25/07/2026
Page d’histoire : événement politique lié au début de carrière musicale de Tabu Ley.
Adolescent timide, Pascal Ley (devenu Tabu Ley en 1973) se voit surnommé « Rochereau » à l’âge de 15 ans par ses camarades de classe, parce qu’il est le seul à répondre à une question posée par son professeur d’histoire au sujet du colonel Denfert-Rochereau.
En 1955, il fait sa première apparition sur scène au stade du 20 mai à Léopoldville (devenue Kinshasa en 1960) et est sacré « Lauréat de la chanson congolaise ».
Rochereau reste pourtant amateur jusqu’en 1959, date à laquelle il est engagé dans l’African Jazz de Joseph Kabasélé alias « Grand Kallé« , un des plus prestigieux orchestres congolais des années 1960, marquant le point de départ de ses cinquantaines années de scène et trentaines de succès dans la rumba congolaise.
Les étrangers fuient Léopoldville
Le vent de panique provoqué par les émeutes du 4 janvier 1959 à Léopoldville (qui deviendra Kinshasa en 1966) va entrainer le départ de cette paisible ville, capitale du Congo-Belge, de plusieurs étrangers qui y vivaient depuis des années. Il faut reconnaître que le chaos avait régné dans la ville pendant plusieurs jours : pillages, tirs à b***es réelles sur les émeutiers, incendies de voitures, saccages de paroisses catholiques.
L’autorité coloniale a dû faire appel aux troupes métropolitaines (contingents de l’armée belge stationnés au Congo) pour rétablir l’ordre.
Parmi les étrangers qui sont partis, il y avait des musiciens originaires du Congo-Brazzaville, qui jouaient dans les deux grands orchestres rivaux de Léopoldville : l’African-Jazz de Joseph Kabasele dit Grand Kallé et l’Ok Jazz de François Luambo dit Franco de Mi Amor. Ces musiciens brazzavillois, une fois rentrés chez eux, vont créer un orchestre qui deviendra légendaire par la suite : Les Bantous de la capitale.
Le concert de l’African Jazz au Bar vis-à-vis.
Mais à Léopoldville, en ce jour du 30 juin 1959, le Grand Kalé est très préoccupé. Il est au célèbre bar " Vis-à-Vis du quartier Matonge. Son orchestre doit jouer le soir et le propriétaire du bar le presse de démarrer le concert ; parce que les clients commencent à s’impatienter.
Grand Kallé est embarrassé car les nouveaux chanteurs qu’il a recrutés ne sont pas encore là. Il va alors avoir une inspiration : pourquoi ne pas demander à son jeune parolier, qui est présent et qui connait les chansons du groupe puisqu’il assiste aux répétitions, de commencer à chanter en attendant l’arrivée des vrais chanteurs ?
Son jeune parolier a 19 ans ; il s’appelle Pascal Emmanuel Sinamueyi Tabu, originaire du territoire de Bagata dans l’actuelle province du Kwilu. Pascal Tabu va prendre le micro et chanter la chanson Kelya.
Le public, médusé dans un premier temps par la qualité de la voix de ce jeune prodige, va l’acclamer frénétiquement. Surpris agréablement par la prestation du jeune Pascal, Grand Kallé décide immédiatement de l'intégrer dans son orchestre comme chanteur.
Une étoile de la rumba congolaise vient de naître.
Devenu plus t**d le Seigneur Tabu Ley, il va impacter durablement l’histoire de la musique congolaise et africaine.
A tel point qu’à l’an 2000, le magazine jeune Afrique va publier la liste de 100 personnalités qui ont marqué l’histoire du continent noir au 20ième siècle. La RDC aligne, à elle seule, trois noms : Patrice Emery Lumumba, le Marechal Mobutu Sese Seko et le Seigneur Pascal Tabu Ley.
Tabu Ley Rochereau rest une des plus grandes vedettes de la rumba et du soukouss congolais. Il a excellé aussi dans l'afro-cubain ou salsa africaine. Il est le premier artiste congolais à se produire à l'Olympia de Paris, en France, en 1970.
En 2011, son fils Youssoupha, grande voix du rap français lui rend hommage à travers le titre "Les disques de mon père" de l’album "Noir désir". Tabu Ley décède le 30 novembre 2013 à Bruxelles (Belgique), des suites d'une longue maladie.
Article réécrit par Adjuvant Kribios-Kauta
Extrait de l'article de Thomas LUHAKA LOSENDJOLA, Passionné de la rumba congolaise/Page d’histoire : DEUX EVENEMENTS POLITIQUES ET DEUX DEBUTS DES CARRIERES MUSICALES : TABU LEY ET KOFFI OLOMIDE.
Sources : - Il était une fois Pascal Tabu Ley
- Interview de Papa Wemba disponible sur le net
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Kribios Universal
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