26/08/2026
Un article de Mossi Bigirimana, rédacteur à Voix d’Exils, se concentrant sur l’évolution de la diaspora burundaise depuis la crise de 2015.
"L’exil transforme aussi les identités. Les adultes doivent apprendre à vivre dans une nouvelle société, parfois dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas. Ils découvrent d’autres institutions, d’autres habitudes et d’autres repères culturels tout en cherchant à transmettre à leurs enfants une partie de leur histoire. Pour les plus jeunes, la situation est souvent différente. Beaucoup grandissent entre plusieurs univers. À la maison, ils parlent kirundi avec leurs parents. À l’école, ils utilisent la langue du pays d’accueil. Ils développent progressivement une identité multiple, nourrie à la fois par leurs origines et par leur environnement quotidien.
Cette double appartenance peut être une richesse. Elle permet de naviguer entre plusieurs cultures, plusieurs langues et plusieurs façons de voir le monde. Mais elle soulève aussi des questions : où se trouve réellement son chez soi lorsqu’on n’a jamais vécu dans le pays de ses parents ? Comment construire son identité entre deux histoires ? Ces interrogations traversent de nombreuses familles burundaises installées à l’étranger."