Sabango ti ala

Sabango ti ala 𝗦𝗮𝗯𝗮𝗻𝗴𝗼𝘁𝗶𝗮𝗹𝗮, 𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮 𝗮𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁. 𝗨𝗻𝗲 𝗮𝗿𝗰𝗵𝗶𝘃𝗲 𝘃𝗶𝗿𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗶𝗻𝘀𝗽𝗶𝗿𝗲𝗻𝘁.

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀 | 𝐋’𝐄𝐒𝐒𝐄𝐍𝐓𝐈𝐄𝐋 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄Sept histoires, sept visages, sept façons de raconter une Centrafrique qui trava...
06/09/2026

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀 | 𝐋’𝐄𝐒𝐒𝐄𝐍𝐓𝐈𝐄𝐋 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐒𝐄𝐌𝐀𝐈𝐍𝐄

Sept histoires, sept visages, sept façons de raconter une Centrafrique qui travaille, crée, s’engage et cherche à avancer. Cette semaine, Sabangotiala est allé de l’école à la musique, de la diplomatie à la politique, de la mode à l’engagement citoyen et à l’entrepreneuriat.

La semaine s’ouvre avec Adrien, 10 ans, élève de CM2. Pour réunir les 2 000 FCFA nécessaires à ses fournitures scolaires, il fabrique et vend des balais. Malgré les difficultés familiales et matérielles, il prépare son entrée en sixième et nourrit un rêve simple : devenir instituteur.

Puis, changement d’époque avec Martin Ziguélé, qui revient sur les circonstances de sa nomination à la primature, après douze années passées loin de la Centrafrique. Un témoignage qui replonge dans un moment marquant de l’histoire politique du pays.

La musique prend ensuite le relais avec Théo Mobanza, guitariste ayant accompagné de grandes figures africaines et internationales, dont Coumba Gawlo, Miriam Makeba et Manu Dibango. Son parcours artistique a suscité de nombreuses réactions et fait revivre, chez les internautes, une part de la mémoire musicale africaine.

Sur le terrain diplomatique, Nicaise Kossi, Chargé d’affaires à l’Ambassade de la République centrafricaine au Maroc, a porté la voix de son pays au Carrefour diplomatique de Rabat, mettant en lumière les opportunités de coopération entre la Centrafrique et ses partenaires.

La création était également à l’honneur avec Kimoto Milca Ketura, fondatrice de Bangui Fashion Week. À travers la mode, cette jeune Centrafricaine veut ouvrir un espace pour l’emploi, la créativité et le rayonnement du savoir-faire centrafricain au-delà des frontières.

Autre voix qui fait bouger les lignes : celle de la journaliste Évodie Senekping, initiatrice de la Causerie Éducative. En quelques années, cette rencontre destinée aux jeunes est passée de 150 participantes en 2022 à plus de 3 000 jeunes mobilisés en 2025, illustrant la force d’une initiative portée par la conviction et la persévérance.

Enfin, la semaine s’achève avec Miguelle Nganabeam, une jeune lycéenne qui choisit le commerce de vêtements pour construire son indépendance. Son parcours raconte, lui aussi, une jeunesse qui refuse de subir et cherche dans l’initiative personnelle un chemin vers l’autonomie.

D’un balai fabriqué par un enfant à une scène de mode, d’une guitare aux couloirs de la diplomatie, ces sept récits racontent une même réalité : celle d’une Centrafrique plurielle, portée chaque jour par des femmes, des hommes et des jeunes qui choisissent d’agir.

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀

𝐄́𝐕𝐎𝐃𝐈𝐄 𝐒𝐄𝐍𝐄𝐊𝐏𝐈𝐍𝐆 : 𝐋𝐀 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄 𝐃𝐄𝐑𝐑𝐈𝐄̀𝐑𝐄 𝐋𝐀 « 𝐂𝐀𝐔𝐒𝐄𝐑𝐈𝐄 𝐄́𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐕𝐄 »De 150 participantes en 2022 à plus de 3 000 jeunes mob...
05/09/2026

𝐄́𝐕𝐎𝐃𝐈𝐄 𝐒𝐄𝐍𝐄𝐊𝐏𝐈𝐍𝐆 : 𝐋𝐀 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄 𝐃𝐄𝐑𝐑𝐈𝐄̀𝐑𝐄 𝐋𝐀 « 𝐂𝐀𝐔𝐒𝐄𝐑𝐈𝐄 𝐄́𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐕𝐄 »

De 150 participantes en 2022 à plus de 3 000 jeunes mobilisés en 2025 : en quatre éditions, la « Causerie Éducative » a changé d’échelle. Derrière cette progression spectaculaire, une femme : Évodie Senekping. Partie de confidences de jeunes filles confrontées au harcèlement, à la stigmatisation et au manque de confiance, la journaliste et experte en communication a transformé l’écoute en action.

Aujourd’hui, son initiative entend faire émerger une jeunesse centrafricaine plus confiante, engagée et actrice de son avenir.

Il y a des projets qui naissent dans les bureaux. Celui d’Évodie Senekping est né dans l’écoute.

Journaliste et experte en communication, elle est depuis plusieurs années au contact de jeunes filles qui lui confient leurs difficultés. À force d’entendre les mêmes inquiétudes, une conviction s’impose : créer un espace où elles puissent parler, apprendre, être accompagnées et croire davantage en leur potentiel.

En juin 2022, elle passe à l’action. À l’Espace Missy Momo de Bangui, la première édition de la Causerie Éducative réunit 150 participantes autour du thème « Femme éveillée pour le développement de son pays ».
L’expérience aurait pu rester ponctuelle. Elle devient progressivement un mouvement.

En 2023, elles sont 350. En 2024, 1 500. En 2025, la quatrième édition franchit la barre des 3 000 participants. Une progression qui témoigne de l’intérêt suscité par une initiative plaçant l’éducation, le leadership et l’égalité des chances au cœur de son action.

𝐏𝐀𝐑𝐋𝐄𝐑, 𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐒𝐔𝐑𝐓𝐎𝐔𝐓 𝐀𝐆𝐈𝐑

Pour Évodie Senekping, une conférence ne suffit pas à changer une trajectoire. La Causerie Éducative s’est enrichie de formations et de dispositifs d’accompagnement.

Plus de 50 jeunes filles ont été formées à l’entrepreneuriat, tandis que d’autres ont bénéficié de formations en maquillage, restauration, communication ou art oratoire. Plus de 30 groupes de mentorat sont également actifs.

L’initiative s’est aussi distinguée par ses concours d’excellence : plus de 2 500 candidats cumulés et 15 bourses d’études attribuées. Lors de la quatrième édition, 30 lauréates ont été distinguées, dont trois grandes finalistes ayant obtenu une bourse complète.

Pour donner une structure durable à cette dynamique, Évodie Senekping crée JEFLUMA — Jeunes Filles, Lumière pour un Monde d’Avenir. L’association rassemble aujourd’hui plus de 300 jeunes filles bénévoles issues des éditions précédentes, devenues formatrices, coachs et accompagnatrices.

C’est l’une des réussites les plus significatives de son initiative : celles qui ont été accompagnées deviennent progressivement celles qui accompagnent les autres.

𝐄𝐍 𝟐𝟎𝟐𝟔, 𝐄́𝐕𝐎𝐃𝐈𝐄 𝐒𝐄𝐍𝐄𝐊𝐏𝐈𝐍𝐆 𝐄́𝐋𝐀𝐑𝐆𝐈𝐓 𝐋𝐄 𝐂𝐄𝐑𝐂𝐋𝐄

Les 14 et 15 septembre 2026, la cinquième édition de la Causerie Éducative se tiendra à la Salle de la CNSS de Bangui. Pour la première fois, les garçons seront invités à rejoindre les jeunes filles. Environ 3 000 jeunes de 15 à 30 ans sont attendus.

Le message évolue, mais l’ambition demeure : préparer une jeunesse capable de prendre sa place dans le développement du pays.

Éducation, leadership, égalité des chances, employabilité et citoyenneté structureront ces deux journées. Au programme : confiance en soi, stéréotypes de genre, entrepreneuriat, métiers de demain, numérique, intelligence artificielle et dialogue entre jeunes et décideurs.

Évodie Senekping mobilise également des personnalités de différents secteurs, parmi lesquelles le ministre du Commerce et de l’Industrie Maxime Balalou, le directeur général de BGFI Bank Hervé Kogboma, le pasteur Osée Balizou, des professionnels des médias, des entrepreneurs et des coachs.

𝐔𝐍 𝐂𝐎𝐌𝐁𝐀𝐓 𝐐𝐔𝐈 𝐃𝐄́𝐏𝐀𝐒𝐒𝐄 𝐋𝐀 𝐂𝐀𝐔𝐒𝐄𝐑𝐈𝐄

En quatre éditions, plus de 5 000 jeunes filles ont été mobilisées, plus de 10 000 kits scolaires distribués et plus de 50 000 personnes touchées indirectement, selon les données du dossier de presse.

Derrière ces chiffres, une philosophie : ne pas considérer la jeunesse comme un problème à résoudre, mais comme une force à révéler.

Évodie Senekping le résume ainsi : « L’avenir de notre pays s’écrit maintenant. Et il s’écrira avec sa jeunesse. »

D’une simple écoute est née une initiative qui fait grandir une génération. Avec la Causerie Éducative, Évodie Senekping ne se contente plus de donner la parole aux jeunes : elle les aide à devenir acteurs de leur avenir.

Une causerie aujourd’hui, des leaders pour demain.

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀

𝐌𝐈𝐆𝐔𝐄𝐋 𝐍𝐆𝐀𝐍𝐀𝐁𝐄𝐀𝐌 : « 𝐈𝐋 𝐅𝐀𝐔𝐓 𝐒𝐄 𝐁𝐀𝐓𝐓𝐑𝐄… 𝐋𝐄𝐒 𝐇𝐎𝐌𝐌𝐄𝐒 𝐕𝐎𝐍𝐓 𝐀𝐓𝐓𝐄𝐍𝐃𝐑𝐄 »Elle n’avait que 200 000 FCFA, soit environ 305 euros....
05/09/2026

𝐌𝐈𝐆𝐔𝐄𝐋 𝐍𝐆𝐀𝐍𝐀𝐁𝐄𝐀𝐌 : « 𝐈𝐋 𝐅𝐀𝐔𝐓 𝐒𝐄 𝐁𝐀𝐓𝐓𝐑𝐄… 𝐋𝐄𝐒 𝐇𝐎𝐌𝐌𝐄𝐒 𝐕𝐎𝐍𝐓 𝐀𝐓𝐓𝐄𝐍𝐃𝐑𝐄 »

Elle n’avait que 200 000 FCFA, soit environ 305 euros. Après des difficultés avec son tuteur à Bouar, la jeune Miguelle Nganabeam rentre à Bangui et décide d’investir toutes ses économies dans le commerce. Mais à peine son aventure commence-t-elle qu’une première épreuve vient la frapper : son petit hangar, construit avec l’aide de son père, est démonté pendant la nuit. Les tôles et plusieurs matériaux sont emportés.

Son rêve d’indépendance financière semble alors compromis. Pourtant, Miguelle ne renonce pas. Elle se relève, change de stratégie et recommence ailleurs. Pour cette jeune fille, l’essentiel est de s’affirmer d’abord, avant de compter sur qui que ce soit.

Actuellement en classe de première, Miguelle a quitté Bouar, dans l’ouest de la Centrafrique, après y avoir effectué sa classe de seconde au lycée moderne. Confrontée à de sérieuses difficultés avec son tuteur, elle choisit de rentrer à Bangui pour retrouver son père. Mais elle ne revient pas les mains vides.

À Bouar, elle avait patiemment économisé 200 000 FCFA. Pour une jeune fille de son âge, cette somme pourrait servir à acheter des vêtements, des mèches, des produits de beauté ou encore un téléphone. Miguelle fait un autre choix : transformer cette économie en capital pour entreprendre.

Avec l’aide de son oncle, surnommé Sacré, elle se rend à Garoua-Boulaï, à la frontière camerounaise, pour acheter ses premières marchandises : des vêtements.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢, 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐮𝐫

De retour à Bangui, Miguelle ne dispose ni de boutique ni d’un véritable espace pour vendre ses marchandises. Elle commence donc par la livraison.
L’expérience se révèle rapidement difficile. Certains clients deviennent difficiles à joindre, d’autres ne répondent plus aux appels et, parfois, les paiements t**dent à arriver.

« Mes petits bénéfices restaient chez les clients », déplore-t-elle.

Plutôt que d’abandonner, la jeune entrepreneure décide alors de changer de méthode.

Avec l’aide de son père, elle construit un petit hangar au bord de la route, à Gbaloko, au PK16. Elle pense enfin avoir trouvé son point de départ. Mais une nouvelle épreuve l’attend. Pendant la nuit, le hangar est démonté par un parent de son père, qui emporte les tôles ainsi que plusieurs autres matériaux.

Une nouvelle fois, Miguelle aurait pu renoncer. Elle choisit de recommencer.
Son père lui propose un autre emplacement, au bord de la route, au PK18, sur l’axe Boali. Cette fois, elle ne construit pas de hangar en tôles. Une simple bâche bleue lui sert d’abri.
Avec quelques pointes et des cintres, elle suspend ses vêtements un à un, dans l’espoir d’attirer l’attention des passants.

𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐫𝐞́𝐮𝐬𝐬𝐢, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐛𝐚𝐧𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́

Depuis août dernier, Miguelle vend des vêtements pour hommes et femmes. Elle propose également des services de transfert de crédit. Si la clientèle reste encore modeste pour les vêtements, le transfert de crédit fonctionne, lui, beaucoup mieux.

Avec la rentrée scolaire, Miguelle devra toutefois suspendre temporairement son activité, faute de quelqu’un pour prendre le relais pendant ses heures de cours. Elle compte néanmoins reprendre dès les prochaines vacances.
Son objectif est simple : construire progressivement son indépendance, tout en poursuivant ses études, et surtout ne pas céder trop vite à la facilité. Aux jeunes filles de son âge, elle adresse un message sans détour :

« La beauté est un piège. Nous, les jeunes filles, devons profiter de notre adolescence pour étudier, apprendre un métier si possible, entreprendre à l’occasion et surtout ne pas compter sur l’argent des hommes. Il ne faut pas penser aux hommes. Ils sont là, ils vont attendre. »

Miguelle n’a pas encore une grande boutique. Elle ne dispose pas encore d’une clientèle importante. Son activité reste fragile et le chemin vers l’indépendance est encore long.
Mais elle possède déjà quelque chose de précieux : la volonté de se prendre en main, le courage de recommencer et le goût de l’indépendance.

Son premier hangar a été détruit. Ses premières méthodes de vente n’ont pas fonctionné comme elle l’espérait. Sa clientèle se fait encore attendre. Pourtant, à chaque difficulté, Miguelle trouve toujours un moyen de repartir.

Car son histoire ne se résume pas à quelques vêtements suspendus sous une bâche bleue. Elle raconte le parcours d’une jeune fille qui, avec seulement 200 000 FCFA, a choisi de croire en elle plutôt que d’attendre que quelqu’un vienne construire son avenir à sa place.

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀

𝐓𝐇𝐄́𝐎 𝐌𝐎𝐁𝐀𝐍𝐙𝐀 : 𝐋𝐀 𝐆𝐔𝐈𝐓𝐀𝐑𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐌𝐄̀𝐍𝐄 𝐀̀ 𝐌𝐈𝐑𝐈𝐀𝐌 𝐌𝐀𝐊𝐄𝐁𝐀 𝐄𝐓 𝐌𝐀𝐍𝐔 𝐃𝐈𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎À dix ans, Théophile André Koumangou ne possède ni ...
04/09/2026

𝐓𝐇𝐄́𝐎 𝐌𝐎𝐁𝐀𝐍𝐙𝐀 : 𝐋𝐀 𝐆𝐔𝐈𝐓𝐀𝐑𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐌𝐄̀𝐍𝐄 𝐀̀ 𝐌𝐈𝐑𝐈𝐀𝐌 𝐌𝐀𝐊𝐄𝐁𝐀 𝐄𝐓 𝐌𝐀𝐍𝐔 𝐃𝐈𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎

À dix ans, Théophile André Koumangou ne possède ni véritable guitare ni partition. Il possède seulement l’envie d’apprendre. Dans son Ouango Bangassou natal, il écoute les musiques qui traversent les frontières et tente de reproduire, sur des guitares fabriquées artisanalement, les fameux « sebenes ». Sans le savoir encore, l’enfant vient de poser les premiers accords d’une histoire qui le conduira des orchestres de Bangui aux scènes internationales.

𝐃𝐞 𝐎𝐮𝐚𝐧𝐠𝐨 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐚𝐬𝐬𝐨𝐮 𝐚̀ 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐮𝐢

Dans cette petite bourgade centrafricaine située à proximité de la RDC, les ondes radio ne connaissent pas vraiment les frontières. Radio Centrafrique côtoie La Voix de la Révolution Congolaise de Brazzaville et Radio Mbandaka de l’ex-Zaïre. Le fleuve Mbomou, que l’on peut traverser pour rejoindre la RDC, constitue aussi un passage entre deux univers culturels.

Le jeune Koumangou grandit ainsi dans un bain musical où se croisent les sonorités centrafricaines et congolaises. Franco du TP OK Jazz et Prosper Mayélé du Centrafrican Jazz deviennent ses références.

En 1977, le jeune musicien arrive dans le monde des orchestres avec Les Messies de la Musika, à Sica 2, à Bangui. Il est rapidement remarqué par Georges Francis Ferreira, qui devient son mentor et l’intègre aux Makembés, un orchestre qui vient bousculer les formations établies.

Mais Mobanza ne restera pas longtemps dans le rôle de simple exécutant.

Avec Naïmo Christa, Aby Ngomatéké, Johnson Karawa, Bovick Gazouléma et d’autres compagnons, il participe à la création de Canon Star, qui deviendra une véritable machine à tubes.

Puis vient le temps de l'indépendance artistique. Il quitte Canon Star et lance Cool Stars, son propre orchestre. Avec le Studio Bonga Bonga de Régis Sissoko, il trouve un espace où sa créativité peut s’exprimer pleinement.

𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐠𝐮𝐢𝐭𝐚𝐫𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐥𝐞 𝐣𝐚𝐳𝐳

Théo Mobanza aurait pu rester dans le sillage des musiques urbaines populaires d’Afrique centrale. Il choisit une autre voie. Le jazz l’attire.

Wes Montgomery, George Benson, Earl Klugh, Django Reinhardt, Charlie Parker et John Coltrane entrent dans son univers. Manu Dibango et Fela Kuti complètent cette constellation d’influences.

Mais Mobanza ne cherche pas à devenir un simple imitateur du jazz occidental. Une question semble désormais habiter sa démarche : que peut apporter le jazz à la musique africaine, et que peut apporter l’Afrique au jazz ?

Ses rencontres au Centre Culturel Français de Bangui avec Michel Bernay, Jean-Jacques Milteau, Gilles Reine et Stanislas Banda deviennent déterminantes.

Avec Vincent Mambachaka et Régis Sissoko, il crée alors Ndaï Ndaï, un groupe qui tente de faire dialoguer les sonorités contemporaines avec les sources traditionnelles de la musique centrafricaine.

𝐋𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞

En 1995, Ndaï Ndaï participe au MASA, à Abidjan. La prestation séduit des programmateurs internationaux. Des portes s’ouvrent vers Anvers, Amsterdam, Brazzaville et Yaoundé.
Mais alors que l’aventure commence à prendre une dimension internationale, la Centrafrique s’enfonce dans une grave crise militaro-politique.

Mutineries, coups d’État et couvre-feux ralentissent l’élan du groupe.

En 1999, Mobanza décide de tenter une nouvelle aventure à Dakar auprès de son compatriote Mondésir Oualou, dit Mondez.

Deux ans plus t**d, une nouvelle étape majeure s’écrit. Régis Sissoko lui confie la direction musicale d’une création réunissant le groupe des Pygmées Aka de Centrafrique et le ballet contemporain Lines Alonzo de San Francisco.

Pendant trois mois, Mobanza parcourt 14 États américains.

Cette expérience renforce sa conviction : la rencontre entre les musiques africaines et le jazz n’est pas seulement possible. Elle peut devenir son langage.

𝐒𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐜𝐞̀𝐧𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐬

En 2002, une autre page importante s’ouvre. Théo Mobanza devient le guitariste de la chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck, qu’il accompagne sur scène et en studio.

Son parcours lui permet également de jouer aux côtés de grandes figures de la musique africaine, parmi lesquelles Miriam Makeba et Manu Dibango.

De Bangui à Dakar, des traditions centrafricaines au jazz, des petites scènes aux grandes rencontres, le guitariste construit peu à peu une identité qui lui ressemble : éclectique, ouverte et profondément attachée à l’Afrique.

𝐋𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞

En 2015, Mobanza s’installe en France. Il veut explorer d’autres horizons et transmettre son expérience aux artistes européens. Mais l’expérience ne lui suffit pas. Il retourne aussi à l’apprentissage.

De 2020 à 2024, il étudie à l’Institut de jazz afro-américain, ARPEJ, à Paris. Il y obtient un diplôme en composition et arrangements Big Band Jazz.

Après des décennies de pratique, le musicien ajoute ainsi la formation académique à son expérience de scène et de studio.

𝐄𝐌𝐁𝐀𝐑𝐆𝐎, 𝐩𝐮𝐢𝐬 « 𝐍𝐨 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 »

Le 30 août 2026, Théo Mobanza franchit une nouvelle étape avec la sortie de son maxi-single « EMBARGO », présenté dans sa biographie comme un projet de quatre œuvres diffusées sur les plateformes de streaming.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Il travaille actuellement sur « No Comment », un album de Fusion Afro Jazz qui revisite des mélodies africaines populaires pour les transformer en une proposition personnelle d’African Smooth Jazz.
Le titre est déjà tout un manifeste.
« Qui a dit que le Jazz est une musique élitiste en Afrique ? »

La réponse de Mobanza tient peut-être dans sa guitare. Celle d’un enfant de Ouango Bangassou qui, à dix ans, reproduisait les sebenes sur une guitare fabriquée de ses propres mains ou presque, et qui, plusieurs décennies plus t**d, continue de chercher dans les cordes un point de rencontre entre l’Afrique, le jazz et le monde.

Théo Mobanza. « No Comment ». Le guitariste à écouter sans modération.

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𝐋𝐀 𝐂𝐄𝐍𝐓𝐑𝐀𝐅𝐑𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐀𝐔 𝐂Œ𝐔𝐑 𝐃𝐔 𝐂𝐀𝐑𝐑𝐄𝐅𝐎𝐔𝐑 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐃𝐄 𝐑𝐀𝐁𝐀𝐓À Rabat, les échanges économiques ouvrent de nouvelles perspec...
03/09/2026

𝐋𝐀 𝐂𝐄𝐍𝐓𝐑𝐀𝐅𝐑𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐀𝐔 𝐂Œ𝐔𝐑 𝐃𝐔 𝐂𝐀𝐑𝐑𝐄𝐅𝐎𝐔𝐑 𝐃𝐈𝐏𝐋𝐎𝐌𝐀𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐃𝐄 𝐑𝐀𝐁𝐀𝐓

À Rabat, les échanges économiques ouvrent de nouvelles perspectives pour la coopération entre le Maroc et ses partenaires internationaux. La Centrafrique entend pleinement saisir ces opportunités.

Pour consolider davantage la coopération bilatérale avec le Royaume du Maroc, la République centrafricaine a pris part, hier mardi 02 septembre, au Carrefour diplomatique de Rabat.

Une rencontre présidée par Nadia Fettah Alaoui, Ministre de l’Économie et des Finances du Royaume du Maroc, autour du thème : « Économie marocaine et partenariats internationaux : quels nouveaux leviers pour l’investissement et une croissance durable et inclusive ? »

La Républiue centrafricaine y était représentée par Nicaise Kossi, Chargé des Affaires à l’Ambassade centrafricaine auprès du Royaume du Maroc.

Sa participation a permis de suivre les grandes orientations économiques du Royaume, d’échanger avec les acteurs présents et d’explorer de nouvelles pistes de coopération en matière d’investissement, de financement et de développement durable.

Cette démarche traduit une volonté claire : renforcer les liens économiques avec le Maroc et transformer le dialogue diplomatique en partenariats concrets au service du développement de la Centrafrique.

𝑺𝑨𝑩𝑨𝑵𝑮𝑶𝑻𝑰𝑨𝑳𝑨

𝐁𝐀𝐍𝐆𝐔𝐈 𝐅𝐀𝐒𝐇𝐈𝐎𝐍 𝐖𝐄𝐄𝐊 : 𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐒𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐊𝐄𝐓𝐔𝐑𝐀 𝐌𝐈𝐋𝐂𝐀 𝐊𝐈𝐌𝐎𝐓𝐎𝗗𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗿é𝗮𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é à 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗶𝗮𝘁, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗹𝗮𝘁𝗲𝗳𝗼𝗿𝗺...
02/09/2026

𝐁𝐀𝐍𝐆𝐔𝐈 𝐅𝐀𝐒𝐇𝐈𝐎𝐍 𝐖𝐄𝐄𝐊 : 𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐒𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐊𝐄𝐓𝐔𝐑𝐀 𝐌𝐈𝐋𝐂𝐀 𝐊𝐈𝐌𝐎𝐓𝐎

𝗗𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗿é𝗮𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é à 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗶𝗮𝘁, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗹𝗮𝘁𝗲𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗮𝗹𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀

À Bangui, sous les lumières d’un podium, un tissu peut raconter une histoire, une couture révéler un talent et une jeune créatrice entrevoir un avenir.

C’est cette conviction qui anime Kimoto Milca Ketura. Depuis 2022, la promotrice de la Bangui Fashion Week ne veut pas simplement organiser des défilés : elle veut construire un espace où la créativité devient compétence, activité et opportunité.

𝐔𝐍 𝐏𝐀𝐑𝐈 𝐀𝐔-𝐃𝐄𝐋𝐀̀ 𝐃𝐄𝐒 𝐏𝐎𝐃𝐈𝐔𝐌𝐒

Derrière une robe ou un accessoire, il y a toute une chaîne : couturiers, stylistes, artisans, mannequins, maquilleurs, coiffeurs, photographes, communicants et entrepreneurs. La Bangui Fashion Week (BFW) veut réunir ces métiers et leur donner davantage de visibilité.

L’idée est simple : un talent ne doit pas rester dans l’ombre faute de formation, de réseau ou de marché.

La plateforme BFW propose ainsi des rencontres, des formations, des expositions, des ventes et du réseautage. Elle cherche à rapprocher les créateurs des partenaires, des entreprises, des médias et des professionnels internationaux.

𝐋𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄 𝐏𝐑𝐄𝐌𝐈𝐄̀𝐑𝐄𝐒 𝐀𝐌𝐁𝐀𝐒𝐒𝐀𝐃𝐑𝐈𝐂𝐄𝐒

En 2022, la première édition affiche clairement ses ambitions : « La mode, levier de l’autonomisation de la femme africaine ».

Le choix n’est pas anodin. Dans les ateliers et les petits espaces de création, des femmes cousent, dessinent, vendent, maquillent, coiffent et entreprennent chaque jour. La BFW veut que ce savoir-faire puisse devenir une véritable source d’autonomie.

La mode n’est donc plus seulement une affaire de beauté. Elle devient un moyen d’apprendre, de créer, de vendre et de gagner son indépendance.

𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐒𝐂𝐄̀𝐍𝐄 𝐋𝐎𝐂𝐀𝐋𝐄 𝐀̀ 𝐋’𝐀𝐌𝐁𝐈𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐈𝐍𝐓𝐄𝐑𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐀𝐋𝐄

En 2024, la deuxième édition pose une nouvelle question : « La place du savoir-faire centrafricain sur le marché international ».

Le regard change. Il ne suffit plus de créer ; il faut pouvoir montrer, vendre, exporter et collaborer. La BFW ambitionne alors de connecter les talents centrafricains à de nouveaux réseaux et de faire franchir aux créations les frontières du pays.

𝐄𝐍 𝟐𝟎𝟐𝟔, 𝐋𝐀 𝐂𝐔𝐋𝐓𝐔𝐑𝐄 𝐃𝐄𝐕𝐈𝐄𝐍𝐓 𝐈𝐃𝐄𝐍𝐓𝐈𝐓𝐄́

Du 14 au 20 décembre 2026, la troisième édition portera un message encore plus profond : « MA CULTURE, MON IDENTITÉ ».

Cette fois, les tissus, motifs, matières, techniques artisanales et traditions centrafricaines seront au cœur de la création.

L’ambition : moderniser sans effacer, innover sans renier et s’ouvrir au monde sans perdre ses racines.

À travers la mode, la Centrafrique peut ainsi raconter ses histoires, ses couleurs et ses imaginaires.

𝐔𝐍 𝐑𝐄𝐍𝐃𝐄𝐙-𝐕𝐎𝐔𝐒 𝐐𝐔𝐈 𝐒’𝐈𝐍𝐒𝐓𝐀𝐋𝐋𝐄 𝐃𝐀𝐍𝐒 𝐋𝐀 𝐃𝐔𝐑𝐄́𝐄

2022. 2024. 2026. Trois éditions qui installent progressivement la BFW dans le paysage des industries culturelles et créatives centrafricaines.

Pour Kimoto Milca Ketura, l’enjeu dépasse les vêtements et les podiums. Il s’agit de faire comprendre qu’un créateur peut devenir entrepreneur, qu’un artisan peut accéder au marché et qu’une passion peut devenir un métier.

Son pari tient en quelques mots : apprendre, créer, présenter, rencontrer, vendre,collaborer et se professionnaliser.

𝐋𝐄 𝐏𝐀𝐑𝐈 𝐃𝐄 𝐊𝐈𝐌𝐎𝐓𝐎 𝐌𝐈𝐋𝐂𝐀 𝐊𝐄𝐓𝐔𝐑𝐀

À travers la Bangui Fashion Week, elle défend une vision : une Centrafrique créative, fière de son identité et capable de faire de sa culture une force économique.

Le 14 décembre 2026, lorsque les premiers mannequins fouleront le podium de cette troisième édition, il ne s’agira donc pas seulement de présenter des collections.

Il s’agira aussi de montrer qu’à Bangui, la culture peut devenir une économie, la créativité une opportunité et le talent un ambassadeur de la Centrafrique.

SABANGOTIALA-Raconter ceux qui impactent

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝐈𝐈 — 𝐙𝐈𝐆𝐔𝐄́𝐋𝐄 𝐃𝐈𝐓 𝐍𝐎𝐍… 𝐏𝐀𝐓𝐀𝐒𝐒𝐄́ 𝐃𝐈𝐓 𝐎𝐔𝐈Jusque-là, Martin Ziguélé avait construit sa trajectoire avec patience, entr...
01/09/2026

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝐈𝐈 — 𝐙𝐈𝐆𝐔𝐄́𝐋𝐄 𝐃𝐈𝐓 𝐍𝐎𝐍… 𝐏𝐀𝐓𝐀𝐒𝐒𝐄́ 𝐃𝐈𝐓 𝐎𝐔𝐈

Jusque-là, Martin Ziguélé avait construit sa trajectoire avec patience, entre études, carrière internationale et engagement politique. Puis vient 2001. Une rencontre avec Ange-Félix Patassé fait basculer son destin : l’enfant de Paoua, devenu expert des assurances et cadre de la BEAC, se retrouve aux portes de la Primature. Il ne le sait pas encore, mais quelques heures vont suffire à transformer une carrière professionnelle en destin politique. Le retour à Bangui sera le premier tournant de cette ascension.

𝐋𝐄 𝐑𝐄𝐓𝐎𝐔𝐑 𝐀̀ 𝐁𝐀𝐍𝐆𝐔𝐈

Après plusieurs années passées hors de Centrafrique, Martin Ziguélé rentre au pays en mars 2001.

Il prend ses fonctions à la direction nationale de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à Bangui, en remplacement de M. Yologaza. Dans son esprit, le retour est avant tout professionnel. Après douze années passées à l’étranger, il entend reprendre ses marques et poursuivre tranquillement sa carrière.

Pourtant, quelques années auparavant, une phrase lancée par un supérieur aurait pu lui mettre la puce à l’oreille.

À la fin de sa mission à la direction nationale de la BEAC au Cameroun, son directeur de l’époque, Sadou Hayatou, lui aurait dit :

« Tel que je te vois, je pense que tu ne veux pas arrêter ta carrière à la direction nationale de la BEAC pour la RCA. »

Ziguélé raconte ne pas avoir compris ce que son supérieur voulait réellement dire. Il choisit même de ne pas lui poser la question. Il allait bientôt en découvrir le sens.

𝐋𝐄 𝐂𝐎𝐔𝐏 𝐃𝐄 𝐓𝐄́𝐋𝐄́𝐏𝐇𝐎𝐍𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐆𝐄 𝐒𝐀 𝐕𝐈𝐄

À peine revenu à Bangui, Martin Ziguélé se retrouve un jour à table avec Ali Al-Adoul, le Tchadien qui assurait alors l’intérim à la direction de la BEAC après le départ de Yologaza. Le téléphone sonne. À l’autre bout du fil : Ange-Félix Patassé, Président de la République.

Le président lui demande de venir à sa résidence. Ziguélé s’exécute. Il ne sait pas encore qu’en répondant à cet appel, il est en train de tourner l’une des pages les plus décisives de sa vie.

À son arrivée, Patassé lui parle de ceux qui l’ont accompagné dans son combat politique et de la nécessité, désormais, de mettre leur expérience au service du pays.

Puis vient l’annonce. Patassé lui fait savoir qu’il souhaite le voir prendre la tête du gouvernement centrafricain.

Martin Ziguélé est surpris. Le président lui rappelle alors les années de lutte et le rôle joué par plusieurs de ses proches dans sa décision de se présenter à l’élection présidentielle de 1992.

« Écoute, vous m'avez toujours soutenu dans cette lutte en 1992 à Paris. Charles Massi, Jean-Jacques Demafout, Gilbert Nadigi Wazala, Belogoué et toi avez insisté pour que je sois candidat, contrairement à mon idée de laisser Jean-Luc Mandaba faire un mandat avant. Vous m'avez convaincu et j'ai fait le travail. J'ai connu beaucoup de difficultés, donc je voudrais que vous aussi vous vous mouilliez le maillot », rapporte Martin Ziguélé en relatant les propos de Patassé.

Le message est clair : après avoir soutenu le combat politique, il est temps de prendre sa part de responsabilité.

𝐈𝐋 𝐃𝐈𝐓 𝐍𝐎𝐍… 𝐏𝐀𝐓𝐀𝐒𝐒𝐄́ 𝐃𝐈𝐓 𝐎𝐔𝐈

La réaction de Ziguélé est pourtant immédiate. Il refuse.

À peine revenu au pays après douze années d’absence, il estime ne pas connaître suffisamment les hommes, les réalités administratives et les rouages de l’État centrafricain pour occuper la Primature.

Il tente de convaincre le président Patassé de lui laisser du temps pour s’imprégner du fonctionnement du pays.

Mais le président ne cède pas.
Au contraire, il lui demande de lui proposer deux profils : l’un pour la direction générale des Douanes, l’autre pour la direction générale des Impôts.

La rencontre s’achève. Mais Ziguélé n’a pas renoncé à l’idée de faire changer le président d’avis.

À peine sorti de la résidence présidentielle, il contacte le président de l’Assemblée nationale, Luc-Apollinaire Dondon-Konamabaye, qu’il considère comme l’un des rares responsables susceptibles de faire infléchir Patassé. Il lui raconte la scène et lui demande d’intervenir.

Dans la foulée, il contacte également le Premier ministre en fonction, Anicet-Georges Dologuélé, pour l’informer de la décision présidentielle.
Les dernières tentatives restent sans effet.

Le lendemain, dimanche 1er avril 2001 à 13 heures, le décret tombe : Martin Ziguélé est nommé Premier ministre de la République centrafricaine.

La veille encore, il cherchait à échapper à la Primature. Quelques heures plus t**d, il en devient le locataire. Beaucoup ont cru à un poisson d’avril, pourtant, ce n’en est pas un.

𝐃𝐄 𝐌𝐈𝐋𝐈𝐓𝐀𝐍𝐓 𝐀̀ 𝐂𝐇𝐄𝐅 𝐃𝐔 𝐆𝐎𝐔𝐕𝐄𝐑𝐍𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓

Cinq jours après sa nomination, Martin Ziguélé retrouve Ange-Félix Patassé au palais de la Renaissance.

Cette fois, le président ne l’appelle plus simplement « Martin ». Il lui dit :
« Monsieur le Premier ministre. »

Quelques mots seulement, mais toute une vie vient de changer de statut.
Le militant entré au MLPC en 1979 est désormais chef du gouvernement centrafricain.

Selon son récit, cette première rencontre permet aux deux hommes de définir les règles de fonctionnement du nouveau gouvernement.

Ziguélé affirme que, hormis les portefeuilles de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, Patassé lui laisse une large marge de manœuvre dans la composition de son équipe gouvernementale. Il décrit ainsi une relation fondée sur une confiance importante.

Pendant ses deux années à la Primature, il affirme même n’avoir tenu qu’un seul Conseil des ministres en présence du Président Patassé . Pour les autres, le chef de l’État lui aurait laissé la responsabilité de conduire l’action gouvernementale et de mettre en œuvre les orientations définies au sommet de l’État.

Une confiance qui, pour Ziguélé, va rapidement se traduire en actes.

𝐋'𝐀𝐆𝐑𝐈𝐂𝐔𝐋𝐓𝐔𝐑𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄 𝐁𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐋𝐄 𝐃𝐔 𝐃𝐄́𝐕𝐄𝐋𝐎𝐏𝐏𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓

Au cœur de cette vision : l’agriculture.

Pour Patassé, ingénieur agronome, le développement de la Centrafrique passe nécessairement par la transformation de son secteur agricole. Cette conviction devient l’une des orientations majeures portées par Ziguélé à la Primature.

L’ambition est de faire de l’agriculture autre chose qu’un simple moyen de subsistance : un véritable levier de transformation économique et sociale.

Dans cette vision, le choix de Ziguélé n’est donc pas seulement celui d’un militant fidèle. Il est aussi celui d’un professionnel formé, expérimenté et appelé à traduire une vision politique en action gouvernementale.

𝐋𝐀 𝐏𝐑𝐈𝐌𝐀𝐓𝐔𝐑𝐄 : 𝐋𝐄 𝐃𝐄́𝐁𝐔𝐓 𝐃'𝐔𝐍𝐄 𝐀𝐔𝐓𝐑𝐄 𝐇𝐈𝐒𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄

Martin Ziguélé n’avait pas cherché la Primature.

Il avait même tenté de l’éviter.
Mais en quelques heures, le militant du MLPC, l’expert des assurances et le cadre de la BEAC deviennent Premier ministre de la République centrafricaine.

Son ascension raconte alors plus que le parcours d’un homme : elle raconte le moment où une longue fidélité politique rencontre les exigences du pouvoir.

Mais cette nomination, qui ressemble d’abord à l’aboutissement d’un long engagement, ouvrira aussi une période faite de décisions, de désillusions et de blessures politiques.

Dans l’Acte III, Martin Ziguélé reviendra sur son passage à la Primature, son plus grand regret au sommet du gouvernement et cette trahison politique qui, selon son récit, lui a laissé l’une de ses blessures les plus profondes.

À suivre : ACTE III la semaine prochaine, LE REGRET ET LA TRAHISON.

𝐒𝐀𝐁𝐀𝐍𝐆𝐎𝐓𝐈𝐀𝐋𝐀

Adresse

République Centrafricaine
Bangui

Téléphone

+23672098773

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