Actualités Brûlantes du Sahel

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Sahel central : on ne construit pas un État contre une partie de son peupleÀ la tribune des Nations unies, le 28 septemb...
02/10/2026

Sahel central : on ne construit pas un État contre une partie de son peuple

À la tribune des Nations unies, le 28 septembre, le ministre malien des Affaires étrangères a de nouveau accusé l'Ukraine de soutenir des groupes qualifiés de terr..oristes au Sahel. Au-delà de Kiev, la cible est transparente : le FLA et, plus largement, les aspirations des populations de l'Azawad. La déclaration commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger, prononcée au nom de la Confédération des États du Sahel, procède de la même logique : tout adversaire intérieur est un terro...riste, et tout terr....oriste a un parrain étranger.

Un amalgame qui dispense de gouverner
Les groupes jihad istes et les mouvements politico-militaires de l'Azawad n'ont ni le même projet ni la même histoire. La question de l'Azawad précède de plusieurs décennies l'apparition du jih adisme dans le nord du Mali. Tout confondre sous l'étiquette « terro riste » évite de se demander pourquoi une partie de la population a pris les a***s et pourquoi elle cherche et trouve parfois des soutiens.

Qui, ici, fait appel à des forces étrangères ?

Officiellement, ce sont les autorités maliennes qui ont appelé des forces étrangères à combattre à leurs côtés, et leur ministre l'a revendiqué à la tribune de l'ONU en vantant la coopération avec la Russie. Mais un État peut-il recourir à des forces extérieures pour s'en prendre à une partie de sa population ? Évidemment pas. Être invité par un gouvernement ne donne pas carte blanche : ce que ces forces commettent contre des civils engage la responsabilité politique de ceux qui les ont appelées, comme de ceux qui les envoient.

On peut déplorer l'internationalisation de ce conflit, qui ne servira aucune communauté du Sahel central. Mais on ne peut en faire grief aux seuls mouvements de l'Azawad, tant que l'armée malienne ne protège plus indistinctement tous les citoyens et que le différend politique n’a pas trouvé une issue. Un discours souverainiste fondé sur le refus des forces étrangères, tenu par des États qui en accueillent, expose ses auteurs à l'accusation de souveraineté à géométrie variable. Chacun comprend d'ailleurs que ces appuis servent d'abord à soutenir les pouvoirs en place face à leurs oppositions intérieures.

Des exactions documentées

Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté de nombreuses v_iolences contre des civils : ex_écutions sommaires, frappes sur des zones habitées, déplacements forcés de populations. Les données de l'ACLED sur les vi_olences visant les civils recoupent ces constats. Or une armée qui prend pour cibles certaines communautés cesse d'être une armée républicaine, car elle ne protège plus l'ensemble des citoyens. L'État perd alors la crédibilité nécessaire pour solliciter le soutien de ses partenaires et des Nations unies au nom d'une légitimité qu'il a, de fait, perdue. Les trois États affirment accepter un examen impartial mais refuser le procès politique. Dont acte : que Bamako ouvre alors le nord du pays aux enquêteurs indépendants, onusiens, africains ou non gouvernementaux. Le retrait annoncé de la Cour pénale internationale, justifié par la sélectivité de la justice, ne plaide pas pour leur bonne foi.

Des États encore en construction.

Le fond du problème n'est pas le ter_rorisme. Dans les trois pays du Sahel central, l'État est encore en construction. Hérité de la colonisation, sans lien suffisant avec les réalités de ses populations, il peine à représenter et à se faire accepter de toutes. Cette construction ne se fera que si l'État respecte la diversité ethnoculturelle de ses habitants, au lieu de traiter certains d'entre eux en suspects ou en ennemis.

Au Mali, cela suppose une organisation de l'État mieux adaptée à ses réalités géographiques et socioculturelles, dans le respect des frontières existantes. Rejeter la partition du pays est légitime, et c'est une raison de plus pour dénoncer une gouvernance déséquilibrée entre les communautés nationales. Une décentralisation poussée, voire un cadre fédéral, donnerait au nord, au centre et au sud les moyens de gérer leurs affaires dans l'unité du pays. L'Accord d'Alger de 2015 prévoyait déjà une régionalisation avancée. Les autorités l'ont pourtant laissé inappliqué avant de le dénoncer en janvier 2024, et la mission des Nations unies a quitté le pays fin 2023. La question de l'Azawad et celle du Macina ne trouveront de réponse durable que dans ce cadre.

Beaucoup, dans les communautés du Nord, en ont conclu que seul un rapport de force obligerait l'État à les écouter. On peut le regretter ; il est irresponsable de l'ignorer. Chaque communauté ciblée grossit les rangs des groupes armés, ji_hadistes compris.

La Libye, l'alibi commode

L'effondrement de la Libye en 2011 a pesé sur la crise de 2012, et le ministre malien l'a de nouveau invoqué. Mais il n'explique ni l'échec de l'Accord d'Alger ni la politique menée depuis. L'invoquer revient à éluder la responsabilité de dirigeants dans l'échec à bâtir des institutions qui répondent aux attentes de toutes leurs populations.

Les m_ilices, un faux remède

Armer des m_ilices communautaires pour affaiblir telle ou telle communauté brouille la lecture du conflit. Une fois complices de v-iolences, ces m_ilices perdent toute légitimité à parler au nom de leurs propres communautés. Elles transforment surtout des différends locaux en affrontements durables.

Quelle sortie ?

Aucune force ne peut imposer durablement une solution militaire. La communauté internationale, au premier chef le Conseil de sécurité et l'Union africaine, devrait demander :
• L’arrêt des violences contre les civils et l'accès humanitaire ;
• Une enquête indépendante sur toutes les allégations, quel qu'en soit l'auteur ;
• La distinction, dans les politiques sahéliennes, entre jiha_distes et mouvements politiques ;
• L’ouverture d'un dialogue inclusif, sous médiation africaine ou internationale, sur une organisation décentralisée ou fédérale de l'État malien, dans le respect de ses frontières ;
• Les conditions du retour des personnes contraintes à l'exil.

Les trois États demandent à l'ONU de reconstruire la confiance. Elle commence par l'application à soi-même des principes que l'on exige des autres : protéger tous ses citoyens, accepter l'examen impartial, dialoguer avec ceux que l'on combat.

Abdoulahi ATTAYOUB
Consultant
Lyon (France), 2 octobre 2026

Vendredi 02 octobre 2026 Note d'information de la direction du site " Actualités brûlantes du  Sahel"  :  Enfin, le bout...
02/10/2026

Vendredi 02 octobre 2026

Note d'information de la direction du site " Actualités brûlantes du Sahel" : Enfin, le bout du tunnel !

Chers lecteurs, chers abonnés,

A l'orée de septembre, la page Facebook "Actualités Brûlantes du Sahel" a connu, malheureusement, d’importantes difficultés techniques qui ont interrompu ses publications, au grand dam de ses millions de fidèles lecteurs. Cette page qui a réalisé l'exploit de s'imposer, en un temps record, dans l'écosystème médiatique, a été fortement perturbée ainsi que le fonctionnement régulier de sa rédaction. Des désagréments regrettables de plusieurs jours, ont empêché de vous informer avec la régularité habituelle.

Nous savons combien cette situation indépendante de notre volonté vous a pénalisés. De nombreux lecteurs qui, au fil des années, ont fait de cette page l’un de leurs espaces privilégiés pour suivre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale du Sahel ont été sevrés.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous annoncer que votre page est à nouveau disponible et accessible à tous.

"Actualités Brûlantes" du Sahel reprend pleinement sa mission sacrée ,endurci par les épreuves et porté par la force de convictions inébranlables. Informer, sans passion ni préjugés, avec discernement et lucidité, en mettant un accent particulier sur l’actualité brûlante du Sahel, y compris lorsque celle-ci dérange, bouscule les récits officiels est notre sacerdoce.
L'objectif cardinal demeure de jeter une lumière crue sur des réalités que certains préféreraient taire ou évoquer sous le prisme de leurs fausses certitudes et illusions permanentes.

L'audience et l’influence avérées et croissantes de notre page nous exposent régulièrement à des attaques numériques, à des campagnes de signalements et à l’activité de trolls cherchant , désespérément, à perturber notre travail ou à réduire la portée de nos publications. Nous continuerons , contre vents et marées, à défendre un principe sacro-saint : le droit du public à accéder à l’information et la liberté d’informer ne sont pas négociables ni marchandables et ne devraient dépendre de l'humeur et des desiratas des censeurs et des chantres de la pensée unique.

Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolue ni n'entendons prêcher pour une chapelle particulière. Nous ne voulons être la voix d'aucun maître.
Notre crédibilité repose sur la rigueur professionnelle, le recoupement minutieux des informations, la vigilance face aux rumeurs et à toutes les manipulations possibles. Lorsque les faits l’exigent, nous rectifions le tir. Dans une région traversée par des crises majeures et où la désinformation est devenue une a**e à part entière, cette exigence est plus nécessaire que jamais.

À tous ceux qui nous ont écrit, soutenus, cherchés et s'impatientaient de nous retrouver, nous adressons nos sincères remerciements.

Actualités Brûlantes du Sahel trébuche mais ne tombe pas et se relèvera de toutes les cabales pour le bonheur de ses lecteurs.
La liberté est certes fragile mais elle est éternelle.

La rédaction
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Bon mois d'octobre ...
01/10/2026

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MALI – SEMAINE NOIRE POUR AFRICA CORPS : LA RUSSIE S’ENFONCE DANS LE PIÈGE MALIENMercredi 9 septembre 2026Les mercenaire...
09/09/2026

MALI – SEMAINE NOIRE POUR AFRICA CORPS : LA RUSSIE S’ENFONCE DANS LE PIÈGE MALIEN

Mercredi 9 septembre 2026

Les mercenaires russes d’Africa Corps continuent de payer au prix fort leur engagement au Mali. En trois jours à peine, les attaques se sont succédé contre les Russes et leurs alliés des FAMa, dessinant une géographie de plus en plus inquiétante de la guerre : du Nord au Centre et désormais jusqu’au grand Sud malien.

Lundi 7 septembre, une violente embuscade a frappé une colonne comprenant des éléments russes. Plusieurs combattants d’Africa Corps auraient été tués. Mardi 8 septembre, à Aguelhok, dans le Nord, les positions occupées par les FAMa et leurs alliés russes ont été prises pour cible par des tirs de mortier et de roquettes revendiqués par le JNIM. Et ce mercredi 9 septembre, nouvelle alerte : une colonne FAMa–Africa Corps serait tombée dans une violente embuscade sur l’axe Hérémakono–Sikasso. Le JNIM a diffusé de nouvelles images montrant des corps qu’il présente comme ceux de combattants russes. Le bilan exact de cette dernière attaque reste à confirmer indépendamment.

Cette attaque qui été confirmée par plusieurs sources , et sa localisation est particulièrement grave. Hérémakono, à environ 45 kilomètres de Sikasso, se trouve sur l’axe stratégique reliant le Mali au Burkina Faso, puis à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Cet itinéraire appartient au grand corridor Bamako–Ouagadougou–Tema et Lome, vital pour les échanges et le ravitaillement du Mali. Sikasso est elle-même l’un des principaux carrefours économiques et agricoles du pays, à proximité des frontières burkinabè et ivoirienne. Voir la guerre atteindre cet axe signifie que la menace ne se limite plus aux immensités du Nord ou aux zones rurales du Centre : elle mord désormais sur les grandes artères économiques du Sud.

C’est surtout la géographie des événements qui doit inquiéter Bamako : Kakagnan lundi, Aguelhok mardi, l’axe Hérémakono–Sikasso mercredi. Le JNIM démontre une capacité à maintenir simultanément la pression sur des théâtres éloignés, à harceler les positions militaires, tendre des embuscades aux convois et menacer les corridors de ravitaillement. Cette dispersion oblige les FAMa et Africa Corps à protéger toujours davantage de routes, de garnisons et de convois sur un territoire immense. C’est la mécanique classique d’une guerre d’usure.

Et c’est là que le discours sur le prétendu « miracle russe » au Mali se fracasse contre la réalité. La Russie devait changer le rapport de force, sécuriser le territoire et permettre aux FAMa d’écraser les groupes jihadistes. Plusieurs années plus t**d, les attaques continuent, les zones menacées s’étendent, les convois sont frappés, les positions militaires sont pilonnées et les Russes eux-mêmes deviennent régulièrement les cibles et les victimes de cette guerre.

La présence russe n’a donc pas apporté l’amélioration sécuritaire spectaculaire promise. Elle n’a ni éradiqué le JNIM, ni empêché l’extension géographique de ses opérations, ni sécurisé durablement les grands axes. Pire : Africa Corps commence à être aspiré dans la même guerre d’usure que ceux qu’il prétendait remplacer.

Le Mali n’est évidemment pas l’Afghanistan et les deux guerres ne peuvent être confondues. Mais Moscou connaît l’histoire : l’Union soviétique avait fini par quitter l’Afghanistan après avoir découvert qu’une grande puissance peut disposer d’une supériorité militaire considérable et néanmoins s’épuiser dans une guerre interminable. Chaque Russe tué, chaque véhicule détruit, chaque convoi attaqué et chaque position harcelée alourdit désormais le prix de l’aventure sahélienne.

À ce rythme, la question ne sera bientôt plus de savoir quand Africa Corps permettra au Mali de gagner la guerre, mais combien de temps la Russie acceptera encore de perdre des hommes dans une guerre qui, loin de s’éteindre, continue de s’étendre.

Samir Moussa

NIGERAPRÈS LA MUTINERIE, L’ARMÉE SE FISSURE : TIANI CHERCHE DÉSORMAIS SON SALUT CHEZ LES RUSSES ET DANS LE KOUNOUTBase 1...
08/09/2026

NIGER

APRÈS LA MUTINERIE, L’ARMÉE SE FISSURE : TIANI CHERCHE DÉSORMAIS SON SALUT CHEZ LES RUSSES ET DANS LE KOUNOUT

Base 101, militaires en fuite, soldats tués, Africa Corps appelé à la rescousse : derrière le discours de « situation maîtrisée », les signes d’une crise militaire profonde s’accumulent

Mardi 8 septembre 2026

Nous en savons davantage sur ce qui se serait réellement passé dans la soirée du samedi 29 août à la Base aérienne 101 de Niamey. Et si les informations recueillies auprès de différentes sources se confirment dans toute leur ampleur, la version officielle d’une mutinerie rapidement « circonscrite » devra être sérieusement réexaminée.

Car ce qui apparaît derrière la reprise de la Base 101 ressemble moins à la démonstration de force d’un régime qu’à la photographie inquiétante d’une armée fracturée, d’une Garde présidentielle incapable de régler seule une crise militaire interne et d’un pouvoir obligé de s’appuyer sur une force étrangère pour reprendre le contrôle d’une installation militaire de sa propre capitale.

Les Russes étaient déjà dans la Base 101

Selon les informations recueillies, des éléments russes de l’Africa Corps se trouvaient à l’intérieur de la Base 101 lorsque la mutinerie a éclaté.

Les mutins des forces spéciales auraient pourtant délibérément choisi de ne pas les attaquer. Les Russes les auraient rassurés sur leur neutralité, faisant valoir qu’ils n’avaient pas vocation à intervenir dans un affrontement interne entre militaires nigériens.

Les forces spéciales auraient donc pu tenter de les désa**er ou de les prendre en otage. Elles ne l’ont pas fait.

Durant les affrontements opposant les mutins à la Garde présidentielle, les Russes présents dans la base seraient ainsi restés à l’écart.

Mais pendant ce temps, des négociations se déroulaient entre la junte et les autorités russes.

Des renforts russes venus du Mali

Selon nos sources, des éléments russes supplémentaires auraient alors été acheminés depuis le Mali, en passant par le secteur frontalier de Labbezanga.

Et c’est ici que le récit devient particulièrement embarrassant pour ceux qui présentent désormais la Garde présidentielle comme le nouveau « fer de lance » de l’armée nigérienne.

La garde présidentielle, ce "fer de lance" qui n'a pas osé se battre.

Que ceux qui s'émerveillent encore de la bravoure de la Garde présidentielle, ce nouveau "fer de lance" de l'armée nigérienne, se détrompent ! Pendant que les éléments de Africa Corps, ces mercenaires russes fraîchement débarqués, se terraient à l'intérieur de la base 101 en proclamant bien haut leur "neutralité" dans ce conflit interne, les vaillants soldats de la garde présidentielle, eux, n'ont pas livré le moindre combat pour libérer la base.

Pas une b***e. Pas une charge. Pas une once de bravoure.

Car ni cette fameuse Garde présidentielle, ni les Russes nouvellement arrivés n’auraient véritablement repris la Base 101 au terme d’un assaut terrestre contre les mutins retranchés.

Ce sont des drones kamikazes qui auraient fait la différence.

Des dizaines auraient été engagés par les russes venus le même jour du Mali, contre les positions occupées par les forces spéciales. Les Russes déjà présents à l’intérieur de la base auraient alors progressé en occupant les positions successivement abandonnées par les mutins sous la pression des frappes.

Ah, la belle neutralité proclamée par les Russes ! Pendant toute la mutinerie, ils ont observé, impassibles, les affrontements entre la garde présidentielle et les forces spéciales. Ils n'ont pas bougé. Ils ont attendu. Et lorsque les éléments des forces spéciales, retranchés dans la base, ont commencé à faiblir à cause des drones kamikazes, les Russes qui étaient dans la base, se sont rués sur leurs positions pour les occuper, tels des vautours sur une charogne.

Autrement dit , la Base 101 n’aurait pas été héroïquement « libérée » par la Garde présidentielle. Elle aurait été progressivement vidée de ses défenseurs sous les frappes de drones employés avec l’appui russe.

La Garde présidentielle, cette unité d'élite dont le régime de Tiani vante à cor et à cri les mérites, a brillé par son absence. Elle a regardé, impuissante et pétrifiée, les drones russes venir du ciel faire le sale boulot. Elle a laissé ces mercenaires sans scrupules massacrer au moins trente soldats nigériens, ses propres frères d'a***s avec des drones kamikazes, transformant la base en charnier. Voilà qui relativise singulièrement les envolées sur le nouveau « fer de lance » de l’armée.

Des dizaines de soldats nigériens auraient péri.

Nos informations font état d’au moins une trentaine de militaires nigériens tués par ces frappes, plusieurs corps ayant été retrouvés calcinés.

Ce bilan reste à corroborer indépendamment. Mais il pose, s’il est confirmé, une question politique et morale considérable : des moyens de combat fournis ou mis en œuvre avec l’appui d’une puissance étrangère auraient servi à tuer des militaires nigériens au cœur même d’une base nigérienne, avec l’accord des autorités nigériennes.

Drôle d’aboutissement pour une « révolution souverainiste ».

On chasse les partenaires étrangers au nom de la souveraineté, puis on appelle d’autres étrangers lorsque ses propres soldats se révoltent. On proclame l’indépendance nationale, puis on dépend de drones et de combattants venus de l’extérieur pour régler une crise au sein de sa propre armée. À ce stade, la souveraineté ressemble de plus en plus à un changement de prestataire.

Des soldats se volatilisent avec leurs a***s

Face à la puissance des frappes, certains mutins auraient finalement choisi de se rendre afin d’éviter un carnage plus important. D’autres se seraient tout simplement volatilisés dans la nature avec a***s et équipements. Et le phénomène ne concernerait pas uniquement Niamey. Selon nos informations, des militaires auraient également quitté certaines casernes de l’intérieur du pays.

Il est impossible, à ce stade, d’en établir précisément le nombre. Certaines sources évoquent 300 à 400 militaires hors de leurs unités, tandis qu’environ 200 soldats auraient été arrêtées, parmi lesquelles au moins une quarantaine d’officiers. Ces chiffres doivent encore être considérés comme provisoires et non indépendamment confirmés. Mais il existe désormais un élément officiel beaucoup plus difficile à contourner.

Quand l’état-major lui-même reconnaît les militaires « en fuite »

Le chef d’état-major des armées, le général de division Moussa Salaou Barmou, a signé un communiqué reconnaissant explicitement que plusieurs militaires étaient « en situation de fuite » et demeuraient hors de leurs unités. L’état-major leur demande de « regagner les rangs », invoquant responsabilité, loyauté envers la nation et respect de la discipline militaire.

Plus révélateur encore : ces hommes sont invités à se présenter individuellement, si possible avec leurs a***s, mu*****ns et équipements militaires, à l’École de la genda**erie de Niamey ou dans les brigades territoriales de genda**erie. Et simultanément, la population est appelée à signaler les personnes suspectes aperçues autour des habitations.

Traduction débarrassée du langage administratif : des soldats nigériens mécontents, qui ne sont officiellement ni des jihadistes ni une rébellion constituée, se trouvent quelque part dans le pays, certains potentiellement armés, tandis que l’état-major leur demande publiquement de revenir.

Quelle ironie, n'est-ce pas ? Les "frères russes" venus sauver la junte massacrent sans remords les soldats qu'ils étaient censés soutenir. Et l'état-major nigérien, dans un communiqué pathétique, ose demander à ces soldats survivants de "regagner les rangs", de se présenter individuellement, si possible "avec leurs a***s, mu*****ns et équipements militaires".

Mais comment pourraient-ils répondre à cet appel, ces soldats trahis par leurs propres chefs, abandonnés à des mercenaires qui n'ont pas hésité à les bombarder ? La confiance entre les Forces Armées Nigériennes et le pouvoir est rompue, brisée, anéantie. Et l'état-major le sait parfaitement. À notre connaissance, aucun retour significatif n’a jusqu’ici été publiquement annoncé.

Et pourquoi reviendraient-ils ?

La question centrale est désormais celle de la confiance. Or cette confiance paraît profondément rompue entre une partie des FAN et le pouvoir.

Une armée en décomposition ?
C’est ici que la crise dépasse largement la Base 101.

Une armée dont des centaines d’éléments seraient éventuellement hors des unités, dont des dizaines d’officiers seraient détenus, dont des soldats auraient été tués dans la répression d’une mutinerie et dont le chef d’état-major doit lancer publiquement un appel au retour ne traverse plus un simple « mouvement d’humeur ».

Elle traverse une crise de cohésion.

Et l’ironie devient presque cruelle lorsque le pouvoir explique que son nouveau fer de lance serait la Garde présidentielle. Le fer de lance ?
Un fer de lance qui, face à des militaires de sa propre armée, aurait eu besoin des Russes. Des Russes qui, eux-mêmes, auraient principalement laissé parler les drones.

À ce rythme, il faudra bientôt préciser dans les communiqués que le véritable fer de lance des Forces armées nigériennes est un drone kamikaze piloté ou fourni par le partenaire russe.

Le troisième pont fermé : la psychose s'installe.

La peur, cette compagne fidèle des régimes chancelants, s'est installée dans les rues de Niamey. Le troisième pont, est désormais fermé par un container, gardé par cette même garde présidentielle qui n'a pas défendre la base 101.

Pourquoi cette mesure ? Parce que le pouvoir a peur. Parce qu'il sait que des soldats armés, mécontents et trahis, errent dans la nature. Parce que la menace ne vient plus des terroristes, mais des rangs mêmes de l'armée. Ces hommes, qui ne sont ni des rebelles, ni des terroristes, sont des soldats des Forces Armées Nigériennes. Avec leurs a***s. Et leur colère.

La psychose est telle que Tiani, le chef de la junte, a dû demander un renfort de troupes russes. Pas de renforts nigériens. Pas de renforts de la "fer de lance" Garde présidentielle. Des renforts russes. 1.500 soldats russes sont attendus dans les prochains jours à Niamey.

Le protectorat russe : nouvelle frontière de la servitude volontaire.

N'est-ce pas là le plus grand aveu d'impuissance qui soit ? Un régime qui, pour se protéger de ses propres soldats, doit faire appel à une armée étrangère. Un pouvoir qui, pour sécuriser son chef, préfère confier sa protection à des mercenaires plutôt qu'à ses propres forces.

La scène est d'un ridicule achevé. Comme à Kati, où Assimi Goïta est protégé par les Russes contre l'armée malienne. Comme au Burkina, où ces mêmes mercenaires protègent Ibrahim Traoré contre l'armée burkinabè.

Demain, ce ne sera plus la Garde présidentielle qui protégera Tiani, mais les Russes. Ils seront son "fer de lance". Ses gardes du corps. Ses maîtres.

Ah, la belle indépendance ! La belle souveraineté ! La belle rupture avec la France qui devait apporter la liberté ! Nous avons chassé les Français pour accueillir les Russes. Nous avons remplacé une tutelle par une autre. Les généraux de la junte, si fiers de leur coup d'État, se transforment en vassaux de Moscou, troquant leur dignité contre des drones kamikazes et des mercenaires sans foi ni loi.

Les oulémas, le kounout et la prière : derniers recours d'un régime condamné

Et quand les a***s et les mercenaires ne suffisent plus, quand l'armée se délite et que la peur s'installe, que reste-t-il à un régime aux abois ? La religion. Le dernier refuge des impuissants.

Tiani adepte de pratiques occultes , et sa junte se tournent désormais vers les oulémas, la prière et le kounout. Quelle ironie poignante ! Après avoir massé des drones russes, après avoir autorisé le massacre de leurs propres soldats, après avoir fermé les ponts et fait régner la terreur, ils implorent Dieu de les sauver. Mais Dieu, dans sa sagesse infinie, n'a que faire des prières de ceux qui trahissent leur peuple, qui vendent leur souveraineté et qui font tuer leurs frères par des mercenaires étrangers.

Le kounout ne sauvera pas un régime qui a perdu le respect de ses soldats. Les oulémas ne rachèteront pas une junte qui a préféré les drones russes au dialogue avec ses propres fils.

Le constat est sans appel. L'armée nigérienne, fierté d'une nation qui avait cru en ses soldats, est en décomposition avancée. La Garde présidentielle, ce "fer de lance" tant vanté, n'a pas su faire face à une mutinerie et a dû s'appuyer sur une force mercenaire étrangère. Les soldats nigériens, trahis par leurs chefs et bombardés par des drones russes, errent dans la nature, armés et méfiants.

Le pouvoir de Tiani vacille. Ses seuls soutiens sont des mercenaires dont la loyauté ne coûte que de l'uranium et de l'or. Sa seule stratégie est la terreur et la prière. Ses jours sont comptés. Car une armée qui ne croit plus en ses chefs est une armée morte. Un pouvoir qui trahit ses soldats est un pouvoir condamné. Et une junte qui doit supplier des Russes de la protéger contre ses propres forces a déjà perdu toute légitimité.

Le 29 août 2026 restera comme le jour où l'armée nigérienne a cessé d'exister. Le jour où les Russes ont pris le contrôle. Le jour où la junte a signé son arrêt de mort. Les oulémas peuvent prier. Tiani peut supplier. Les mercenaires peuvent arriver. Rien ne changera ce fait indiscutable : le Niger est un navire qui prend l'eau, et son équipage, affolé, préfère appeler des pirates étrangers plutôt que de réparer les voies.

Si ces renforts russes se matérialisent, nous assisterions à une transformation assez extraordinaire de la fameuse « souveraineté retrouvée » : hier, la Garde présidentielle protégeait Tiani. Demain, l’Africa Corps pourrait protéger la Garde présidentielle qui protège Tiani.

La souveraineté aura simplement gagné un étage.

Et pendant ce temps, le Niger brûle Le plus grave est pourtant ailleurs. Toute cette énergie militaire est mobilisée alors que la situation sécuritaire demeure extrêmement dégradée et que les groupes jihadistes continuent de faire peser une pression considérable sur plusieurs régions du pays.

Voilà donc une armée qui devrait concentrer toutes ses forces contre ceux qui attaquent le territoire national mais qui doit désormais surveiller ses propres casernes, rechercher ses propres soldats, arrêter ses propres officiers et protéger le pouvoir contre une partie de ses propres forces. C’est précisément ainsi qu’une crise sécuritaire devient une crise militaire, puis une crise de régime.

La mutinerie a peut-être échoué.

Mais elle a révélé quelque chose de beaucoup plus dangereux que la mutinerie elle-même : la profondeur de la fracture. Une base militaire peut être reprise. Un pont peut être fermé avec des containers. Des Russes peuvent être appelés. Des drones peuvent être achetés. Des officiers peuvent être arrêtés. Mais on ne répare pas une armée fracturée avec des drones kamikazes.

Quand il ne reste plus que les Russes… et le kounout. Et voici finalement le paradoxe tragique de cette junte.

Elle était arrivée en promettant la souveraineté, la sécurité, la restauration de l’armée et la dignité nationale. Trois ans plus t**d, elle en est réduite à demander à ses soldats en fuite de rentrer dans leurs casernes, à rechercher des militaires armés dans la nature, à renforcer la protection de Niamey, à solliciter davantage de Russes et, lorsque les moyens terrestres ne suffisent plus, à se tourner vers les oulémas, les prières et le kounout.

Tiani appelle aujourd’hui les oulémas à prier. Mais il convient de rappeler d’où vient cet homme et son univers spirituel : fils d’un Zima, prêtre de la tradition animiste, il a grandi dans un environnement profondément marqué par ces croyances et pratiques.

Le jeudi 2 janvier 2025, le général Tiani recevait officiellement une délégation d'associations animistes du Niger et d'Afrique. Il leur demandait soutien et prières. L'Agence Nigérienne de Presse l'a rapporté. Le portail officiel du gouvernement l'a relayé. Ce n'est pas une rumeur, c'est archivé. Or, cet homme est fils de Zima, prêtre de la tradition animiste. Il a grandi bercé par les incantations, les fétiches et les talismans. Tout le Niger le sait : il recourt aux forces occultes. C'est son univers. C'est sa pratique.

En islam, attribuer une puissance surnaturelle autonome aux fétiches, aux génies ou aux forces occultes relève du shirk. Ceux qui associent d’autres croyances, divinités, forces ou intermédiaires à Allah sont appelés dans le Coran les mushrikīn (associateurs). Leur acte s’appelle le shirk. C’est considéré comme le plus grand péché, car il contredit le fondement même de la religion : le tawḥīd (l’unicité pure d’Allah).

Aujourd'hui, son pouvoir vacille. Et voilà que ce même Tiani appelle les oulémas à prier pour lui. Il veut le qunût, il veut la bénédiction des savants. Il veut la protection de Dieu , comme il avait les gris-gris dans la poche .

Vertigineuse contradiction, n'est-ce pas ?

Mais posez-vous la question : est-ce de la foi, ou du nifâq ? L'hypocrisie religieuse, c'est précisément cela : afficher la croyance quand l'intérêt l'exige, et retourner aux fétiches quand la nuit tombe. C'est avoir deux visages, deux allégeances, deux dieux selon les saisons politiques. Allah n'est pas un talisman de secours. On ne le sollicite pas quand les tambours de la rébellion se font entendre. La prière n'est pas une carte à jouer en dernière extrémité quand on a passé sa vie à collectionner les amulettes.

Le Coran est d'une clarté aveuglante : « Certes, Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne des associés. » (Sourate an-Nisâ', 4/48)

Et encore : « Quand ils montent sur un bateau, ils invoquent Allah en Lui vouant un culte pur. Puis quand Il les sauve vers la terre, voilà qu'ils Lui donnent des associés. » (Sourate al-'Ankabût, 29/65)

Tiani, c'est cet homme sur le bateau. Le pouvoir chavire ? Il invoque Allah. Le danger passe ? Il retourne aux fétiches. Mais le Coran ne se joue pas. Le shirk ne s'efface pas par une prière de circonstance. Et les oulémas ne sont pas des marabouts de service pour bénir un pouvoir qui tremble. On ne peut pas transformer alternativement le fétiche et la prière en instruments de protection selon les circonstances. Allah n’est pas le talisman politique de secours d’un pouvoir en difficulté.

Après la Garde présidentielle, les Russes.
Après les Russes, les drones.
Après les drones, les oulémas.
Et après les oulémas, le kounout.

Il ne manque plus que le communiqué annonçant que la situation est parfaitement maîtrisée.

Les jours d’un régime ne peuvent pas être datés sérieusement sur la seule base de ces éléments. Mais une chose peut être affirmée : lorsqu’un pouvoir militaire commence à craindre sa propre armée au moment même où l’insécurité extérieure s’aggrave, sa vulnérabilité atteint un niveau autrement plus dangereux qu’un simple revers militaire.

La Base 101 a peut-être été reprise. La confiance, elle, ne l’a pas été. Et c’est peut-être cela, aujourd’hui, la véritable bombe à ret**dement sous le régime de Tiani.

Samir Moussa

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