05/01/2026
France / Cyberharcèlement de Brigitte Macron : un des 10 prévenus condamné à six mois de prison ferme, des peines allant jusqu'à huit mois avec sursis pour les autres
Huit hommes et deux femmes ont été jugés en octobre pour avoir relayé sur les réseaux sociaux la rumeur selon laquelle l'épouse du président de la République serait une femme transgenre et une "pédocriminelle".
Les dix prévenus soupçonnés d'avoir publié et partagé des tweets transphobes à l'encontre de Brigitte Macron ont été condamnés pour cyberharcèlement, lundi 5 janvier, devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils ont écopé de peines allant de six mois ferme pour l'un d'entre eux à jusqu'à huit mois de prison avec sursis pour les autres. Ils doivent également verser des dommages et intérêts à l'épouse du chef de l'Etat.
Le tribunal a considéré que le harcèlement moral aggravé était bien caractérisé, que les messages émis par les prévenus "ont eu pour effet une dégradation des conditions de vie de Brigitte Macron" et que "l'altération de sa santé physique et mentale était avérée".
Dans ses réquisitions, le parquet avait demandé de 6 à 12 mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre des trois "instigateurs" de l'infox selon laquelle l'épouse du président serait une femme transgenre et une pédocriminelle.
Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme Zoé Sagan sur les réseaux sociaux, a été condamné à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour sa série de messages sur le réseau social X.
Durant le procès, il avait dénoncé un "secret d'Etat choquant qui implique une pédophilie cautionnée par l'Etat". Il était absent pour le délibéré, comme la plupart des prévenus. Seuls deux d'entre eux, Bertrand Scholler et la "médium" Delphine J., alias Amandine Roy, étaient présents.
A l'origine d'une vidéo virale de quatre heures publiée dès 2021 sur YouTube, retirée depuis, Delphine J. a écopé de six mois de prison avec sursis et une suspension de ses comptes en ligne pendant six mois. A l'audience, "en tant que femme anatomique", elle avait affirmé s'être sentie "attaquée" par la transidentité supposée de la Première dame.
Lundi, elle s'est montrée agacée pendant que le président du tribunal énonçait des éléments pour motiver les condamnations. Mais "Amandine Roy" n'a rien dit ou presque face à la presse, laissant une femme, qui la soutient, parler pour elle. "Nous sommes dans un système de royauté", a déclaré cette femme, qui estime que Brigitte Macron "utilise ses petits-enfants pour faire valoir qu'elle a été impactée".
Le galeriste Bertrand Scholler, auteur notamment d'un photomontage de Brigitte Macron avec le torse poilu en 2024, a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis. Il a réagi dans les couloirs du tribunal après l'annonce de sa condamnation, en déclarant que cette décision signifiait que "Si ce que vous dites ne plaît pas, vous serez condamné. C'est le fait du prince !" "En France on n'a plus le droit de penser !", s'est ensuite indigné Bertrand Scholler face aux caméras.
Une plainte déposée en France en 2024
Les sept autres prévenus, les "suiveurs" selon les termes du procureur, ont, pour certains, bénéficié de peines plus clémentes. Des peines allant de quatre à huit mois de prison avec sursis ont été retenues à l'encontre de cinq prévenus, Jérôme A., Jérôme C., Philippe D., Jean-Luc M. et Christelle L. Fin octobre, le parquet avait requis de trois à cinq mois de prison avec sursis contre eux. Seul prévenu à avoir présenté ses excuses, Jean-Christophe D. écope seulement d'un stage de sensibilisation pour les infractions commises en ligne.
En revanche, Jean-Christophe P. est condamné à six mois de prison ferme, la peine la plus lourde, en raison de son absence à l'audience, selon le tribunal.
France Info