10/05/2026
Dans "Passé simple" de mai, Anne Andenmatten nous raconte le voyage de Vera de Fischer en Valais en 1907. Elle vient rendre visite à une condisciple de pensionnat Henriette de Kalbermatten et découvrir un canton qu'elle trouve exotique. L'aristocrate bernoise tombe amoureuse du frère de sa camarade, Guillaume, et l'épouse quelques temps plus t**d.
L'histoire semble banale.
Elle ne l'est pas : à l'époque un mur de méfiance et de préjugés sépare catholiques et protestants. Avec ce couple improbable, on est face à un des nombreux cas individuels qui viennent contredire la situation collective.
Avant et après la guerre du Sonderbund, pendant le Kulturkampf, on dénombre de nombreux exemples de liens d'amour, d'affaires, d'amitiés entre des membres des deux confessions.
Chaque cas est différent et mérite un examen et une explication. Dans l'exemple de Véra de Fischer et de Guillaume de Kalbertmatten, le fait d'appartenir à la même classe sociale noble et privilégiée a peut-être contribué à effacer la différence religieuse.
On n'a en tout cas pas gardé trace de protestations des membres d'une famille ou de l'autre.
Illustration
Vera de Fischer et Guillaume de Kalbermatten en 1911 pendant la période de leur fiançailles. Photo reproduite par Anne Andenmatten, Archives de la Bourgeoisie de Sion, Archives de l'État du Valais.