02/09/2026
Matthieu 18:18
« Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »
Prédicateur, une question honnête : qui t’a donné le droit de faire dire à Jésus ce qu’il n’a pas dit ?
Je sais que cette question peut déranger.
Nous avons souvent entendu ce verset dans des prédications sur les démons, les maladies, les malédictions, les blocages et les bénédictions.
« Je lie cette maladie ! »
« Je lie cet esprit ! »
« Je délie ta destinée ! »
Mais avant de prononcer ces paroles, il faudrait peut-être faire quelque chose de plus simple : lire Matthieu 18 en entier.
Parce que Jésus ne prononce pas Matthieu 18:18 dans une réunion consacrée à la délivrance.
Il parle d’un frère qui a péché.
Il parle de confrontation, de témoins, de l’Église, de responsabilité communautaire et de la manière dont une situation doit être traitée parmi les disciples.
Puis vient cette déclaration sur ce qui est lié et délié.
Tu vois le problème ?
Le contexte change complètement notre manière de comprendre le verset.
👉 leçon : avant de chercher ce qu’un verset peut faire pour ta prédication, cherche d’abord ce que Jésus voulait réellement dire.
Cela ne signifie pas que le combat spirituel n’existe pas.
La Bible parle clairement de résister au diable, de prier, de combattre spirituellement et de vivre sous l’autorité de Christ.
Mais Matthieu 18:18 ne doit pas devenir une formule universelle permettant au prédicateur de déclarer n’importe quoi avec l’assurance que le ciel est automatiquement obligé de l’exécuter.
Le ciel n’est pas soumis à nos slogans.
L’autorité chrétienne reste une autorité sous l’autorité de Christ.
Voilà pourquoi le contexte est si important : Jésus vient de parler de la responsabilité de l’Église dans une situation de péché et de discipline. Le « lier » et le « délier » doit donc être compris dans cette dynamique d’autorité donnée à ses disciples, et non comme un chèque théologique permettant de décréter tout ce que nous désirons.
: un verset ne doit pas être interprété selon la puissance de notre imagination, mais selon la logique de son contexte.
Alors, prédicateur, arrête-toi un instant.
Pose-toi cette question avant ta prochaine prédication :
« Est-ce que ce texte dit réellement ce que je suis sur le point de lui faire dire ? »
Cette question peut sauver une prédication… et parfois même protéger toute une assemblée contre une mauvaise doctrine.
Car on peut avoir beaucoup d’onction et manquer de précision.
On peut aimer Dieu sincèrement et mal interpréter sa Parole.
On peut avoir vingt ans de ministère et avoir encore besoin d’apprendre à lire correctement un texte biblique.
L’ancienneté dans le ministère ne remplace jamais la fidélité aux Écritures.
Paul disait à Timothée : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé… dispensant droitement la parole de la vérité. » — 2 Timothée 2:15.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la formation théologique est indispensable.
À VIER ACADÉMIA, l’objectif n’est pas simplement d’accumuler des connaissances bibliques, mais d’aider les serviteurs de Dieu à mieux comprendre le texte, à l’interpréter avec rigueur et à le communiquer fidèlement.
Exégèse pour comprendre le texte.
Herméneutique pour l’interpréter correctement.
Théologie biblique pour comprendre le message des Écritures dans son ensemble.
Homilétique pour apprendre à transformer une compréhension fidèle du texte en prédication fidèle.
Parce que la Bible n’a pas besoin que nous l’améliorions. Elle a besoin que nous la comprenions correctement.
🔥 Prédicateur, ne cherche pas d’abord un verset qui soutient ton message. Cherche le message que le verset porte réellement.