25/08/2026
: la vente de produits périmés et mal conservés inquiète sur le plan sanitaire
La vente de produits alimentaires périmés ou mal conservés dans certains marchés, boutiques et espaces de commerce à Bukavu suscite des préoccupations en matière de santé publique.
Dans plusieurs points de vente, des produits tels que les jus, le riz, les produits laitiers et les conserves seraient proposés aux consommateurs alors que certains présentent des signes de détérioration ou auraient dépassé leur date de péremption.
À cela s’ajoute l’exposition de certains aliments périssables, notamment la viande et le poisson, dans des conditions qui ne garantissent pas toujours leur qualité sanitaire.
Des conditions de conservation préoccupantes
Dans un entretien accordé au Souverain Libre ce lundi 24 août 2026, Venant Cirusha, expert en santé publique, alerte sur les risques liés à l’exposition des aliments à l’air libre, à la poussière, aux fumées des véhicules et motos ainsi qu’à proximité des déchets.
Selon lui, ces mauvaises conditions d’exposition et de conservation peuvent favoriser la contamination des aliments et augmenter les risques de maladies d’origine alimentaire.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que les aliments peuvent être contaminés par des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques et provoquer plus de 200 maladies. La contamination peut intervenir à différentes étapes de la production, du stockage, du transport ou de la consommation.
L’OMS recommande notamment de maintenir la propreté, de séparer les aliments crus des aliments cuits, de bien cuire les aliments, de les conserver à des températures sûres et d’utiliser de l’eau ainsi que des matières premières sûres. Elle recommande également de ne pas consommer les aliments ayant dépassé leur date de péremption.
Des risques d’intoxication alimentaire
Pour Venant Cirusha, la consommation de produits altérés, périmés ou contaminés peut entraîner des troubles digestifs et diverses maladies d’origine alimentaire, notamment des diarrhées et des intoxications alimentaires.
Il met particulièrement en garde contre les aliments exposés aux mouches, à la poussière et à d’autres sources potentielles de contamination.
Dans le cadre de la campagne « Malisho Bora Shuleni », l’expert insiste également sur la nécessité de renforcer les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire, particulièrement autour des aliments destinés aux enfants.
Le choléra, par exemple, peut se transmettre par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés par Vibrio cholerae. L’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à de bonnes pratiques d’hygiène constitue donc un élément essentiel de prévention.
Des pratiques commerciales à surveiller
D’autres témoignages font état de pratiques frauduleuses qui consisteraient, dans certains cas, à modifier les dates de péremption ou à remettre en vente des produits déjà altérés.
Ces allégations nécessitent toutefois des vérifications auprès des services compétents et des contrôles documentés avant que des responsabilités puissent être établies.
La situation interpelle ainsi les services publics chargés du contrôle sanitaire, de la protection des consommateurs et de la surveillance des produits alimentaires.
À l’approche des fêtes de fin d’année, période durant laquelle la consommation et les échanges commerciaux connaissent généralement une hausse, le renforcement des contrôles pourrait contribuer à limiter les risques liés à la commercialisation de produits impropres à la consommation.
Pour les consommateurs, la prudence reste également de mise : vérifier la date de péremption, l’état de l’emballage, les conditions de conservation et l’aspect du produit avant tout achat constitue une précaution importante.
Patrick Cishibanji
Bukavu : Les produits périmés vendus à Bukavu exposent à la fièvre typhoïde et à des intoxications alimentaires