07/07/2026
Nord-Kivu : Le M23 envisagerait la suppression de la gratuité de l’enseignement dès la rentrée scolaire 2026-2027
La gratuité de l’enseignement de base, garantie par la Constitution et appliquée par le gouvernement central, ne serait plus en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire dans les entités contrôlées par le M23. L’annonce aurait été faite lundi 6 juillet, dans la grande salle de l’Institut de Kirumba (IMAKI), au cours d’une réunion avec les chefs d’établissement du primaire et du secondaire de Lubero-Sud, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu).
Convoquée officiellement par la hiérarchie scolaire, la rencontre a été présidée par des officiers militaires du mouvement. D’après plusieurs chefs d’établissement présents, le M23 a fixé un nouveau cadre de gestion administrative et financière pour toutes les écoles de la zone.
Fixation des frais scolaires
Les montants ne seront plus déterminés par les autorités provinciales du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Ils seront désormais fixés par « le Gouverneur militaire du mouvement basé dans la zone libérée de Goma ». Chaque chef d’établissement est par ailleurs tenu d’élaborer la liste complète des effectifs et de la transmettre au mouvement dès la rentrée.
Répartition de la prime des enseignants
Pour chaque paiement des frais scolaires, les officiers ont imposé la ventilation suivante :
1. Bureau gestionnaire : 20 %
2. Enseignants : 70 %
3. Frais de fonctionnement de l’école : 8 %
4. Mouvement M23 : 2 %
D’autres décisions majeures ont également été annoncées, notamment la centralisation des documents scolaires. Les responsables du M23 ont exigé que les bulletins et le minerval soient remis directement au mouvement. En conséquence, les bulletins seront produits à Goma. Il a été clairement martelé qu’aucun frais ne doit plus être acheminé vers la division provinciale de l’Éducation Nord-Kivu 2, à Butembo.
« Voilà comment va évoluer l’année prochaine », ont conclu les officiers, selon les témoignages recueillis sur place.
Cette série de mesures marque une rupture administrative avec Kinshasa. En reprenant la fixation des frais, la production des bulletins et une partie des recettes, le M23 met en place les bases d’un système éducatif parallèle dans les zones qu’il occupe.
Des chefs d’établissement craignent un alourdissement de la charge pour les parents déjà en difficulté et une fragmentation de l’unité du système national.
Défait militairement en 2013, le Mouvement du 23 mars était resté discret pendant plusieurs années. Il a repris les armes en novembre 2021 avec des attaques contre les positions des FARDC dans le Nord-Kivu, responsables de plusieurs crimes graves et de crimes contre l’humanité, selon plusieurs rapports d’experts de l’ONU.
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