03/02/2020
Soir Info
Serge Amissah, (Président de la Plateforme de
prospective citoyenne Croyons En Nous) porte un
regard critique sur le bilan du Président Alassane
Ouattara…
En 2019, la naissance officielle de la Plateforme de prospective citoyenne ‘’Croyons En
Nous’’ a suscité beaucoup d’engouement au sein de l’opinion en raison de la force de ses
arguments, la pertinence de ses analyses et l’attrait de sa démarche participative sur les
sujets majeurs tels que la gouvernance politique, économique et sociale, l’éducation, la
santé, etc.... A l’orée de cette année 2020, stratégique à plus d’un titre, le premier
responsable de cette organisation de la société civile s’est confié au quotidien Soir Info
dans le cadre d’ un point de l’actualité nationale.
Soir Info : Bonjour Serge Amissah, que devient Croyons En Nous?
Serge Amissah :- Merci pour l’intérêt que vous portez à notre plateforme citoyenne. Tout
d’abord, permettez-moi de saisir cette opportunité pour souhaiter à vos lecteurs et à la Côte
d’Ivoire une très bonne année 2020, dans la paix et la joie, malgré les craintes qui habitent
chacun d’entre nous. En 2019, notre plateforme a organisé deux importants échanges
citoyens sur l’Education et la Santé. Nous avions souhaité en faire d’autres sur des
thématiques telles que la Réconciliation, le Renouvellement des Institutions,
l’Environnement, la Sécurité etc... Mais nous nous sommes rendu compte que le
développement de ces sujets d’intérêt national nécessitait une organisation et de la
planification. C’est ce que nous avons fait depuis. Croyons En Nous sera donc pleinement
actif cette année et nous allons coller à l’actualité avec le renouvellement de la plus haute
institution de notre pays, c’est-à-dire le Président de la République.
Soir Info : Vous avez annoncé un programme alléchant sur des thématiques très actuelles
après la conférence sur l’éducation et la santé. Et la suite ?
Serge Amissah :-Comme indiqué plus haut, la suite du programme sera déroulée dans le contexte de
l’élection présidentielle d’Octobre prochain. Cette élection nous interpelle au plus haut point
parce qu’elle marque la fin d’un cycle. La Côte d’Ivoire en a, en effet, connue 2 dans son
parcours démocratique. La naissance ou l’amorçage démocratique des indépendances en
1960 à 1990 qui est marquée par le parti unique et le consensus autour de la personne du
Président Houphouët-Boigny. Puis l’adolescence démocratique de 1990 à 2020 qui se traduit
par l’apprentissage de l’expression plurielle, de l’opinion démocratique, et par la conquête
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forcenée du pouvoir à tous prix y compris au prix de la violence extrême. Aujourd’hui, nous
faisons tous le constat des stigmates, blessures et traumatismes de la crise d’adolescence et
il nous faut aborder la première décennie de la phase de maturité, la phase au cours de
laquelle nous n’avons pas d’autres choix que de consolider la démocratie et de prendre en
main le contrôle de notre développement. Dans ce contexte, vous comprendrez que
l’élection présidentielle d’Octobre prochain revêt un caractère particulièrement important
pour Croyons En Nous, pour les ivoiriens et pour la Côte d’Ivoire.
Soir Info : L’année 2019 s'achève sur une Côte d’Ivoire encore sous pression avec les
derniers développements de l’actualité politique, quelle est votre lecture de cette situation
?
Serge Amissah :- Ne nous trompons pas de combat ! La Côte d’Ivoire n’est pas sous la pression à laquelle
l’actualité peut faire penser. Celle à laquelle vous faites référence n’est qu’une simple
conséquence des véritables enjeux auxquels le pays est confronté : la décadence de notre
Education, l’impuissance du citoyen devant la maladie, la dégradation du cadre de vie, la
menace sécuritaire sourde mais déjà présente, la croissance démographique qui ruine tous
les plans de développement. Notre pays est effectivement fragile à cause des turbulences de
son adolescence. Dans ce contexte, tout changement institutionnel non-consensuel ne ferait
qu’aggraver les difficultés quotidiennes des Ivoiriens.
Soir Info : Le pays est entre doute et espoir, les vieux démons des coups d’état, de rébellion
refont surface, doit-on être fataliste?
Serge Amissah :- Fataliste, non ! Inquiet, sûrement ! Les démons de l’adolescence démocratique sont
encore là, tapis dans l’ombre et toujours très puissants. Mais en face, il y a la volonté
farouche des ivoiriens à tourner définitivement cette page sombre. Le remède aux coups
d’état et autres, ce sont des institutions fortes bâties à partir de valeurs fédératrices et
d’élections ouvertes, libres et transparentes. C‘est cela que nous prônons à Croyons en Nous.
Pour 2020, nous invitons donc les Ivoiriens à prendre toute leur part dans les élections en
forgeant leurs convictions sur des critères objectifs et en s’engageant fortement et
durablement pour ces convictions. Notre rôle consistera à leur mettre à disposition de
chaque ivoirien les clés d’analyse nécessaires pour lui permettre d’opérer le meilleur choix
possible.
Soir Info : L’année 2020 est une année emblématique, à plusieurs titres: c’est la fin du
second mandat du Président Ouattara et une année électorale.
Quel bilan faites-vous de la gouvernance Ouattara?
Etes-vous optimiste pour la suite du processus électoral enclenché avec le nouveau
leadership à la tête de la CEI?
Serge Amissah :- Il revient au Président Ouattara de faire le bilan de sa gouvernance. Pour notre part,
nous tenterons probablement de mesurer les effets de son bilan sur le quotidien des
ivoiriens, de mesurer leur pertinence relativement aux attentes des Ivoiriens. Ce qui nous
intéresse, ce à quoi nous concentrerons toute nos énergie, ce sont les véritables sujets
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d’intérêt national tels que l’Education, la Santé, le Cadre de vie, les institutions, la Culture,
l’Economie, la Solidarité, la réconciliation, la Sécurité etc.
Quant au processus électoral, nous constatons avec tous les Ivoiriens qu’il n’est pas
consensuel : à 10 mois des élections, l’organe en charge de l’organisation des élections est
contestée, l’impartialité de son président est douteuse du fait de son engagement partisan
ancien, la structure et l’importance du corps électoral est inconnue, les conditions pour
candidater sont en passe d’être revisitées… Autant de paramètres, d’inconnus et
d’incertitudes pour un simple jeu électoral présageant d’une élection chaotique et donc de
fortes contestations post-électorales. Les Anglais disent bien «Garbage In, Garbage out ». Les
Institutions qui sortiront de ces élections seront donc nécessairement affaiblies.
7. Quelle est l’actualité de Croyons En Nous ? Qu’envisagez-vous pour 2020 ?
Serge Amissah :- En 2020, notre ambition est simple : amener nos idées dans l’arène de l’élection
présidentielle. Pour ce faire, Croyons En Nous va susciter, encourager, ou supporter un projet
de société ou une vision de rupture aux prochaines élections présidentielles. Nous allons y
consacrer toutes nos activités.