05/24/2026
24-05-2026 -- Front commun des paramédics : des discussions ont eu lieu entre syndicats, mais des divisions persistent
Par La Dernière Ambulance
Des discussions ont récemment eu lieu entre plusieurs organisations syndicales représentant les paramédics du Québec concernant la possibilité d’un front commun autour des enjeux monétaires liés aux négociations des conventions collectives.
Questionnés par La Dernière Ambulance, des représentants de plusieurs organisations syndicales ont confirmé la tenue de ces échanges, tout en reconnaissant que des différences importantes demeurent quant aux stratégies de négociation, aux priorités locales et à l’état d’avancement des différentes tables.
« Les syndicats, et ce n’est un secret pour personne, se parlent et s’informent mutuellement », a notamment indiqué Christian Duperron, président des Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce (TASBI), ajoutant que son organisation demeure favorable à un éventuel front commun lorsque « les circonstances et les volontés des différentes organisations le permettent ».
Du côté de la Fédération des paramédics et du préhospitalier du Québec (FPHQ), le président Daniel Chouinard affirme que les discussions informelles entre organisations sont fréquentes, notamment dans le cadre du comité de retraite du RRTAP.
« Nous sommes bien conscients qu’il pourrait y avoir des possibilités de collaboration sur certains enjeux », écrit-il, tout en soulignant que les mandats de négociation et les demandes locales diffèrent d’une organisation à l’autre.
Le président de la FTPQ-7300 (FTQ), Sébastien Gourre, confirme également qu’une rencontre regroupant la FPHQ, la FTPQ et TASBI a eu lieu récemment.
« De bons échanges ont eu lieu, dans le respect », affirme-t-il.
Selon lui, les augmentations salariales et certains avantages accordés dans le réseau public pourraient faire l’objet d’une approche concertée entre les organisations syndicales représentant les paramédics.
M. Gourre soutient toutefois que la CSN « refuse toujours de s’asseoir avec nous », malgré le fait que certaines tables de négociation soient rendues à des étapes similaires.
Les réponses obtenues par La Dernière Ambulance démontrent néanmoins que des discussions concernant une possible coordination syndicale ont bel et bien eu lieu au cours des dernières semaines.
Questionnée par La Dernière Ambulance, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a par la suite précisé sa position par l’entremise de Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier.
Selon M. Gagnon, certains enjeux propres à chaque organisation ainsi que les différentes dates d’échéance des conventions collectives compliquent actuellement la mise en place d’un front commun.
« De la mobilisation conjointe, on en veut », affirme-t-il, soutenant que plusieurs collaborations et actions communes ont déjà eu lieu entre différentes organisations syndicales.
« Il y a déjà eu des mobilisations et des collaborations entre la CSN et la FTQ, la CSN et TASBI ou encore la CSN avec SFPQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean, afin de montrer notre force par la mobilisation. Nous voulons travailler ensemble avec les autres organisations quand on le peut. »
M. Gagnon souligne également que les demandes syndicales découlent de mandats votés par les membres et que certaines priorités ne sont pas nécessairement partagées uniformément entre toutes les organisations représentant les paramédics.
Il ajoute enfin que les fronts communs ayant historiquement connu du succès avaient généralement été établis avant le début des négociations, ce qui n’a pas été possible cette fois-ci en raison des différentes dates d’échéance des conventions collectives.
Le président de la FTPQ-7300, Sébastien Gourre, estime pour sa part que le mouvement syndical québécois démontre depuis longtemps qu’un front commun demeure possible malgré des réalités différentes entre organisations.
« Le secteur public répète année après année l’exercice du front commun. Ils sont beaucoup plus nombreux que les paramédics du Québec et réussissent tout de même à trouver des ententes. Pourquoi nous, les paramédics, ne sommes-nous pas capables de faire la même chose? Je n’ai malheureusement pas la réponse. »
« Évidemment, un front commun peut contribuer à augmenter le rapport de force face au gouvernement », résume pour sa part Christian Duperron, président de TASBI.