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12/26/2025

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Le Concert d’AstréeEmmanuelle Haïm : 25 ans d’Astrée, toujours le feu sacréLara Othman TOTAL BAROQUE 4 décembre 2025→À l...
12/09/2025

Le Concert d’Astrée
Emmanuelle Haïm : 25 ans d’Astrée, toujours le feu sacré
Lara Othman TOTAL BAROQUE 4 décembre 2025

→À la tête du Concert d’Astrée depuis un quart de siècle, Emmanuelle Haïm demeure l’une des figures majeures de la scène baroque internationale. En plus d’une saison européenne chargée, elle a pris cette année la direction artistique du premier Festival Baroque de Los Angeles, fruit d’une longue collaboration avec le Los Angeles Philharmonic, tout en s’impliquant dans des actions éducatives en région Hauts-de-France.

Emmanuelle Haïm : 25 ans d’Astrée, toujours le feu sacré
"Un opéra, c'est un monde parallèle colossal et on n’a pas le droit de se tromper !" © Caroline Doutre

Cette saison sera celle des vingt-cinq ans du Concert d’Astrée, l’un des plus éminents interprètes de la musique baroque dans le monde. Parmi les événements marquants, Emmanuelle Haïm à la tête de son ensemble présente Semele de Haendel au Dutch National Opera d’Amsterdam et Scylla & Glaucus de Jean-Marie Leclair à l’Opernhaus de Zürich, dans des mises en scène de Claus Guth. Elle est invitée à se produire avec son ensemble dans de nombreuses salles prestigieuses lors de tournées de concerts en France et en Espagne. Sans rien céder à son engagement de terrain cependant, Emmanuelle Haïm initie des projets pédagogiques dans les établissements scolaires des Hauts-de-France, portée par une conviction transfrontalière : ouvrir la musique à tout le monde. Entretien.

Après vingt-cinq ans depuis la fondation du Concert d’Astrée, quel est votre sentiment lorsque vous regardez en arrière ?

Emmanuelle Haïm : En réalité, je regarde surtout en avant parce que les défis demeurent très importants. Malgré une longévité maintenant d’un quart de siècle, la musique et en particulier les ensembles indépendants comme les nôtres sont confrontés dans leur existence même à des challenges constants, souvent économiques. Je dirais qu’il y a vingt-cinq ans, nous ne mesurions pas forcément toutes les implications entrepreneuriales. Si on s’en était rendu compte avant, on ne l’aurait pas fait ! (rires) Les choses ont été très rapides pour nous. Nous avons été invités dans des lieux prestigieux très tôt, avec des enjeux très importants tout de suite, sans en avoir vraiment les moyens — l’équipe était au départ très réduite. Mais je trouve bon d’avoir eu ces préoccupations. Les choses prennent de la valeur lorsqu’on sait tout ce qu’implique, par exemple, la programmation d’une grande tragédie lyrique française par une maison d’opéra !

Mettons, les deux Iphigénie de Gluck données au Festival d’Aix-en-Provence : c’est un travail qui s’anticipe quatre ans avant ! Il y a tout un casting, un chœur, un orchestre, une équipe de mise en scène… Sans compter celles et ceux qui conçoivent les décors, les costumiers, celles et ceux qui s’occupent des lumières et puis l’équipe du festival, très importante elle aussi. C’est un monde parallèle colossal et on n’a pas le droit de se tromper ! C’est un long chemin que celui de musicien et particulièrement celui de cheffe musicale d’un ensemble comme celui-là.

Considérez-vous cette saison comme une saison « anniversaire » ?

E. H. : Non, nous n’avons rien de prévu car les saisons précédentes ont été très intenses. En ce qui me concerne, je sors de deux mois et demi à Salzbourg. L’été précédent, c’était les deux Iphigénie de Gluck au Festival d’Aix-en-Provence dans la mise en scène de Dmitri Tcherniakov, puis Polifemo de Porpora à Lille et Semele au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’à fin janvier, puis début février à Genève. Enfin, Los Angeles, sans compter toute la musique de chambre au milieu, ainsi que tous les autres projets, notamment éducatifs… Nous avions aussi des choses à travailler dans l’équipe elle-même, parce que cette lourde saison a nécessité de faire venir des personnes de l’extérieur pour nous aider. On se réserve pour les trente ans ou pour les vingt-huit, on s’en fiche (rires) !
Emmanuelle Haïm venant saluer à l’issue d’une représentation de Giulio Cesare in Egitto au Festival de Salzbourg 2025 © Marco Borrelli

Quels ont été, jusqu’à présent, et seront les temps forts de la saison 2025/2026 de l’ensemble ?

E. H. : D’abord, le Stabat Mater de Pergolèse entre novembre et décembre. On peut orienter les lectures de ce chef-d’œuvre de mille et une façons et j’ai choisi, pour ma part, la figure de la Vierge dans l’école napolitaine [issue d’une théâtralité baroque, étroitement liée à la dévotion populaire propre à Naples]. Avant cela, j’étais à la Philharmonie de Berlin pour un programme Lully-Rameau, dans la suite d’une collaboration de longue haleine, puisque j’y dirige depuis bientôt vingt ans, et à l’Opéra de Zurich avec l’orchestre La Scintilla.

En 2026, nous allons en janvier à l’Opéra d’Amsterdam pour une autre production de Semele de Haendel dans une mise en scène de Claus Guth avec une très belle distribution. Nous retournerons ensuite à l’Opéra de Zurich en mars pour Scylla et Glaucus, le seul opéra écrit par Jean-Marie Leclair, grand compositeur français et grand maître de l’école de violon, également dans une mise en scène de Claus Guth. C’est vraiment très intéressant parce que ce sera une première, cet opéra n’ayant été joué qu’une seule fois !

Qu’est-ce qui vous intéresse dans ces œuvres ?

E. H. : Le fait de remettre au goût du jour cette musique ancienne est essentiel. Prenons l’exemple des opéras de Haendel : au XXᵉ siècle, leurs représentations ne commencent véritablement qu’à partir des années soixante, et encore, pour à peine trois titres… alors qu’il en a composé une quarantaine ! Semele, par exemple, n’a été montée qu’à partir des années quatre-vingt-dix. J’ai moi-même donné Les Boréades de Rameau à plusieurs reprises, mais lorsque John Eliot Gardiner les a enregistrées en 1978, c’était une recréation mondiale. Et pourtant, quel chef-d’œuvre ! La représentation de ces œuvres demeure encore rare et il ne faut plus qu’elle le soit.

De 2025 à 2027, vous prenez la direction artistique du Festival baroque de Los Angeles, The Hændel Project Festival, dans une collaboration avec le Los Angeles Philharmonic Orchestra. Un mot sur le programme 25/26 ?

E. H. : Je ne pense pas qu’on puisse encore l’annoncer, mais je peux vous donner un aperçu de la saison dans son ensemble qui sera liée au disque que nous venons d’enregistrer avec Carlo Vistoli, consacré aux castrats italiens dans la musique de Haendel à Londres. Alors qu’il bifurquait vers l’oratorio, Haendel a continué à utiliser les chanteurs italiens avec lesquels il collaborait déjà pour l’opéra, que ce soit Guadagni, Carestini, Senesino, pour ne citer que les plus célèbres. Ils devaient donc chanter en anglais, même si ce n’était pas toujours un anglais très… parfait ! Carlo Vistoli a mené de nombreuses recherches, c’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de cette idée. Excellent chanteur et musicologue d’une grande finesse, il a largement contribué à l’élaboration de ce programme particulièrement intéressant.
Emmanuelle Haïm, des techniciens et des membres du Concert d’Astrée lors de l’enregistrement de Italians in London, à paraître en 2026 © Le Concert d’Astrée

En plus de votre travail de directrice d’ensemble, vous êtes également très attachée à la transmission de la musique baroque. Ainsi, vous menez des actions éducatives et sociales dans les Hauts-de-France, comme le projet « Chantons Baroque » que vous menez depuis dix ans, en partenariat avec les académies de Lille et Amiens et qui s’adresse à des enfants, musiciens ou non. Comment se construit-il ?

E. H. : D’abord, nos chefs de chœur forment les enseignants des écoles primaires, collèges et lycées avec lesquels nous collaborons, car ces professeurs n’ont pas nécessairement de formation spécifique pour travailler la voix d’enfants ou d’adolescents. Ensemble, nous choisissons ensuite un répertoire accessible, afin de favoriser la réceptivité et l’apprentissage des élèves. Nous réalisons alors les arrangements, en intégrant des instrumentistes issus des conservatoires ou pôles artistiques environnants, et réorchestrons les pièces en fonction de l’effectif dont nous disposons. C’est un travail qui demande énormément de temps et de talent, je dois le dire ! Cette année, le projet ne se limitait pas au chant : il incluait aussi de la danse. Des artistes du Conservatoire de Lille, avec lesquels nous explorons la danse baroque, y ont participé. Les professeurs de français se sont également impliqués, car le projet comportait des narrations. Les enfants pouvaient ainsi choisir des extraits de The Fairy Queen de Purcell ou d’Acis et Galatée de Lully. C’est un travail mené sur toute l’année… et ils adorent !

Quel rôle y jouez-vous et comment parvenez-vous à concilier cette orientation de votre travail avec celui de cheffe internationale ?

E. H. : Je suis présente au moment de choisir le répertoire et lors de discussions générales pour voir si le projet me semble aller dans la bonne direction, après quoi je délègue. Par exemple, je ne vais pas aux ateliers de rythmes ou à ceux que font mes chanteurs sur la chauffe vocale. C’est le travail d’autres personnes. Nous avons aussi une enseignante coordinatrice qui est détachée pour un des collèges, ainsi que plusieurs inspecteurs avec lesquels nous faisons des points réguliers. Et j’ai une personne au Concert d’Astrée qui s’occupe spécifiquement de tous ces projets éducatifs.

Qu’est-ce qui motive l’existence de tels projets ?

E. H. : Déjà, ou devrais-je dire surtout, la magie de la découverte de la musique chez l’enfant. Quand ils entendent des chanteurs lyriques pour la première fois, ils n’en reviennent pas : “Ils chantent aussi fort ? Et sans micro !” Ce sont des rencontres extrêmement importantes car on ne sait pas ce que cela peut susciter : une vocation, un talent caché, une découverte de musique, de lieu… Une grande partie des élèves du collège Miriam Makeba à Lille, où nous sommes en résidence depuis 2015, s’est rendue à Berlin pour assister à L’Idoménée de Campra. Ils avaient longuement préparé ce projet et, une fois sur place, ont pu découvrir l’envers du décor : visiter la scène, observer le fonctionnement technique du spectacle, et comprendre concrètement comment tout cela prend vie.
Emmanuelle Haïm dirigeant l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles lors du The Handel Project Festival, en mars 2025 © Elizabeth Asher

Ces actions permettent d’offrir des points de rencontre entre des univers trop souvent cloisonnés. Parfois, lors de certaines répétitions, je les fais asseoir au milieu de l’orchestre et je leur propose de dessiner le musicien ou l’instrument de leur choix. Bien souvent, ils n’ont jamais vu ni entendu cet instrument auparavant, mais aussitôt ils s’enthousiasment : “Moi, je veux jouer de ça !” avec un goût très sûr, comme quelqu’un qui reconnaît immédiatement une voix qu’il aime.

Outre les projets d’éducation musicale, Le Concert d’Astrée propose également d’autres actions de transmission et de médiation dans des lieux aussi divers que les hôpitaux, les musées… Comment cela se passe-t-il concrètement ?

E. H. : Je consulte les musiciens et leur demande ce qu’ils souhaitent faire. J’étudie ensuite ce qu’ils proposent et décide des actions à mener qui me semblent les plus intéressantes. Je suis à l’origine du projet, mais une personne au sein de mon équipe en assure la coordination. Nous ne sommes pas les seuls à travailler de cette manière, mais nous le faisons depuis longtemps, et sans doute avons-nous été parmi les premiers à le faire.

D’où vous est venue cette envie profonde de vous engager comme vous le faites ?

E. H. : J’ai beaucoup travaillé en Angleterre où la partie pédagogique et les questions de médiation sont très développées. Le Festival de Glyndebourne, notamment, avait mis en place un dispositif assez original : je dirigeais l’opéra principal, mais en parallèle existait un « opéra secondaire ». J’avais une doublure, et il en était de même pour le stage manager, le production manager, les costumiers, etc. Ces doublures étaient en fait des stagiaires. À seize heures, la scène leur appartenait : ils créaient un second spectacle, condensé en une heure, à partir de l’opéra principal que nous présentions et à destination d’un jeune public. Tous étaient d’un excellent niveau. Cela offrait à mon assistant, un très bon chef, l’occasion de diriger et, aux jeunes chanteurs, celle de se produire. J’ai trouvé ce système passionnant ! Il valorise la pratique des doublures et offre un format plus léger, moins intimidant qu’un opéra complet. J’ai d’ailleurs demandé si je pouvais reprendre cette idée, car je la trouve tout simplement excellente.

Quels projets à venir pour l’ensemble ?

E. H. : Lorsqu’on atteint une certaine maturité, la question essentielle devient : quel est le projet, et comment peut-il se poursuivre ? Sous quelle forme, avec quelle dynamique ? Pour ma part, j’aimerais désormais accorder davantage de temps aux projets de plus petite ou moyenne envergure. C’est un travail tellement passionnant, avec des répertoires très différents et une relation au temps complètement autre. Je voudrais être sûre de préserver ce temps-là. M’importe aussi énormément ma relation avec l’équipe qui m’entoure, pas seulement les musiciens, mais toutes celles et tous ceux qui aident à faire vivre le Concert d’Astrée…

Y a-t-il un projet qui tienne particulièrement à cœur ?

E. H. : Il y a énormément d’œuvres que je souhaiterais aborder. Il me reste du temps… mais pas tant que ça pour tout faire ! Je n’ai quasiment pas fait de Lully, or la partie dramaturgique est vraiment passionnante et les livrets sont si riches. Je n’ai abordé que deux œuvres de Campra. J’apprécie aussi le XVIIe vénitien et tous les liens que cette musique entretient avec la poésie… Quant aux musiques anglaises, il y en a beaucoup que je connais encore mal. Et j’ai finalement très peu abordé Bach, un peu contre mon gré parce que, sinon, je n’aurais fait que ça ! De Mozart, je n’ai dirigé qu’une seule fois Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Par ailleurs, son Idoménée est un chef-d’œuvre absolu, tout comme ses grandes œuvres religieuses… Quant à Haydn, n’en parlons pas… Vous le voyez, la liste pourrait être infinie !

Actualités

20 novembre-5 décembre – Pergolèse : Stabat Mater, Théâtre Impérial de Compiègne, Grand Théâtre de Provence, Auditorium national de Lyon, MC2 Grenoble, Philharmonie de Paris, Barcelone, Oviedo, Madrid
17-29 janvier – Haendel : Semele, Dutch National Opera
27 mars-2 mai – Leclair : Scylla et Glaucus, Opernhaus Zürich

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