29/05/2026
Méditons avec le père Alphonse Abedi l’Évangile selon saint Marc 11, 11-25 de ce vendredi 29 mai 2026.
« Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles… » (Mc 11,13)
Mes frères et mes sœurs, chers amis,
Je ne sais pas comment vous accueillez cette logique de Dieu que Jésus, son Fils, vient nous révéler. Un figuier qui ne donne pas de fruits en dehors de la saison semble sévèrement condamné. Et que dire encore des marchands du Temple, dont les comptoirs furent renversés par le Christ ?
Devant cette Parole exigeante et bouleversante, je préfère vous proposer une prière.
Seigneur, prends pitié de moi pour mon manque de foi.
Ta Parole me dérange, me trouble et me met à nu.
Tu me demandes de porter les fruits de la charité dans la vérité, à temps et à contretemps.
Et pourtant, Seigneur, tu as raison d’exiger de moi ces fruits, car tu ne demandes jamais sans avoir déjà tout donné.
Tu m’aimes sans calculer les saisons.
Tu fais lever ton soleil sur les bons comme sur les méchants.
Tu continues d’espérer en moi, même lorsque mon cœur devient sec, fatigué et stérile.
Tu attends simplement que ton amour traverse ma pauvre vie pour atteindre mes frères et mes sœurs.
Le pape Paul VI, dont nous faisons mémoire aujourd’hui, disait que le monde d’aujourd’hui a davantage besoin de témoins que de maîtres ; et que, s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont d’abord des témoins.
Oui, Seigneur, voilà ce qui manque souvent à ma foi : des fruits visibles, silencieux et concrets qui témoignent réellement de ta présence dans ma vie.
Oui, Seigneur, les fruits que tu attends de moi sont d’abord les fruits de ta grâce en moi.
Merci de venir renverser les comptoirs cachés de mon cœur,
ces lieux obscurs où je marchande encore avec ta volonté,
où je calcule ce que je dois donner,
où je résiste à ton appel,
où je transforme parfois ta grâce en commerce spirituel.
Comme le disait saint Jean Chrysostome :
« Le Temple n’est pas fait pour le trafic, mais pour la présence de Dieu. »
Et moi-même, Seigneur, je deviens souvent un temple encombré :
plein de bruits, de raisonnements, de susceptibilités et de résistances,
alors que tu cherches seulement un cœur humble où demeurer.
Quand ta Parole de vie frappe à la porte de mon cœur pour y habiter,
mon intelligence blessée se défend,
mon orgueil se réveille
et, au lieu de me convertir, je renvoie facilement la faute aux autres.
Mais toi, Seigneur, tu ne te fatigues jamais de revenir vers moi.
Tu t’approches encore de ce figuier stérile que je suis.
Tu ne cherches pas une perfection immédiate,
mais un fruit d’amour,
un commencement de conversion.
Ne permets pas que mon âme demeure couverte seulement de feuilles,
avec l’apparence de la foi mais sans les fruits de l’Évangile.
Arrache de moi tout ce qui empêche l’amour de grandir.
Renverse en moi ce qui prend la place de ta présence.
Et fais refleurir dans mon cœur la douceur, la vérité, la fidélité, la miséricorde et la foi.
Amen.