de subsistance traditionnels, seuls à même de contribuer à la défense de l’environnement.