11/05/2026
Dans de nombreuses traditions spirituelles anciennes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud ou d’Europe ancestrale, et donc au Bushi aussi, certains interdits liés au corps, au sang, à la sexualité, à la nourriture ou à la mort ne sont pas considérés comme des règles morales, mais comme des lois d’équilibre entre les forces visibles et invisibles.
Suivez cet extrait du Podcast Virgule avec le Mushamuka Gervais Chirhalwirwa sur ce sujet. Vous pouvez retrouver l'intégralité de la vidéo sur le YouTube de nos amis du Podcast Virgule. Nous allons compléter et préciser les propos de Oncle Chirha en disant ceci :
Le sang menstruel occupe une place centrale chez le Mushi, un peu partout en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, en Europe pre-chretienne, etc. Il est perçu comme une énergie puissante, pas impure, capable d’ouvrir un passage entre le monde physique et spirituel. Dans plusieurs traditions, la femme pendant ses règles traverse un état particulier de transformation énergétique. Certaines activités comme les rapports sexuels, le contact avec des arbres sacrés, des plantes médicinales ou des lieux rituels sont alors évitées afin de ne pas perturber les équilibres invisibles, attirer certaines entités ou affaiblir les protections spirituelles. Pendant ces règles, une femme consciente peut à la fois bénir ou maudire, selon sa volonté.
Les arbres, les forêts et les cultures sont souvent considérés comme habités par une force vitale. Toucher certaines plantes pendant cette période peut, troubler leur énergie, ralentir leur croissance ou déséquilibrer leur esprit protecteur. Dans plusieurs cosmologies animistes, la nature n’est pas vue comme inerte mais comme vivante et consciente.
Les interdits alimentaires, comme celui des œufs dans certaines cultures, repose aussi sur une logique mystique. L’œuf symbolise la fertilité, la création et le potentiel de vie. Consommer certains aliments durant des périodes spirituellement sensibles peut modifier l’énergie du corps, influencer la fécondité ou perturber l’harmonie intérieure.
Au sujet des funérailles.
Les chefs, rois ou prêtres sacrés évitent parfois les cadavres et les funérailles car la mort est considérée comme une force de rupture. Le dirigeant incarne l’ordre, la prospérité et le lien entre les ancêtres et les vivants. Le contact avec la mort peut donc affaiblir sa puissance spirituelle, rompre sa protection rituelle ou exposer la communauté à des déséquilibres invisibles.
Dans ces visions ancestrales du monde, chaque acte humain influence l’équilibre cosmique. Les interdits servent avant tout à préserver l’harmonie entre l’homme, la nature, les ancêtres et les forces spirituelles. Sagesse que les religions étrangères et la modernité tendent à faire disparaitre aujourd'hui au Bushi, au Congo, en Afrique. Les asiatiques et Sud américains ont conservés leurs traditions. L'Afrique devrait faire de même , revenir à ses traditions ancestrales, ses cultures authentiques. Aucun peuple ne peut se développer en abandonnant son identité.