25/12/2025
L’école ou rien
Après avoir commencé à défendre nos biens, ma mère a compris que le plus grand trésor qu’elle pouvait nous offrir n’était pas matériel : c’était l’éducation. Malgré la douleur, la pauvreté et les menaces de la famille, elle a décidé que nous allions à l’école, coûte que coûte.
Chaque matin, nous nous levions avant le lever du soleil. Ma mère préparait rapidement le petit-déjeuner, vérifiait nos habits et nous accompagnait parfois à pied jusqu’à l’école. Les voisins murmuraient : « Ces filles sont seules, elles n’auront jamais d’avenir. » Mais ma mère ne prêtait pas attention aux critiques. Elle savait que l’éducation était notre meilleure arme contre l’injustice et la pauvreté.
Les premiers mois furent les plus difficiles. Parfois, nous n’avions pas les fournitures nécessaires. Parfois, nous manquions de chaussures ou de cahiers. Mais chaque jour, ma mère trouvait un moyen : vendre des beignets, laver le linge, demander de petites aides à des ONG locales. Ces efforts n’étaient pas seulement pour nous faire aller à l’école, ils étaient pour nous montrer que la persévérance pouvait tout changer.
Nous, ses filles, avons commencé à comprendre ce que signifiait réellement se battre pour son avenir. À l’école, nous avons appris à travailler ensemble, à nous soutenir et à ne pas nous laisser intimider par les moqueries des autres enfants. Ma mère nous répétait : « L’école n’est pas seulement un endroit pour apprendre des leçons, c’est un endroit pour apprendre à devenir libres. »
Un jour, une opportunité inattendue se présenta : une bourse pour une meilleure école dans une autre ville. Mais cela impliquait des frais que nous ne pouvions pas couvrir facilement. Ma mère devait réfléchir et trouver un moyen, car chaque décision affectait notre avenir et notre dignité.
Malgré tout, nous savions une chose : rien, ni personne, ne pourrait nous empêcher d’apprendre et de rêver. L’éducation devenait notre arme, notre liberté, notre espoir.