19/02/2026
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LA TRIBUNE
Dialogue intercongolais : Oui à la paix, non au marchandage politique
Nous tenons à remercier le Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo, pour avoir accepté le principe de la tenue, dans les prochains mois, d’un dialogue intercongolais.
Dans le même esprit, nous saluons et encourageons le principe d’un cessez-le-feu accepté par toutes les parties prenantes au conflit à l’Est de notre pays, sous supervision internationale, dans le cadre du mécanisme de surveillance et de vérification signé le 14 octobre 2025 à Doha.
Nous soutenons l’initiative d’un dialogue, convaincus qu’il peut constituer un instrument de consolidation de la paix et de renforcement de la cohésion nationale. Toutefois, il ne saurait être un dialogue de faiblesse, ni un cadre de marchandage politique, encore moins un mécanisme opportuniste de partage du pouvoir.
Ce dialogue, qui n’est pas le premier organisé dans notre pays, doit être encadré et précédé de préalables clairs et non négociables :
– la reconnaissance sans ambiguïté de la légitimité des institutions issues du suffrage universel ;
– le respect strict de l’ordre constitutionnel ;
– la condamnation explicite de toute rébellion et de toute collusion avec des forces hostiles à la Nation ;
– la préservation absolue de l’intégrité territoriale ;
– ainsi que la fin définitive des pratiques de brassage et de mixage qui ont fragilisé notre armée et compromis sa cohésion.
Par ailleurs, la question de la réforme constitutionnelle peut être abordée sans tabou, notamment en ce qui concerne les dispositions relatives aux mandats présidentiels, dans un contexte où les deux mandats du Président ont été marqués par des crises sécuritaires et des tentatives de déstabilisation. Toutefois, toute réflexion devra s’inscrire dans un cadre légal, souverain et démocratique, fondé sur la volonté populaire.
Nous réaffirmons également qu’aucun dialogue ne saurait consacrer l’impunité : les crimes de sang relèvent exclusivement de la justice, dans le respect strict de l’État de droit et du devoir de mémoire envers les victimes.
Le dialogue intercongolais doit être un instrument de consolidation de l’État et non un facteur d’affaiblissement. Il doit servir la stabilité, la souveraineté et la dignité du peuple congolais.
Richard Ilunga Muipatayi
Ministre provincial honoraire