09/11/2025
"Ⅱ.2. b. "LA PAIX SE GAGNE, ELLE NE SE NÉGOCIE PAS !".
Il est impératif que les peuples comprennent que l'intégrité territoriale, la sécurité des peuples et la souveraineté des pays ne peuvent être décidées dans des négociations, pour la simple raison que la terre se protège par les armes.
Notre postulat ici fait écho à la pensée de Nicolas Machiavel, pour qui la survie et la liberté d’un État dépendaient de sa capacité à se défendre avec ses propres forces, et non par la parole ou la fortune.
Un pays incapable de protéger son peuple et ses terres se voit dépossédé par celui qui est armé et capable de mener la guerre de conquête.
Ce principe de la primauté de la force sur le droit est un enseignement fondamental de l'histoire des relations internationales, illustré de manière célèbre par Thucydide dans le « dialogue mélien », où les Athéniens déclarent que « dans le monde des hommes, la justice n'entre en ligne de compte que si les forces sont égales de part et d'autre », sinon c’est le plus fort qui impose sa justice.
Cette affirmation finale constitue la conclusion radicale rejetant l'efficacité des concessions ou des compromis face à une partie animée par une logique d'escalade. Dans une perspective clausewitzienne, la négociation peut n'être qu'une pause tactique, une continuation de la politique de guerre par d'autres moyens, surtout si l'objectif de l'adversaire demeure la soumission ou la fragmentation de l'autre.
La République démocratique du Congo en est un exemple typique de cette réalité.
Ce pays, victime d’une agression par ses voisins, en l'occurrence le Rwanda et l’Ouganda, depuis 1996, ne cesse de négocier tout en perdant crescendo ses terres, ses populations et sa souveraineté.
Triste est de constater qu’à chaque négociation liée à la paix dans la région des Grands Lacs, et en l'occurrence de l’Est du Congo, c’est ce pays qui cède dans tous les sens du terme.
L’accord de paix, signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis, en est une illustration.
Cette dynamique a été documentée par des historiens comme Gérard Prunier, qui a démontré comment les accords de paix successifs dans la région ont souvent entériné les gains militaires des agresseurs au lieu de restaurer l'intégrité de l'État congolais
Les revendications des belligérants et la déclaration finale signée démontrent en effet comment un pays s’est fait avoir dans le partage de ses richesses avec d'autres pays qui n’en ont pas.
Ⅱ.2.c. Le rejet du compromis face à l'insatiabilité.
Si l'adversaire est insatiable et utilise la négociation comme un outil de conquête progressive, nous devons nous rappeler que toute tentative de négocier la paix est perçue comme une faiblesse et une invitation à de nouvelles exigences.
Dans ce contexte, la négociation devient un piège, un moyen pour la partie agressive de consolider ses gains et de préparer la prochaine étape de son expansion. Négocier dans de telles conditions reviendrait, pour la partie qui cède, à organiser sa propre défaite et à légitimer l'agression.
Il s’agit ici d’un classique des relations internationales, analysé par des stratèges comme Henry Kissinger, qui a montré comment négocier avec une puissance expansionniste à partir d'une position de faiblesse revient souvent à entériner le rapport de force plutôt qu'à le changer.
Félix Tshisekedi, avec la République démocratique du Congo, vient de le montrer au monde entier : incapable de faire respecter son pays sur les théâtres des opérations, il s’est vu obligé de négocier la paix, en bradant officiellement le pays au Rwanda et en se couvrant soi-disant des États-Unis, qui sont depuis longtemps les parrains de Kagame.
Ceci reflète en grandeur nature l'adage populaire congolais qui veut que : « Le crocodile fuit la pluie dans la rivière » ; un vrai marché de dupes où le Rwanda se retrouve à partager les minerais du Congo, et les États-Unis prennent le contrôle des minerais stratégiques et critiques de la RDC.
Qui ne sait pas que le conflit que connaît la RDC depuis les années 90 fait suite à une volonté impérialiste des États-Unis d'Amérique ?
Il s’agit ici d'une affirmation qui s'appuie sur une longue histoire d'ingérence.
Des chercheurs comme Georges Nzongola-Ntalaja ont documenté le soutien américain au renversement de Mobutu par les forces rwandaises et ougandaises en 1996-1997, une intervention qui a servi des intérêts géopolitiques américains tout en plongeant le pays dans un cycle de guerres pour les ressources.
Aller demander de l’aide aux Américains pour qu’ils viennent résoudre un conflit qu’ils ont créé et qu’ils entretiennent en vous soutenant, parce qu'on est incapable de battre le Rwanda sur le terrain, n’est-ce pas en effet “fuir la pluie dans la rivière” ?
Comment un président d’un pays comme la RDC peut-il être ignorant du fait que les États-Unis sont les premiers ennemis du Congo et de l’Afrique depuis la Conférence de Berlin, s’il n’est lui-même un avatar américain, recruté effectivement pour faciliter la livraison officielle du Congo aux mains de l’Empire ?
La perception de cette hostilité historique est ancrée dans des événements fondateurs, tels que le rôle de la CIA dans la destitution et l'assassinat de Patrice Lumumba, un acte documenté en détail par Ludo De Witte et qui a marqué le début d'une ère de contrôle néocolonial sur le Congo."
Zorøbilël Ingeta Solarien, "LE DESTIN DE LA NATION : LE KONGO N'EST PAS À VENDRE", p51-56, PDT-BFP, 2025, Paris.
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