17/02/2026
PDCI-RDA : Il était une fois le business politique
À Bouaflé, la politique a cessé d’être un combat d’idées pour devenir, le temps des législatives, un théâtre d’ombres. Un lieu où les dossiers disparaissent, où les décisions se prennent dans le silence, et où la volonté militante est piétinée au profit d’arrangements obscurs.
Au centre de cette affaire troublante, l’honorable Abi Koffi Richmond, député sortant du PDCI-RDA. Un élu investi par la base, reçu par les instances compétentes du parti, puis brutalement effacé du jeu politique. Son dossier de candidature, pourtant constitué et présenté, s’est volatilisé. Sans explication. Sans responsabilité assumée.
Le jeudi 20 novembre 2025, la vérité éclate : le dossier d’Abi Koffi Richmond n’a jamais été transmis à la Commission électorale indépendante. Résultat immédiat, implacable : le PDCI-RDA est tout simplement absent de la compétition électorale à Bouaflé. Un sabotage politique aux conséquences lourdes.
Dès lors, les questions ne peuvent plus être évitées :
Comment un tel acte a-t-il été possible au cœur même de l’appareil du parti ?
Qui a couvert, organisé ou cautionné cette dérive ?
Les faits, patiemment recoupés, dessinent les contours d’un véritable business politique. Un marché silencieux aurait été conclu : sacrifier un député du PDCI-RDA pour ouvrir la voie à un candidat indépendant. Une transaction politique aux effets calculés, qui a abouti à la consolidation du groupe parlementaire « Agir », aujourd’hui présidé par Houra Kouassi Marc et initié par le député Stéphane Kipré.
Que s’est-il réellement passé derrière les portes closes ?
Nos investigations désignent Maître Blessy Jean-Chrysostome comme l’ingénieur de cette manœuvre. Une opération méthodique qui a consisté à favoriser l’élection d’un indépendant à Bouaflé sous-préfecture, tout en affaiblissant volontairement le PDCI-RDA, au bénéfice indirect d’intérêts politiques extérieurs au parti.
Selon nos sources, confronté à des difficultés pour constituer un groupe parlementaire viable, Stéphane Kipré aurait sollicité l’appui de Maître Blessy pour rallier des élus issus du PDCI-RDA. La réponse fut claire : proposer le député Houra Kouassi Marc, puis y adjoindre le colistier de Yao Yao à Buyo. Une stratégie d’aspiration des forces du parti historique vers une autre entité politique.
Pourtant, la logique politique élémentaire aurait voulu renforcer le groupe parlementaire du PDCI-RDA en ralliant des indépendants. Mais les faits sont têtus : au lieu de consolider, on a vidé. Au lieu de rassembler, on a transféré. Le groupe parlementaire du PDCI-RDA a servi de réservoir, non de socle.
Une question demeure, lourde et accablante :
Comment le dossier d’un député sortant, légitimé par la base militante, a-t-il pu disparaître sans laisser de trace ?
La réponse semble désormais évidente : une manœuvre froide, calculée, orchestrée pour affaiblir délibérément le PDCI-RDA à Bouaflé, au mépris de la démocratie interne et de l’éthique politique.
Cet épisode sombre doit sonner comme une alarme pour les militantes et militants du PDCI-RDA. Il révèle des pratiques inquiétantes, proches de méthodes mafieuses, de la part de ceux qui prétendent aujourd’hui incarner le parti sous l’ère du président Tidjane Thiam.
Dès lors, il n’est ni surprenant ni accidentel que de nombreux députés refusent de se laisser conduire, à l’Assemblée nationale, par des acteurs masqués. Des hommes de l’ombre qui troquent les idéaux contre les calculs, et la fidélité au parti contre des intérêts personnels.
Car un parti qui tolère le silence face à l’injustice prépare, tôt ou t**d, sa propre disparition.